‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 68 sur 248 · Paris, André Wechel · texte numérisé non relu

Paris, André Wechel

iSi HISTOIRE DE L\ LANGUE FRANÇAISE

En \ 572 il précise très utilement à quel endroit il faut prendre cet usage, qu'on n a pas le droit de changer. « Selon le iugement de Platon, Aristote, Varron, Ciceron, le peuple est souuerain seigneur de sa langue, et la tient comme vn fief de franc aleu, et nen doit recognoissance a aulcun seigneur. LescoUe de ceste doctrine n'est point es auditoires des professeurs Hebreus, Grecs et Latins en luniuersite de Paris comme pensent ces beaux etymologiseurs, elle est au Louure, au Palais, aux Halles, en Greue, a la place Maubert (30 j. >» Dans la première édition, les pronoms personnels étaient énumérés sans aucune distinction des formes je et moi, tu, te et toi (p. 47) ; dans la seconde, la répartition en cas est faite, et même de manière beaucoup trop rigoureuse (p. 71). Le texte primitif donnait à peine deux pages d'une extrême confusion aux adverbes, prépositions et interjections réunies (p. 72). Si pour des raisons théoriques, la même confusion est maintenue, du moins les adverbes sont classés, et soigneusement, dans les anciens cadres (p. 116 et H,)K

D'autre part, des questions auparavant totalement laissées de CiMé sont cette fois étudiées : ainsi au chapitre 9 l'auteur a introduit une longue classification des noms dans les deux genres d'après leurs finales. Il n'y en avait pas trace dans son premier travail '*.

Enfin des corrections notables, portant ou sur des détails ou même sur des théories importantes, ont été faites. Parmi les premières, je citerai la substitution de la forme aimèrent à aimarent^ seule indiquée dans la première édition ; parmi les secondes, on peut remarquer un changement complet de doctrine au sujet des tours c'est moi, cest toi, que Ramus, entraîné d'abord par Meigret, avait commencé par condamner^. Presque tous les chapitres ont gagné h ces modifications de tout ordre ; il en est, comme celui de l'article, qui s'en sont trouvés transformés.

11 faut bien le dire, plusieurs de ces améliorations, M. Livet l'a déjh noté pour l'une d'elles, ont peu coûté à Ramus. Il était fort

î. Grammaire de P. de la Ramëe, Lecteur du Roy en rVniuersite de Paris, A la Uo.vue, more du Hoy. A Paris. De l'imprimerie d'André Wechel, 1572. C'est de cette édition que M. Livet a rendu compte dans son livre la Grammaire française^ p. 177 et suiv. Je l'envoie, pour les dt^tails, à sa fidèle analyse.

2. Cf. au chapitre I une lonjfuc dissertation, malheureusement assez faible, sur les orijfines de la langue; p. 13 1, des remaixiues inti^rcssantes sur le^ les relatifs, etc.

3. P. HiK, cf. P* êdil., p. 9i. Hanius ajoute : « Et si quelque Grammairié vouloit despouiller nostre lan^fue de tels ornemens. Est-ce moy? Est-ce toy? C'est moy, c*est toy ? ce sei'oit cr>me desgainer lespee luy tout seul a rencontre de toute la France. » L'allusion au maître qu'il abandonne est évidente. Toutefois en général il ganle ce qu'il avait emprunté.

EFFORTS POLR CONSTITUER UNE GRA^JMAIRE 155

au courant des travaux grammaticaux de son temps. En particulier la Conformité du langaigc françois auec le f/rec a été mise par lui largement è profit. Le plus souvent Ramus résume en quelques lignes ce que H. Estienne développe en longs chapitres*; il se borne à signaler des rapprochements avec le grec qu'Estienne établit et discute ; mais cette assimilation n'empêche pas de reconnaître Torigine de plusieurs des observations nouvelles, qui sont parmi les plus intéressantes ^

Mais, quoi qu'il en soit de ces emprunts, tous les changements extérieurs ou intérieurs apportés par Ramus à son œuvre n'en dénaturent pas le caractère. Elle est étendue, refondue sur certains points, la figure même en est changée •^. Ce n'en est pas moins le même livre, si on le regarde d'un peu haut. Car ni la division générale ni la distribution des matières par chapitres, telle que Tentraînaient les définitions fondamentales, ni ces définitions ellesmêmes ne sont changées. Dans ces dix ans le grammairien s'est perfectionné, mais le théoricien de la Grammaire ne s'est pas démenti.

