‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 31 sur 248 · Noter que Viete n'est mort qu'en · texte numérisé non relu

Noter que Viete n'est mort qu'en

5. G. de Chevalier, Le decez ou fin du monde. Paris, Rob. le Fizelier, 1584, in-4. Cl. du Verdier, Discours contra ceux qui par les grandes conionclions des Planètes^ qui se doiuent faire, ont voulu prédire la fin du monde; Lyon, Barth. Honorât, 1583.

l'aide de laquelle ils peuvent le mieux frapper les imaginations. Ils acceptent même de discuter en vulgaire pour ou contre les principes de la science, sur sa valeur et sa légitimité. 11 y a au XVI* siècle toute une littérature astrologique en français ' .

En second lieu, l'astronomie, même ramenée à son but véritable, comportait des applications diverses aux calculs de l'horlogiographie, et surtout à la navigation. La pratique des instruments, tels que Tastrolabe, l'anneau astronomique, le compas, était nécessaire à nombre de gens ignorants des lettres anciennes. Aussi compte-ton de nombreux ouvrages et opuscules, destinés à vulgariser ces connaissances essentielles ^.

Il en est de même pour la géographie, alors confondue dans la cosmographie : de bonne heure paraissent des guides, des itinéraires, des cartes en français ^.

Mais les études théoriques sur le monde ont elles-mêmes visiblement excité assez d'intérêt pour qu'on tentât de les répandre, et de faire qu'aucims, suivant le mot du traducteur de Sacrobosco, ne pussent plus « s'excuser de l'étude de tant belles sciences, comme ils font, quand elles sont écrites en latin ».

1. Je citerai : Turrel, Le Periodet c'est-a-dire la fin du monde.... Fatale preuision par lesaslres. Lyon, 1531. — Ogier Ferrier, lugemens Astronomiques sur les natieuitez. Lyon, J. de Tournes, 1550, in-8. — Ani. Couillard, Les prophéties, ou entre autres choses il demonstre que Dieu sans autre ayde régit et gouuerne toute la machine, et peut seul, non pas les hommes, iuger des choses futures. Paris, Ant. le Qerc, 1556, in-8. — Les contredicts aux faulses et abbusifues prophéties de Nostradamus... Paris, Ch. L'Angelier, 1560, in-8. — Léger Bontemps, Narration contre la vanité et abus d'aucuns plus que trop fondez en iastrologie iudiciaire et deuineresse. Lyon, Ben. Rigaud, 1558, in-16. — Cl. Dariot, Introduction au iugement des Astres. Auec un traicle des élections propres pour le commencement des choses. Lyon, Maur. Le Roy, 1558, in-4. — Pontus de Tyard, Mantice ou discours de la vérité de diuination par Astrologie. Lyon, J. de Tournes, 1558. — Mizaud, Les louanges, antiquitez et excellences d'Astrologie. Paris. Th. Richard, 1563, in-8. Secrets de la lune, opuscule non moins plaisant que utile sur le particulier consent et manifest accord de plusieurs choses du monde auec la Lune, comme du Soleil, du sexe féminin, de

certaines bustes Paris, 1571, in-8. Harmonie des corps célestes et humains, Irad.

par Jean de Montlyard. Lyon, Ben. Rigaud, 1580. — Jean de la Taille, La Geomance abrégée pour scauoir les choses passées, présentes et futures. Paris, Luc. Breyer, 1574, in-4.

2. Focard, Paraphrase de T Astrolabe. LaSphere, V Astrolabe. Le miroir du monde

Lyon, J. de Tournes. 1546, in-8. — Dominic Jacquinot, Vusaige de l'Astrolabe, auec un traicté de la Sphère. Paris, Jehan Barbé, 1545, in-8. — Bassantin, Paraphrase et amplification de l'usaige de l'Astrolabe.... Lyon, J. de Tournes, 1555, in-8.

3. La Guide des chemins de France, par Charles Ëstienne. Paris, 1552. — Les voyages de plusieurs endroits de la France en forme d'itinéraire et les fleuues de ce royaume, par Charles Eslienne, docteur en médecine. Paris, 1553.

Lacroix du Maine nous a mémo conserve le titre d'un livre de cet ordre, bien antérieur : Calcnlation, description et géographie vérifiée du royaume de France, tant du tour, du Uirge quedu long d'iceluy, déchiffrée par le menu iusques auxarpents

et pas de terre en iceluy compris le tout calculé et sommé par maistre Loys

Boulenger, très expert geometrien et astronome ; imprime à Lyon, 1525 (l'ouvrage est peirlu).

Le mouvement semble s'accuser surtout aux environs de 1550. On ne se contente plus des réimpressions du vieux livre Y Espère du monde, Élie Vinet traduit en 1544 la Sphère de Proclus ; Goupil, en 1550, celle de Piccolomini; en 1551 paraît en édition française celle d'Oronce Fine *; en 1552, celle de Munster, dont Belleforest devait tirer son célèbre ouvrage : la Cosmographie uniuerselle (1575). En 1556, Cl. de Boissière fait encore passer en français les Principes d'Astronomie et Cosmographie de Gemma Frison ^^. En même temps, on voit se multiplier des exposés géographiques proprement dits, généraux ou particuliers. Antoine du Moulin donne sous le titre de Recueil de diuerses histoires touchant la situation de toutes régions et pays, un livre de Jean Boem (1544). J. Temporal, sous le nom d'Historiale description de V Afrique^ rassemble une série de voyages (1556).

Et il est visible que si certains de ces livres n'ont d'autre objet que de satisfaire la curiosité du public, quelques-uns s'inspirent d'une idée plus haute. Je citerai particulièrement les Institutions astronomiques de J.-P. de Mesmes 3, Dans un proème, qui suit la dédicace, De Mesmes, visiblement inspiré par l'enthousiasme de Ronsard, traite la question de langue, presque comme Estienne et comme Montaigne, en montrant autant d'enthousiasme que lun pour sa nation, en exprimant les idées de l'autre sur les causes de l'infériorité des modernes, obligés à perdre leur jeunesse h l'étude des mots, au lieu de s'adonner aux longues et continuelles observations « ou gisent les sciences speculatiues '* ».

1. La sphère du monde proprement ditte Cosmographie^ composée nouuellemeni en François; Paris, Mich. Vascosan, in-4.

Page 1