Cf. Peletier. Dial., p. J16. n cite esgal, desduire
2. Une s superflue en monstrer averlira-t-eUe qu'il vient de monitrare ? Si c'est cela, les « curieux de dérivaisons n feraient mieux d'imiter les rois qui donnent un insi^c commun à tous leurs soldats. Une même marque générale suffirait pour tous les mots venus du latin. « Qant ao proufit, je Testime aotant que de tailler a chacune pièce de çharpenterie la première Içttre du nom de la for^s dôt çU' aora été prinxe • (Meig., Ment., 7).
Dauron donne des ar^ments analogues dans Peletier du Mans, Dial., 89 et suiv. On trouvera p. 95 et suiv. quelques exemples piquants des excès des étymologistes.
de letres, ainsi que Tusage de la langue changera de voix, comme celle qui luy sert à représenter son Image * » {Trait, ^ 19).
Il a répondu ici au nom de la seule raison. Nous qui sommes à trois cents ans de distance, nous pourrions ajouter que ladoption de son système, loin de nécessiter de fréquents changements d'orthographe, en eût au contraire entraîné fort peu, la prononciation ayant relativement peu varié. Au reste, les changements dus à ces variations n'ont pas pu tous, malgré le maintien du système traditionnel, être évités, et il s'y en est ajouté une foule d'autres, d'âge en âge, nécessités par le besoin, bon gré mal gré ressenti, de mettre plus d'harmonie entre la langue écrite et la langue parlée, de sorte que la fixité dans le système de Meigret eût été incontestablement plus grande que dans celui de ses contradicteurs.
Il est incontestable que la partie critique de ce Traité d'écriture, si curieusement observée, si logiquement déduite, si sobrement appuyée, posait la question tellement bien, que nul depuis n'a trouvé grand'chose à ajouter à l'argumentation de Meigret. 11 est regrettable que la partie constructive de son système n'ait pas été, un peu par la faute de la langue, un peu par sa faute à lui, aussi rigoureuse et aussi facile à défendre.
Les modifications proposées par Meigret peuvent se classer en trois catégories ; ce sont :
A. — Des suppressions de lettres inutiles 2.
1 . Supprimer : />, A, w, qui ne se « rencontrent iames en la prononciation françoise auant v consonante ». Ecrire recevoir ^ doiuent {Trait., 33).
2. ff « en tous vocables, esquelz nous le faisons final, comme vnjy chacunffy besoing » {ibid,, p. 43). Écrire un, chacun, besoin.
3. / « dans etj où nous ne nous oserions auanturer de le prononcer, sans seruir de moquerie aux auditeurs » [ibid., 45).
/ et rf au pluriel des mots comme renard, content. Ecrire renars, cent ans [ibid., 45 et 46).
4. /, que « nous escriuôs sans auoir égard qu'elle donne grade occasion de faire une lecture rude et de mauuaise grâce : mais quelle pronôciation frâçoise seroit ce, si nous voulions proférer /, en aultre, peult, eulx^... l se change en aos au plurier quant elle
1. Pelelier du Mans fait dire de même â Dauron « s'il aiiienl que la langue se change an micus : iz acOmoderont leur mode d'écrire a leur mode de parler, comme nous aurons f^t a la notre » {Dial., 87).
2. Des Autels est ici d'accord avec Meigret; c'est un des seuls points. II accorde que « la supcrfluité desraisonnable ne lui plait point » {Rep. contre Meigret, 55). Il reproche même à son adversaire de n'estre pas logique, en ne retranchant pas Vh inutile.
est letre finale des noms, de sorte que cheual, royal, loyal, et autres leurs semblables font cheuaos, royaos, loyaos. Et si eroy bien qu'anciênement on disoit cheuaU, royals, loyals : mais depuis la prononciation a esté autre ; il fault aussi que Tusage d'escriture soit autre » {ibid., i8-i9).
5. n, dont nous abusons dans ayment, qu'il suffirait d'écrire aymet^ [ibid., 51).
6. s, que Ton emploie pour traduire Te ouvert : eslre, besle, ou pour marquer les voyelles longues : ftst, allast. Écrire ftre, etc. {ibld., 22-23).