‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 196 sur 248 · Cf. Huij:., Synt. de Rab., 164 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Huij:., Synt. de Rab., 164 et suiv

2. Quelquefois c'est sur le {çrec que se rè^le la syntaxe, ainsi chez Estienne et chez Rabelais. Cesser du labeur (Rab., 1. III, ch. xv, II, 78) en est un e.xemple : du s'y justifie par le génitif ^ec TcaûeoOai jcdvou.

ties du monde (Du Vair, 368, 39 ; cf. 385, 33) ; ceulx qui auparauani favorisoient au plus foible (Dolet, Gestes de Fr, de V., p. 52); affin,,, qu'a icelle favorises (Id., /A., p. 3); Vestranger fournissant aux ligueurs de pecune {Ch. de 1590^ Ler. deL., II, 499) ; guignant sous son capuchon a lapauure femmelette (N. du Fail, Eutr.^ t. II, p. 8); Affin qu'au ciel auec les sainctz hantions {Mavg. de Nav., Dern, po., 403); en incommodant a mon Boy (Rab., Gargr., ch. 31, t. I,p. H8); ic pry a Dieu qu'il uous donne richesse (S*-Gel., I, 80); regardant au passé d'vn œil desdaigneux [Mém. de Marg. de Via/., 17) ; les soudards... requirent à ceux qui estoient a la garde d'icelles de leur donner vn pain (Amyot, Œuv. mor.y 414 r**, C); comme il sçauoit Bien seruir a nos princes {Ch. hug.j 275) ; A celle fin que tant moins d'air luy (au vin) touche (Amyot, Œuv. mor.^ 418 V**, G); iamais homme ne luy auoit touché {H. Est., Apol., 11,26), Verbes employés en qualité de transitifs : vous auriez trop bon marché de ne contribuer à ces te compagnie que vostre simple mémoire (Du Vair, 395, 5) ; a moy qui ay plustost empiré qu'amendé Vouurage de ce grand homme la (Du Vair, 332, 9-11) ; ilauint... a quelqu'vn... de sescrier tout haut ces vers d'Alcaeus (Amyot, Œuv, mor., 416 r*», D) ; en tout péché et vice les enseignent (Corroz., Hecat. , Maulv. nourrit., p. 129); ceulx qui estoient entrez le clous (Rab., Garg., ch. 28, t. I, p. 109) ; les meschans n' esc happeront point ses fléaux ne son glaiue (Calvin, Inst., 1, p. 73; dans Hug., o. c, 167) ; nous ne le sçaurions eschaper (le destin), nous le trouuons en le fuyant, y tombons en reculant, et l'inuitons taschant de Veuiter (Du Vair,374,22; cf. 351,30; 362,6;389, 40) ; encore qu'il V ait fiancée. Par ma foy, ce n'est pas pour luy (Gve\., Les Esb.,SL. i, se. u, A. th. fr., IV, 235) ; des pertes qui sont a lamenter (Du Vair, 351, 16) : il n'y en auoit encore point vu (de mouvements) qui menaçassent la ruine, et dissipation de l' Estât (Du Vair, 406, 16); ne mentir vn seul mot de ce qui s'estoit passé (N. du Fail, Eutr., II, p. 12) ; Apolonius Tyaneus, qui... nauiga le grand fieuue Physon, iusques es Brachmanes (Rab., Pant., ch. xviii, I, 307) ; assister aux hommes., sans les nuire (Lem. de B., Œuv., III, 120) ', périssant iceulx mariniers (Corroz., Hecat., Péril, p. 174) ; ces galandsvouloyent persuader la suppression d'vn Hure nommé index expurgatorius (d'Aubigné, Œuv., II, 245; R. et Causs.); il prétend les superfluitez (Corroz., Hecat., Suffisance, p. 125) ; chascun d'eulx prétend la victoire {Dolet j Gestes de Fr. de V., p. 32) ; Hz (les Suisses) furent reculiez (Id., ib. , p. 31); il m'est dur... De renoncer mon païs, sans offense (Id., // Enf., p. 32) ; qui refusoit son maistre et tous ses amis de leur

ayder d'argent {Mén,^ p. 43, Lab.) ; et luy s'en alla en son logis^ pour reposer son trauail{Mwrg, de Nav., Hept,^ II, 56,Hug., o. c, 167) ; retourner (les années) au logis (Brant., Grands Cap., V, 130) ; songeant (cherchant dans son imagination) les moyens d'y remédier (Mém, de la reine Marg,, 15) ; sortir ledict Pérès du lieu ou il auoit esté mené [Disc, des Troub. 'd'Arragon, Var, hist, et litt,^ I, 174); la meilleure partie de nous suruit nostre corps (Du Vair, 406, 34) ; si nous les suruiuons (Id., 351, 43); que vent aucun ne vous tombe (Lem. de B., Œuv., III, 117).

Une catégorie d'exemples, et non des moins curieux, montrerait le participe passé de certains verbes intransitifs employé passivement : vne autre femme^ laquelle^ pour auoir faict fils et fille^ et consequemment^ dit le Hure des QuenoilleSy licentiée de tout dire (N. du Fail, Eutr,^ II, p. 6) ; a propos de ceste clémence^ courtoisie^ douceur et miséricorde vsée par ce grand duc (Brant., Grands Cap,^ V, p. 105).

La plupart de ces exemples ont leurs analogues au commencement du xvii® siècle, et même plus tard. Ce n'est pas en effet au xvi*' siècle que la séparation entre verbes transitifs et intransitifs se fait rigoureuse. On rapporte, sur la foi de Pasquier, que Montaigne s'entendait reprocher le gasconisme : iouir quelque chose : Il y a du mesnage à la iouyr (la vie), ie la iouys doublement des autres (liv. III, ch. 13, t. VII, p. 84-85). Les avertissements de Pasquier n'empêchaient pas Du Vair d'écrire : il nous la baille a iouir a tous en commun (391, 21). Etait-ce bien un gasconisme ? Peut-être ! Mais quand Montaigne écrivait ailleurs : il faut vn peu legierement et superficiellement couler ce monde et le glisser, non pas V enfoncer (1. III, ch. 10, t. VI, p. 216), il faisait im effet de style qui serait encore élégant.

Malherbe posera des règles étroites qui annoncent celles de Vaugelas ; elles me paraissent, malgré Pasquier, peu dans l'esprit du XVI® siècle.

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