Cf. vueilles Mar., I, 182; III, 1H
aime (77) >. Malherbe a blâmé « à la suite de e(lV, 344, Doctr., 412).
S AU PASSÉ DÉFINI. — Palsgrave déclare que les passés en i et en u ont la première personne en s: ie me esbahys, ie menfuys (117, 119), ie aparus (717). Mais cette s est souvent apocopée : ie vy. Sylvius ne met jamais Vs (1 18). Du Wez la met toujours (932, 933). Meigret donne quelquefois s comme facultatif : ie vi, vis (87 r°), ie voulu, voulus (86 v**), mais en général il est pour s : ie dis (88 v®), ie rezolus (90 V®). Cependant veinqi (89 v**). Pillot écrit généralement avec s les passés définis en i. Dans toute une liste de deuxième conjugaison (33 v", 34 r**), il donne une seule forme sans s : vesti; et il a la pensée de se servir de cette s pour distinguer le passé du présent : prés., ie blanchi; pass., ie blanchis (33 v®). Mais il sait bien que personne ne suit cette prétendue règle (33 v° et 44 r**) ; lui-même écrit : Vouy, ie craigni. I^s passés en u sont très souvent écrits par lui sans s : ie creu (28 f®), ie couru, mouru, leu (34 i* ; cf. 37 r" et 24 r**, sur ie fu, tu fus). Robert Estienne (36, 38, 57), Garnier (47, 63, 66), Meurier (16 v^ 17 vo), Ramus (84, 91, 93, 103), H. Estienne {Hyp., 194-195), ne donnent pas s.
Gauchie et Lentulus n'ont pas de doctrine ^. Mais en somme, on le voit, la grande majorité des théoriciens est encore hostile à Taddition de s.
Les textes sont hésitants. Marot a très souvent s : ie m'assis (1, 128) ; vainquis (III, 133); dys (II, 179); souffris (III, 127); congneuz (I, 114); euz (III, 72); fuz (II, 166); receuz (I, 128); mais très souvent aussi il le néglige ; laduerty (I, 24); rendy (III, 136) ; scruy (I, 7); vy (I, 30); de même les autres poètes ou prosateurs : ie senti (Saint-Gel., I, 89); mais : ie leu (Pasq., Rech., 1. VII, ch. 5, t. l, p. 701 ^); receu (Rivaud., 124); cogneu (Paliss., 38) ; fu (Gello, Circé, 137)*^. Mais : ie vendis (Nie. de Tr., Par., 26); ie vys [ib., 118, 346); ie fus (Paliss., 38)
A LIMPARFAIT. — A Timparfait et au conditionnel, la question de s ne peut être traitée séparément de celle de e. Pendant tout le siècle, les désinences oyc, oy, oys sont encore en concurrence. Mais à la fin, le succès de oys, ois est visiblement assuré. Voici quelques détails :
1. A la première conjugaison, Tusage général des textes est d'écrire sans s. On le trouve néanmoins, même au verbe avoir ; en lizant cette epislre ayes en ta pensée... (Ara. Jam., II, 280); n'ays paour (Mar., I, 56); n'en ays regret (Forcad., 1579, p. 19, V. 2H); ayes pitié de nous (Vigor, Serm cath., 93); ayes donc patience {Paliss., 63).
2. Gauchie (1570, v. 126) ; ie frappis vel ie frappi, (142) ie creus vel creu, etc. Lentulus (43) ie /'lis, mais (65) Teu; (61) Vouy; mais (82) te fis.
