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AFFIRMATION ET NÉGATION

On peut considérer que c'est à partir du xvi® siècle que oui cède la place à si, quand la question est faite par une proposition négative. Les exemples de oui sont encore nombreux : Auez-vous point veu

1. H. Estienne dans les Hypomneses condamnait déjà Texemple de Gauchie • montez à cheval^ donnez des espérons^ et si courez (Hypomn.^ 210; cf. Glém. o. c, p. 435).

d'autres femmes que vous eussiez mieulx aymé coucher auec elles que auec la vostre? Helas ! monsieur, ouy, dit le sergent (Nie. de Tr., Par,, 117, 118, cf. 66); demanda à la damoy selle si son chemin s'adresseroit point vers la court du Roy Languines. Ouy, vrayement, dit elle [Amad., l. I, f** xxi v°) ; Seroit ce pas sacrifice? Ouy (Vigor, Serm, cath,, 55).

De vieilles formes disparaissent :

Nemplus, qu'on trouve encore dans Jean de Paris (44, 61), ne parait pas avoir vécu au xvi® siècle.

Nen, encore dans Pathelin (1027), a eu le même sort.

Nenny est encore fréquent dans la première moitié du siècle ; on le trouve chez Nicolas de Troyes {Par., p. 60 ; cf. Marot, Epigramme deouy et de nenny, II, 61, 72), Rabelais (dans Huguet, o.c. p. 266), Des Périers (II, 15), Larivey {JaL, a. i, se. ii, A. th, fr,, VI, 15).

Il sort ensuite peu à peu de Tusage, ou du moins devient très familier. Palsgrave le donne (146) ain^ que Meigret (128 r®), Pillot (71 vo), Garnier (90), Gauchie (1570, p. 194), R. Estienne (77), Ramus (119). Mais Henri Estienne l'ayant rencontré dans Gauchie, le qualifie de « plebeium » [Hyp,, 210).

Il se conserve çà et là dans les textes de la fin du siècle (Pasq., Bech,, 1. VII, eh. 8, t. I, p. 718»; cf. d'Aub., Trag., 1. VII, p. 314, éd. Lai.).

Mie, grain, maille. Les anciens mots complétifs de la négation disparaissent de Tusage littéraire.

Mie est qualifié de vieux mot roman par Palsgrave ; Marot remploie souvent (II, 61, 78, 90, 149, 239) ; Gauchie le donne en 1570 (194) ; mais en 1576 (223^, il le dit rare. Gf. : ils nestoient mie absoulz de leurs promesses (Rab., Garg,, eh. 20, t. I, 75); il ne fait mie bon estresi subtil et si fin (Mont., 1. II, eh. 12, t. IV, p. 82); pour mendier, l'homme pis ne vaut mie (Amyot, Œuv, Mor,, 1587, 13 F). On le retrouve de ci de là : ie n'en fais mie grand cas (Tabour., Big,, 58 v^). Il est dès lors familier.

Grain est encore donné par Robert Estienne (107) en compagnie de goutte : cf. ceste-cy (cognée) nest mie la mienne, le n'en veulx grain (Rab., 1. IV, Prol., t. II, 264). H. Estienne cite un calembour : Comme celuy qui disoit : En nostre caue on ny voit goutte, en nostre grenier on ny voit grain [ApoL, II, 260)*.

1. On le retrouve auxvii" siècle, mais désormais comme mot familier ou comique: dans Hacan (Bergeries, I, p. 31) ; Furetière {Rom., bonrg., II, p. 14) ; Molière {L'Et., III, se. 8, t. I, 189 ; Dép. am., I, se. 4, t. I, m ; Afar. forcé, se. 4, t. IV, 41. etc.) ; I^ Fontaine (Fa/)^, I. 3, t. 1, 66; Contes, II, 16, t. IV, 486, etc...).

2. Au xvir siècle, grainesl burlesque : Quelle a beau coucher an serain, Qu'elle ne »c tourmente grain (d'Assouc, Ovid., 1650, 107 .

Maille est aussi vieux : non, non, pas maille de crainte (Rab.,II, 352) «.

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