Et de cela il résulte que la grammaire de Ramus, même revue et complétée^, intéresse moins l'histoire de la langue française que l'histoire de la grammaire elle-même, par l'effort que Fauteur a fait pour sortir des vieux cadres et des théories où l'art de Priscien et de Donat semblait s'être immobilisé.

Antoine Cauchie. — Entre la première et la deuxième édition de Ramus avait paru la grammaire d'Antoine Cauchie (1S70)^. Cette première édition fut complètement remaniée dans une seconde qui

1. Voir en particulier la théorie des pronoms personnels explétifs dans la Conformité, édit. Feugère, p. 80, et cf. Hamus. p. 139.

2. Voir en particulier sur les comparatif» meilleur et plus meilleur^ la Conformité, p. 78; Ramus, p. 137; — sur la construction Iny troisiesme, la Conformité^ p. 97 et 99; Ramus, p. 143; — sur les articles, la Conformité, p. 124; Ramus, p. 130; — sur la locution populaire les ceux, la Conformité, p. 129; Ramus, p. 141, etc.

3. L'auteur ayant fait à la coutume la concession d'imprimer la préface et toute la première partie en écriture ordinaire, le reste (à partir de la page 57) sur deux colonnes, dont Tune est la traduction graphique de l'autre.

4. Ramus est loin d'être complet. Sa syntaxe ne touche pas à la syntaxe des propositions, elle ne donne pas une règle relative à l'emploi des modes. On ne peut pas même l'appeler une ébauche.

Il s'en faut aussi que la doctrine soit*^ toujours sûre. Ainsi Ramus se montre favorable à l'alTreux solécisme je ferons, je dirons, assez répandu de son temps, parce qu'il voit dans cette discordance des nombres un francisme à opposer à un atticisme (p. 164).

5. Grnmmtitica. Gallicn, suis partibns abtolutinr quam vllus unie hune diem ediderii^ Parisiis, Impensis Anthoni Lithostratei. in-8.

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parut six ans plus tard*. Gauchie, on le voit par le premier titre de son travail et aussi par différents passages de la seconde édition ^, était extrêmement satisfait de lui-même. Et cependant il y aurait bien h dire sur son livre. Il blâme ceux qui appliquent à la grammaire française la méthode des anciens (p. 9), et tombe lui-même dans ce défaut, en imaginant un optatif (lii), ou en conservant un véritable paradigme complet de déclinaison (84 bis)^, 11 met avec raison ses élèves en garde contre des fautes qu'on fait dans les différentes provinces^, et lui-même laisse passer des formes de Picardie, où il était né, ou même de vrais barbarismes^. 11 commet aussi des erreurs inexplicables, comme lorsqu'il condamne le tour très français celui-ci vous l'a dit, en forçant la règle qui veut que celui n'entre pas en composition devant qui, et qu'on dise celui qui se contente est riche {9d, cf. 107).

Toutefois son livre n'est pas sans intérêt, tant s'en faut. Malgré des fautes de disposition^, il est clair et facile, avec sa répartition en trois livres : prononciation, étymologie, syntaxe. 11 est aussi assez complet, malgré des lacunes ' ; et par la variété des remarques qu'il présente, d'un véritable intérêt pour nous. L'auteur descend à des détails que Ton n'est guère habitué à voir observer à cette

1. Grammalica Gallica, in III lib. disiributa : ad Nicolaum à Buckwolden, et Franciscum Ranzouium, nobilcs Holsatos. Cum Aucloris Episiola ad Martium Baruîorium nobilcm Danum, de sua Grammalica, et prosodia GalUcana. Antuerpiœ, Ap. Lucam Bellerum, mdlxxvi (Bib. Maz., 20389).

En comparant la première édition, que je possède maintenant, à la seconde, je me suis aperçu, comme M Clément ,H. Kstiennc, 422-423) que les critiques adressées par H. Estienne à Gauchie et qui sont fondées sur la première édition n'ont plus de lieu, le texte ou les exemples blâmés ayant disparu dans la nouvelle.

