LES ADVERBES ET AUTRES MOTS EN S
Une question se pose au xvi® siècle, qui intéresse non seulement les adverbes, mais encore les conjonctions et les prépositions : c'est celle de s finale * .
Certes, d'après les grammairiens, prenait cette s, qui d'ailleurs se prononçait: cf. Rob. Estienne, 77; Pillot, 70 v", Gam., %; Gauchie, 1570, 194; 1576, 232; Du Val, 262; cependant Sylvius (152) donne certè, Lanoue ajoute que, pour les commodités de la rime, il est licite de retrancher s. Nous en reparlerons au XVII* siècle.
Encores garde très souvent « finale même en prose ; les grammairiens sont partagés : Palsgrave (858) donne les deux formes encore et encores, mais ailleurs (879) il semble restreindre l'emploi de encor et encore à la poésie. Sylvius est pour encore (157) ; Pillot hésite entre encore (69 v®) et encores (104 v*»); aussi Ramus : encore {^2^), encores (117). D'après H. Estienne (Hyp,, 72), encore s'emploie devant consonne, et encores devant voyelle.
Cette indécision se retrouve chez les auteurs. Marot emploie indifféremment encor (1, 35, 111, 15, 39, 65, etc.), encore (III, 264, etc.) et encores (1, 27, 32, 37, III, 36, 50, 61, 88, 209, 222, etc.). La forme encores se rencontre chez Rabelais [Lett. et doc, III, 361), chez Du Bellay (I, 9), chez Dolet : Noz forces ne sont encores bien attainctes au vif. Les Francoys n^ont encores soustcnu.,. {Gest, de Fr. de Val., p. 30). Encores maintenant (Id., ib., p. 45).
Gueres et nagueres conservent aussi assez longtemps leur s finale : cf. Palsgrave : guayres (855, 147 et passim), et naguayres (807); Pillot (66 vo); Rob. Estienne : nagueres (72), de même