Cf. Ch. Gebhardt, Zeitsch. fur rom. Phil., XX, p
3. Ernst Mtiller, Zur Syntax der Ch. de Pisan, Diss., Greifswald, 1886, p. 61-61.
morte ^ et la cure de sa ville vacquer (I, 264) ; chascun de vous scet ceci estre vray comme VEuangile (II, 183); saichant estre le bon plaisir de Mgr et de Madame (I, 52).
Commynes en fait usage couramment : il luy sembloit le Roy estre affoibli (Comm., 1, 95, M.); congnoissant la nature de celluy a qui il parloit estre telle qu'il prendroit plaisir ausdites parolles (Id.^dans Hug., o. c, 215) i.
On ne peut pas dire assurément qu'elle est alors populaire, mais elle est entrée chez des écrivains qui ne sont pas des latinistes.
Au XVI* siècle, l'emploi de la proposition infinitive est devenu d'un emploi si général que je présenterai les principaux cas où on la trouve, à part les uns des autres.
A. Le verbe à Tinfinitif est à la voix active.
1® Le sujet de l'infinitif est un substantif. — Et d'autant plus que Mars, belliqueux dieu y on dit traie ter quelque amour en ce lieu (S^-Gel., 1, 227).
Même tour, le verbe esi estre : elle fera les hommes furieux estre courtoys (Gorroz., Hecat , Complexion^ p. 155); si vous voyez amour estre tout seul (Id., lA., Amour, p. 181); ceux qui ont dit vne amour vertueuse Estre a vn cœur seruitude et prison [Marg. de la Marg,, IV, 103); que si les Hebrieux soustiennent leur langue estre la plus ancienne (Fauchet, Orig, de la l. fr,^ 533 v^); les Égyptiens pensèrent estre nais avant tous autres (Id., lA., 533 V**) ; ie croy le Pape estre plus que tout le monde ensemble (d'Aubigné, Œuv., 11, 240, éd. R. et Causs.) ; le Boy, aduerty son camp estre en bon ordre et bien dressé partit de Lyon pour y aller (Dolet, Gestes de Fr, de V., 69); Luy qui affirmoit le mon deestre immortel (Du Vair, 362, 12).
2*» Le sujet de l'infinitif est un pronom. — a) Personnel : Monseigneur vostre gracieux langage, qui vous monstre auoir quelque compassion de moy (S'-Gel., 111, 179) ; C'est de celluy qui vous désire nue Estre avec luy en vng lict, bras a bras (Coll., Œuv,, 32).
b) Démonstratif : l'estime celuy dire le mieux qui me loue le plus {Mém. de la reine Marg., p. 1).
c) Relatif : M, de la Noue qu'on disoit auoir quitté le parti et religion des huguenos (L'Est., Jour, de H, III, 36, 2); conduite.,,
\. Commynes remploie après : cognoistre^ croire^ cuidier, désirer^ dire^ espérer, estimer, iuger, prétendre, repu ter, il semble, veoir, vouloir (cf. Stimming, Zeilschf. rom. Phil., l, 218).
Dans les Cent Nouvelles nouvelles, les verbes qui commandent la proposition infinitive sont : connoistre, cuidier, désirer, iuger, oTr, penser, regarder, sauoir, sentir souffrir, tenir, voir (Schmidt, Syntakt. Stud., p. 57).
a vne autre fin que la Prouidence iuge luy estre salutaire (Du Vair, 374, 2) ; que nous estimons nous deuoir apporter de l'affliction (Id., 34S, 35).
Remarque. — Le verbe à Tinfinitif serait à Findicatif un impersonnel: ie diray ny auoir au delà [Mém. de la reine Marg.^ p. 4); au premier poinct ou ie me puisse ressouuenir y auoir eu quelque chose remarquable a ma vie par auant (Ead,, 4); ie pense devoir estre icy sa totale ruine (Du Vair, 377, 31-2).
B. Le verbe à l'infinitif est à la voix passive.
1® Le sujet est un nom. — le scay que ne seras si contraire a Vimmortalité de ton nom que veuilles la grandeur de tes faictz estre supprimée (Dolet, Gestes de Fr de V., p. 4) ; disans le tout auoir esté f aie t,., (Rab., Garg.^ ch. 26, t. I, p. 100); Ne souffre point sa loy estre flaitrie (Forcad., p. 10); ces Hugenots,.. desclarerent cette loy inique^ et n auoir iamais estée pratiquée que par les Albanois (d*Aubigné, OEuv,^ II, 267, R. et Causs.).