2. Voir p. 67 : «« Quod superest, spero tyrones, aut etiam erudilos Gallos hic vel nihil, vel cerle pauca esse desideraturos. » Cf. p. 238 : « Ordincm autem, qucm tenui, nolo temerè a quolibet reprehendi, aut ab vUo indicta caussa damnari : scio enim quanto mihi labori fuerit nec existimo commodiorem viam facile tradi posse. • P. 140, il réfute Garnier ; p. 133, il semble condamner Hamus et triomphe d'être parvenu à établir un parallélisme complet des formes du possessif de la pluralité et du possessif de l'unité.

3. A partir de la page 96, par suite d'une erreur typojçraphique, les paires sont numérotées 77, 78, etc.. jusqu'à ce qu'on en revienne au chilTre 96. Je cite par 77 hU, 78 bis la seconde série de ces pa^^es en double.

4. « Cremir vsurpatur a rusticis, et iis quidem (jui suum sermonem Romanum nominant » (17 i). Cf. : « Quod moneo ne cum Burirundionibus et aliis Galliee populis erres : llli enim sic loquunlur : ^/ jViroi darcfcnl fii< heteroi d'habilz pro si /«fo» de Vargent »

5. Je ne parle même pas de nani pour non [p. 232), qu'on trouve encore dans les fçrammaires, mais il donne comme exemple, p. 101 : Jai beaucoup a delouiller. Il cite comme féminin normal, de loup loupe i'I bis^. P. 239 il écrit franc pour front.

6. On peut citer ctimme exemple le chapitre de la préposition, dont la syntaxe, quoique l'auteur y mêle celle des articles au, de, est réduite presque à rien, tout ayant été traité dans le chapitre correspondant de l'étymolo^fie.

7. La question des temps du passif, si nettement posée par Meigret, est complètement laissée dé côté. Il n y a non plus aucune syntaxe des modes.

EFFOBTS POUR CONSTITL ER IWE CRAMMArKE 157

époque. Quand Tellipse du pronom sujet est-elle tolérable ou non * ? De quelles prépositions les divers adjectifs veulent-ils être suivis ? Il démêle assez finement quand un verbe est ou n'est pas auxiliaire, et donne sur ce que nous appelons aujourd'hui des semi-auxiliaires rendre, devoir^ aller^ être^ construits avec des participes présents, des remarques peu banales. Malgré les taches que j ai signalées, il est assez rare que Gauchie se trompe sur le bon usage ^ ; il corrige même parfois heureusement ses prédécesseurs. Il y a plus; quoique très mauvais étymologiste ^, il témoigne d'une certaine connaissance de la langue antérieure * et cite, quelquefois, en parvenant à les expliquer, un certain nombre d'archaïsmes ^. Par un mérite contraire, il n'est point fermé aux nouveautés de son temps; il essaie par exemple de donner un classement normal de ces composés si chers à Du Bellay et k Ronsard, qu'il loue discrètement ailleurs^. Bref, la Grammaire de Gauchie mérite une place honorable en tête de cette série, où les Maupas et les Oudin trouveront plus tard leur place ; elle n'a ni portée philosophique ni valeur dogmatique; mais aux étrangers, pour qui elle est surtout faite, elle a pu rendre des services très appréciables.

H. EsTiENNE. — On s'étonnerait à bon droit de ne pas trouver dans cette courte revue de ceux qui se sont efforcés de réduire le français en art, le nom illustre de Henri Estienne. En fait, sa contribution est très importante, et on constituerait presque un traité avec les observations, les discussions, les théories qu'il a

1. P. 263 et suiv. Le cas le plus intéressant de ceux que Gauchie examine est celui de deux propositions coordonnées. Qu'elles soient unies par une particule conjonctive ou disjonctive, il admet que le pronom sujet ne soit exprimé qu'une fois.

2. Ainsi, mal|p:*é Ramus, il écarte le solécisme je ferons^ la forme ils aimareni (p. 160) ; il refuse de suivre le vulgaire, qui ne fait pas les accords de participes passés (145).

3. «ifon vel mont {a savoir mon) pro mout^ latine maxime, quanquam duci videtur ex Grœco p.èy, quod cerie et quidem signilicat » (232).

