Arithmétique; Paris, Nie. du Chemin
7. Compost arithmetical ; Lyon, Ben. Rigaud, 1567. Briefue arithmétique; Ib., 1570, in-16. Les principaux fondemens d'arithmétique; Ib., 1571.
8. Arithmétique : Ensemble un discours des changes,.. Lyon, M. Jore, 1571, in-8.
9. Les Institutions d'arithmétique; Paris, Hierosme de Marnef, 1578, in-8.
10. L'arithmétique abrégée coniointe a l'unité des nombres ; Paris, 1588, in-f*.
tique, traitant moins « de la science du nombre que de la pratique des affaires » . On y trouve pêle-mêle des règles relatives au change des monnaies, aux réductions des mesures les unes aux autres, le régime des foires, des calculs faits ; bref, ce sont en général des livres de « marchands, financiers, trésoriers, receveurs, affîneurs » plutôt que d'étudiants. C'est ce qui explique que Lyon en ait tant imprimé.
La géométrie française est également tout élémentaire. C'est pour des ouvriers et des artisans que Bovelles avait écrit la sienne, et s'était commis à employer la langue vulgaire *. Les rares manuels qu'on rencontre ensuite sont du même ordre.
On trouve de même des traités de perspective et d'architecture civile ou de fortification en français '*. Il est visible que la science appliquée, s'adressant à un public qui n'est pas latin, est obligée de se faire française de bonne heure. Mais la science pure reste à peu près fidèle au latin. C'est en latin que Goupil, Budéon, Fernel, Oronce Fine, que Peletier du Mans et Ramus eux-mêmes disputent ^ de la quadrature du cercle et de l'angle de contingence.
Toutefois, vers le milieu du siècle, quelques symptômes font pressentir que, là aussi, le règne exclusif du latm est menacé de finir. C'est d'abord une page de Peletier du Mans qui, tout en restant, comme je l'ai dit, fidèle à son latin quand il parlait des lignes et des nombres, entrevoit cependant que rien ne serait pour le français d'une utilité plus grande à conquérir que le royaume de ces sciences, où « la vérité est manifeste, infaillible et constante ». c< Pansez, ajoute-t-il, quele immortalité çles pourroçt aporter a une langue, i etans rédigées en bonne et vreye metode ^, Regardons mêmes les Arabes, léquez ancores qu'iz soet reculez de nous, é quasi comme en un autre monde : toutefoés iz s'an sont trouvez an nostre Europe qui ont voulu aprandre le langîige, an principale consideracion pour l'astrologie, e autres choses secrètes qu'iz ont tretees an leur vulguere, combien qu'assez maleureusement. Car on set quéle sophisterie iz ont mêlée parmi la médecine, e les matématiques mêmes. E toutefois iz ont randu leur langue requise, an contemplacion de cela. Avisons donq, a quoi il peut tenir que nous n'an facions nompas autant, mes sans compareson plus de la
1. La Praclique de Géométrie avec l'usage du Qu:irré géométrique. Paris, Gillc Gourbin, 1575, iii-4.
2. Il y en a déjà un bilin>cue en 1509 : J. Viatoris, De nrlifiriali perspectiva. TuUl, in-f* (Bibliothèque Mazarine, 4720 f.) ; le texte est acconipai;nc dune traduction interlinéaire.
3. Dial. de Vorlhogr.^ Z* livre, p. 76, éd. J. de Tournes, 1555.
notre. » Combien ces vues étaient pénétrantes et hardies, on le voit assez sans qu'il soit besoin d'y insister : rêver de donner l'éternité au français, en Tattachant à une œuvre d'une vérité éternelle, était d un homme qui pensait.
Est. Forcadel eut le courage de mettre l'idée en pratique, non seulement dans son enseignement, mais dans ses livres. J'ai déjà eu l'occasion de dire qu'il osa lire en français au Collège royal ; en outre, il donna toute une série de traductions des anciens : Archimède, Euclide, Proclus, ou des modernes, comme Oronce Fine ; ses propres traités sur l'arithmétique sont aussi en français K Nul doute qu'il n'eût entraîné quelques disciples, s'il ne fût mort assez tôt, peu après Ramus. On vit bien se produire quelques essais ; Gosselin traduisit l'arithmétique de Tartaglia 2, Simon Stevin donna à la suite de son Arithmétique des éléments d'Algèbre^ (1585); mais, en somme, le français avait si peu pris pied dans la haute spéculation, que l'œuvre du grand Viete, le seul homme que la France du xvi® siècle puisse opposer aux Cardan et aux Tartaglia, est en latin *.
L'astronomie, cosmographie, géographie. — Il ne semble pas qu'il y ait de science plus éloignée de la vie pratique que l'astronomie ; il y en avait peu, au contraire, qui y fût plus intimement mêlée, au xvi® siècle. D'abord, elle avait, comme la chiromancie et toutes les autres méthodes de divination, le privilège de parler à l'homme de son avenir, c'est-à-dire de ce qu'il désire le plus connaître. C'était elle qui apprenait à distinguer les aspects des astres et leurs influences, qui lisait les présages contenus dans les comètes, les éclipses, et, malgré les railleries de Rabelais et de quelques autres, la foi en ces méthodes demeurait encore presque entière. Il suffit pour s'en convaincre de rappeler le succès de Nostradamus (1555). Ses prédictions sont en français, autant qu'on peut appeler français son grimoire barbouillé de mots sibyllins. Il en est ainsi de la plupart de ses rivaux •' : qu'ils annoncent ou contremandent le « décès du monde », ils adoptent le plus souvent la langue à
1. Arithmétique ; Paris. Guil. Cavellat, 1556, in-4. Second livre de V Arithmétique^ ibid., IÔ57, iii-4. Troisième Hure, ibid., 1558, in-4. Arithmétique entière et abbregee : Paris, Ch. Pericr, 1565, in-4. Arithmétique par les gecls. Paris, Cavellat, 1559, in-8.
2. L'arithmétique traduicte d'Italien auec taules les démonstrations mathématiques. Paris, Gilles Be;y8, in-8.
3. L'arithmétique cont3n:inf hs cnmputations des nombres arithmétiques on vulgaires : aussi i Algèbre avec les équations de cinq quantitez, Leyde, Plantin, 1585.