2® Le sujet est un pronom. — a) Personnel : Iamais ie ne m'eusse pensé Estre en la fin recompensé (Grév., Les Esb., a. i, se. i, A. th. fr., IV, 231) ; Se souhaite estre expirée (S'-Gel., I, 129).
b) Relatif : La mère du Boy, laquelle ils estimoyent auoir esté mesprisée (Amyot, Vies, Lycurgue, 49 B) ; tout ce que permettras estre escript de toi (Dolet, Gestes de Fr. de V., 5).
G. Le verbe est un pronominal, soit réfléchi, soit en fonction de passif.
Ce qu^on luy faict cognoistre se deuoir faire (Du Vair, 305, 16) ; vn quon disoit s'appeler le capitaine de La Roche, et auoir esté moine (L'Est., Journ. de H. III, p. 38, 1).
L'INFINITIF APRÈS PRÉPOSITIONS. — Je vois peu d'autres nouveautés à signaler dans la syntaxe de Tinfinitif Je noterai cependant que Tinfinitif a pris définitivement la place du participe derrière toutes sortes de prépositions.
Ces prépositions sont souvent des temporelles, ainsi depuis, après, etc. (cf. le présent ouvrage, t. I, p. 474): depuis estre deuenu courtisan (H. Est., Apol., II, 111); donnezmoy vostre auis sur quelques doutes, qui me sont entrez en Vesprit depuis auoir ouy Orphée (Du Vair, 395, 12-3).
Quand la préposition est après, on trouve souvent le présent, là où on attendrait le passé de l'infinitif : Troie... fut ruée ius, après estre priuée de son Hector (Dolet, Gestes de Fr. de V., p. 15) ; PEmpcreur... après estre aduerty que le Roy estoit en personne a son camp... trouua moyen de se saulver (Id., ib., 70); après auoir le
poing coupé... il dict... (H. Est., Apol.^ II, 62); Cest ici^ HuguenoiSj quil faut aduoiier nulle iustification d'œuure estre difficile après telles œuures estre iustifîees (d'Aubigné, Œuv.^ II, 262, R. et Causs.).
On trouve aussi très fréquemment Tinfinitif dépendant de la préposition par (cf. I, 474) * : Ainsi amour ^ qui est V esprit et l'ame, Ne decroist point ny ne perd de sa flamme^ Pour estre en cœur quil voye desmembrer Par rompre foy, par ne se remembrer De son deuoir (S*-Gel., II, p. 139); vous facent quelques rudesses j par ne congnoistre combien vous nous estes vtiles (Gello, Circé, 1 49) ; Par trop monter^ trop luy conuint descendre (Forcad., p. 23).
Ainsi construit avec préposition, Tiniinitif ou bien se rapporte à un autre terme de la phrase que le sujet, ou même ne se rapporte à aucun des termes de cette phrase, il a son sujet propre non exprimé. Quoique quelque chose de cette liberté ait persisté au xvn* siècle, et jusque dans notre langue à nous, par exemple quand la préposition est sans, je citerai quelques phrases particulièrement hardies : quelle me fust ostée par les seigneurs du Sénat de Carthage^ pour la luy donner (S'-Gel., III, p. 211) ; /c bien de vous voir est digne d oublier tout aultre chose (entendez : qu'on oublie^ Marg., Let. inéd., 37, Gén.) ; a aller par les rues (entendez '.pendant que le cortège parcourut les rues) il y eut la plus belle triumphe quon vit iamais [J. B. P., 75) ; vng sayon faict pour vestir sans robe (Cord., Corr. Serm. em., 131, A) ; Voulons-nous abaisser nostre esprit et Vasseruir a nostre corps , pour se condouloir auec luy et compatir a ses maux (Du Vair, 355, 1-2) ; Ce destin part d'vne puissance trop sage... pour y pouuoir résister {Id., 374, 23-4).
LINFINITIF PRÉCÉDÉ DE A ET DE. — J'ai déjà montré comment en moyen français de et à tendent à accompagner Tinfînitif de plus en plus fréquemment, dans des tours assez divers (t. I, p. 475).
Je n'ai rien à signaler de plus, sinon que ce développement, pour réel qu'il soit, se fait avec une extrême lenteur. D'innombrables exemples de l'infinitif sans préposition peuvent être relevés pour chaque cas. Je donnerai seulement quelques observations en suivant la classification adoptée dans mon premier volume :
1** De manque souvent devant l'infinitif sujet: Tant caqueter, tant parler. . . Est maintes foy s espèce de folie (Corroz. , Hecat. , Brocardeurs, p. 9) ; Car trop grand mal seroit clorre les yeux (S*-Gel., I, 226); Ma mignonne, ce nest pas a vous, ne charge qui vous aparlienne,