‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 211 sur 248 · Cf. HuK-, o. c · texte numérisé non relu

Cf. HuK-, o. c

qui concerne Taccord en genre. Quand le participe attribue au nom « vne qualité adhérante », il s'accorde; au contraire, quand « il attribue vne action ou effect au substantif » comme ici : les voluptez corrompantes les mœurs ; on se peut accommoder du pluriel féminin, mais le participe « semble plus coulant sous forme masculine comme estant de commim genre » (1607, p. 331>332). Dans le volume suivant, je reprendrai la question à ce point.

Si on consulte les textes, il est hors de doute que Fadjectif a le plus souvent un féminin en e : la triumphantc armée (Mar., 1, 144); par trop ardante ire (Id., 1, 9); la vache luysante En son poil blanc (Id., 111, 193) ; vea ceste foy constante (Id., 1, 95), etc., etc. Cependant, il ne faudrait pas croire la règle absolue : la resonnant buccine (Mar., 111, 174) ; en eau bouillant (Id., 111, 168), la donc a la poignant mammelle (Id. , 1, 183); Mignonne est trop plus affettée^ Plus frétillant^ moins arrestée (Id., III, 87), etc. ; C'est vne droggue précieuse^ Odorant et délicieuse (Lesp.. Prompt,^ 16).

Pour le participe, l'usage est très incertain.

A. Les exemples d'invariabilité en genre sont nombreux :

1** sur Vherbe verdissant (Id., 111, 245) ; la plus noble Marguerite Qui soit point au monde viuant (Id., I, 140); sur Veslomac est[sa gorge pendant (Id., 111, 245); Chaque trouppe dansant a la façon de son pats [Mém. de la r. Marg,^ 10).

2<* Les exemples d'invariabilité en nombre ne sont pas rares non plus : larmes de gomme en ambre durcissant (Mar., 111, 220). Comparez ce qui est dit ci-dessus, p. 462.

B. 1** L'accord est fait en nombre avec des masculins : se mocquans de ces beaulx fouaciers (Rab., Garg,, ch. 25, t. I, 99) ; les fouaciers de Lerné passoient le grand quarroy menans dix ou douze charges (Id., iA., ch. 25, t. 1, p. 97) ; plusieurs dieux marins^ chantans et recitans des vers [Mém. de la reine Marg., 10); plusieurs gens de guerre.,, tenansles champs,., etviuans a discrétion (L'Est., Journ, de H, III, 36, 2) ; accompagné.., de religieux faisans les prières iour etnuict (Id., iA., 36, 1) ; les huguenots ayants recommencé la guerre [Mém. de la reine Marg., 11); /es propos s'en continuans tousiours (Ib., 24); les hommes estans premièrement esbloiiis (Fauchet, Orig, de la l. fr., 533 vo).

2? L'accord est fait avec des féminins en nombre seulement : Ses sœurs... se frappans Vestomach (Mar., 111, 219); les Nymphes vertueuses, Regnans en mer (Id., 111, 173); fouldroyans tempestes (Id., 111, 129); chandelles flambans ou estainctes {ld.,î, 15); Nymphes adonc, pleurans, escheuelées (Id., 111, 213); les semences

des choses Conceuans fruict (Id., III, 179); I^s femmes,., amadoûans les hommes (Rons., 1, 127, M.-L.) ; les Bretonnes dansans leurs passe-pieds [Mém. de la reine Marg.^ 10) ; les polices de Platon et Aristote permeltans tant de vilaines copulations (N. du Fail, Eutr., II, 15); lesquelles {les bestes) hastissans industrieusement leurs nidSj esleuans leurs petits, pourchassans leur viure (Fauchet, Orig, de la L fr,, 533 r**) ; cloches sonnants^ et chandelles esteintes {Mén.^ 20, éd. Lab).

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