‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 53 sur 248 · Heponse a d^s Aotels^ p · texte numérisé non relu

Heponse a d^s Aotels^ p

ESSAIS DE SIMPLIFICATION ET D LM FI CATION DE L UUTHOtiHAPlIE 113

lorsqu'on le piquera plus rudement, monstrant par cette inconstance que, si j'estois receu en toutes les saines opinions de Torthographe, tu ne trouverois en mon livre presque une seule forme de Tescriture que sans raison tu admires tant, t'asseurant qu'à la seconde impression je ne feray si grand tort a ma langue que de laisser estrangler une telle vérité sous couleur de vain abus ^ ».

Il n'est pas téméraire de supposer que, pour agir sur un homme aussi convaincu, il avait fallu des raisons puissantes, quelque chose comme le danger de compromettre le succès de la nouvelle école. Dans ces conditions on devine facilement de qui parle Ronsard, quand il attribue cette concession à u l'insistance de ses amis, plus soucieux de son bon renom que de la vérité, lui peignant au devant des yeux le vulgaire, l'antiquité et l'opiniastre advis des plus célèbres ignorans de son temps ». Cet ami est probablement Du Bellay. Il s'est excusé lui-même dans la Deffence, et aussi dans la Préface de la seconde édition de VOlive, par des raisons qui rappellent celles qu'on a données à Ronsard ^.

Si cette hypothèse est exacte. Du Bellay a vraiment rendu ce jour-là un mauvais service à la langue française. L'occasion était inespérée ; c'était d'abord vraiment merveille que l'école qui professait de n'écrire que pour les doctes se rangeât à une manière d'écrire fondée sur la prononciation vulgaire, et qui abandonnait les traditions savantes. Ensuite il était peu vraisemblable qu'il se rencontrât désormais un Ronsard et un Meigret réunis dans une œuvre commune; enfin j'ajoute que, cette collaboration eût-elle été possible plus tard, les résultats en eussent été moins certains. En 1550, les livres qu'un changement d'écriture eût fait paraître archaïques étaient en si petit nombre que le sacrifice en était encore* possible. An fur et à mesure que la littérature française s'est développée, ce qui a rendu de plus en plus difficile une réforme radicale, c'est l'impossibilité croissante de nous éloigner ainsi d'un coup de tout

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