Est-ce d'après Von que Marot a employé ly
C'est pour Marot, vous le congnoissez ly ; Plus legier est que Volncres Caeii (1, 189-190).
2. VoirLorentz, Dieerste Person Pluralis im Alifranz., p. 30 (thèse de Heidelberg, 1»86).
3. Au XVIII* siècle, ce sont déjà des raffinés qui disent f avons. Les vrais paysans disent j'ons, dont j'ai donné ci-dessus un exemple du xvi*. « Jolibois : On dit: fons été là et là. Sans regrbt : Tons été... N'est-ce pas vrai qu'il faut dire : f avons été ? La Rambb : J'avons ! tu gnes pas non pus, toi avec ton j avons. On dit : nous ont été queaque part »» (Verdi, Les Raccoleurs).
A u IMPARFAIT. — A Timparfait, la déformation était plus grande, elle consistait à employer estions à la fois à la 3® du pluriel, et à la l^ du singulier : ils estiont^ testions.
Marot pose en règle que cela est interdit :
le di qu'il n'est point question De dire lallion ne ïestion.
Mais lusage de ce barbarisme n'en continua pas moins, et H. Estienne le prête à ses courtisans {Dial. du fr. ital., I, H, i72)*.
Je ne sache pas qu'aucun grammairien Taccepte pour la i' du singulier. Mais Sylvius mentionne au pluriel ils hauiont (i25), et Gauchie, en 1570, accepte les formes pourroyent et pourriont (148), voudroyent eivoudriont (ISO). Il garde même pourriont en 1376.
Certains textes fournissent des exemples : Les médecins d'icy nauyont connaissance d'vne fleure lante qu'il auoit (Let. de L. Aleman, év. de Grenoble, 1512, dans Le Loy. Serv., p. 436); Farel écrit ainsi : lesquelz^ ainsy quilz ont confessé^ ne sauiont pas ce que ie dis ne presche, et cuydant que [eusse tout autre auiont fort crié contre mes prédications (Herm., C, 11,66); fust respondu que MM, ne vouliont prescheurs (II, 371) ; ceux quipreschoient, ou qui aliont et veniont d^ouyr la prédication [ib.j II, 373, cf. ib,^ preschiont^ repreniont, et 374, desiriont).
Chez les Gascons, ces barbarismes sont fréquents. Ainsi donnionty voliont (Montl., V, 23, Let. aut.y n" 137; le même dit ailleurs : nommionty estiont^ auionty etc.).