3. La vieille forme ie fuy est encore dans Lemaire de Belges {Ill.y 1. I, ch. 43, h. 6 r«).
Palsgrave est pour oye (94) ; Sylvius parle à plusieurs reprises de cet e 122, 125, 130), et il déclare qu'il serait enclin à le supprimer, « nisi altius in Gallorum sermone haesisset. » Du Wez tient pour oye 932, 935, 976). De même aussi Robert Estienne (31), Meurier (13 v**), Ramus (76). Meigret hésite entre içymoç et içymoçs (85 v"); Pillot mentionne la forme en e et la forme en oy^ mais il affirme que Tusage le plus répandu est pour ois (27 r**). Garnier considère au contraire comme régulier oy (46), à côté duquel il admet oye (56). Abel Mathieu ne voit point que le peuple fasse la différence que certains veulent faire entre Vauoy et tu auoys, il prend donc la forme en s {Sec. dev,^ 19 v^), et présente comme un vice fort commun en France la forme en oye : couroye^ vouldroye (29 v"). Gauchie n'a point d'opinion arrêtée, toutefois il pencherait pour ois devant voyelle (éd. 1570, p. 108, 115, 125). En 1576, sa préférence s'accuse en faveur de laimois onVaimoi (143). H. Estienne se rapproche ici de celui qu'il a critiqué ailleurs. Il veut ois pour la première aussi bien que pour la seconde, en dépit des imaginations de Pillot. Il sait bien que oie est encore en usage de son temps, soit en vers, soit en prose. Mais s s'est développé par raison d'euphonie : c'est ainsi que beaucoup prononcent : lalloys a la ville^ mais falloy dehors ÇHyp.^ 196-7). Il ajoute toutefois, ce qui est très important, que devant consonne quelques-ims remplacent* par une apostrophe. Et de Bèze reproduit la remarque de H. Estienne (43. Gf. Lentulus, 43, et Thur., o. c, I, 180).
Ronsard est moins formel, mais il se prononce dans le même sens. M Tu pourras . . . adiouster, par licence, une » à la première personne, pourueu que la ryme du premier vers le demande », tu pourras aussi « user de la seconde personne pour la première, pourueu que la personne se finisse par une voyelle ou diphtongue, et que le mot suivant s'y commence, à fin d'euiter un mauuais son » (VII, 333, Bl.). Et il ajoute : « Tu ne reietteras point les vieux verbes Picards, comme ooudroye pour voudroy, aimer oye^ diroye,,, car plus nous aurons de mots en nostre langue, plus elle sera parfaicte » (ib.), A la fin du siècle, l'hésitation dure toujours, car de Laudun d'Aigaliers [A. poét,^ 1. I, ch. 10), considère toujours comme im abus lallois au lieu de Valloi^ sauf dans les cas où la rime y contraint.
Dans les impressions, s est déjà très fréquent, même chez Marot : ie donneroys : scauroys : auroys : seroys (II, 198-199) ; ie suyurois (III, 176) ; i'en croirois (III, 46) ; ie respondrois (II, 153), etc., etc.
J'observe chez quelques poètes des applications de l'usage visé par Ronsard : ie malloys euentant (Tahur., II, 27, son. 33, Bl.);
lestoys vn soir (Id., 65, son. 57, ib.) ; ïacompagnoys au serein (Id., 9, son. 7, ib.). Toutefois dans la même pièce : lalloy s troublé (Id., H, son. 9, ib.).
En somme, la forme la plus rare est la forme en oi : si len vouloy" parler (Du Bel., Deff., II, 2, éd. Cham., 178); ie scauroy (Rivaud.44) ; lauoy^ ie faisoy (Id., p. 51, c'est son orthographe ordinaire); i'entrenouoy (Tahur., II, 76, son. 72, Bl.); ie desiroy (Cyre Fouc, Ep. d'Arist., 28)».
Dans les textes en vers on peut constater la décadence des formes en oie. Sans doute on compte encore souvent e muet : Espaignolz en la place Demouroyent vaincuz {Chans. sur la mort du connel., Ler. de L., II, 101). Marot fait encore rimer quelquefois oye des verbes avec des noms en oye : auoye : voye (I, 58, 172; III, 130) ; donnoye : monnoye (III, 38); trouuoye : voye (I, 11, 22); desiroye : proye (III, 128); scauoye : la Sauoye (I, 260); aduisoye :soye (III, 146); songeoye : ioye (III, 8)2.
En prose, la graphie oie, oye est fréquente : laymeroye (Nie. de Tr., Par.^ 90); aiiseroye(Rab.,Gargr., ch. 1, t. 1, 10) ; estoye^ auoye (Gello, Circé, 112) ; auroie {Let. de Marg. d'Ang., fév. 1523, Herminj., C, I, 189) ; mettroie (Seal., Let. y 74), etc.
Mais oi ou ois le sont beaucoup plus. Sebilet a même Tair de recommander cette graphie en conseillant l'apostrophe : toutefois il la conseille pour des formes qui n'ont pas régulièrement e (20 v®).