4. Il connaît les vieux infînitifs en ier (p. 164), la forme Vhom pour on (190), main pour le matin, preut pour premier (238), tenpres (241), il parle du datif « dissimulé >i si Dieu plaisl (p. 284).

5. Il devine ainsi après bien des tâtonnements d'où peut venir médias : « Conjectura est ex latiuorum médius fidius promanasse. Aut tam a Grœcorum ^à Bîa, unde et negranter dicimus : médius non, médius nani aut nanin et média na/it, etc. Quanquam fortasse haud absurde dixeris compositam vocem ex m^aist Dieu ; etenim dicere solemus ce m'aist Dieu pro ainsi m'aide Dieu, vel a ce m'aide Dieu •> (233-234).

6. P. 95 bis il distingue six catégories : !• les mots du type de désobéissance; 2* ceux du type de bienveillance ; 3» ceux du type de sauvegarde ; 4" les adjectifs qu^on rencontre chez les poètes, tels que doux amer, fière douce ; 5® les noms comme gardemaisony boutefeu ; 6» enfin les noms tels que embonpoint vapartout. On remarquera combien cette division est judicieuse. Cf. p. 205 sur les verbes composés avec e7i(re.

exposées un peu partout, mais surtout dans la Conformité du lancjage françois avec le ffrec, les Dialogues du nouueau langage françois italianizé, la Precellence, les Hypomneses de gallica linguaK Prononciation, orthographe, étymologie, vocabulaire, morphologie, syntaxe, il a touché à tout, et malgré la hâte avec laquelle il composait, il a marqué à plusieurs endroits la (inesse de son esprit et Té tendue de son savoir. On peut même dire que, si la passion d'hellénisme qui le hantait a égaré Tétymologiste, en revanche elle a quelquefois servi le grammairien, en appelant son attention sur des particularités de langue que personne jusque-là n'avait étudiées.

Plusieurs chapitres des Hypomneses^ celui qui concerne l'article (f . 185 et s.), celui qui est relatif à la place de ladjectif épithète et aux changements de signification qu'entraîne le déplacement d'un des termes (p. 15i), mais surtout celui où sont réunies douze observations sur l'usage et la syntaxe des pronoms, sont incontestablement les plus pénétrants qui aient été composés à cette époque sur la grammaire française.

11 est extrêmement regrettable qu'au lieu de réimprimer une version latine de la grammaire de son père, et de l'accompagner de ce recueil hétérogène d'observations de toutes sortes ^ qu'il a intitulées Hypomneses de lingua gallica^ Estienne n'ait pas jugé à propos de reprendre ce qui était épars dans ses livres'^, pour le

1. Traiclé de la conformité du langage françois avec le grec^ par Henri Estienne, sans lieu ni date [Paris, ,1565]. Réimpression [moderne par Léon Feugère. Paris, J. Delalain, 1853.

Deux Dialogues du nouueau langage François ilalianizéy sans nom d'auteur, lieu ni date [H. Estienne, Genève, 1578], pet. in-8. Réimpression moderne. Paris, Isidore Liseux, 1883.

Proiect du livre intitulé : De la precellence du [langage François^ par Henri Estienne. Paris, Mamert Pâtisson, 1579. Réimpressions modernes par Léon Feug^ère, Paris, J. Delalain, 1850, et Edmond Huguet, Paris, Armand Colin, 1896.

Hypomneses de Gallica lingua^ peregrinis eam disceniibus necessariss qaaedam vero ipsis etiam Gallis muUum profulurœ... Auctore Henr. Stephano : qui et Gallicam patris sui Grammaticcn adjunxit... mdlxxxu.

On trouvera dans la thèse de M. Louis Clément, Henri Estienne et son œuvre française^ Paris, Alph. Picard, 1898, deuxième partie : Henri Estienney grammairien français^ une étude très détaillée du travail grammatical de H. Estienne.

2. Le livre commence par un traité important mi de prononciation, mi de phonétique, p. 1-75. L'auteur étudie ensuite la quantité des syllabes, les lettres muettes, les syncopes et apocopes ; puis les règles de transformation des mots latins en français ; alors, après quelques pages sur les raisons qui empêchent de voir les dérivations des mots, il saute brusquement à la place de l'adjectif, rassemble toutes sortes de règles concernant les pronoms, ensuite l'article, examine quelques fautes qu'on fait à propos des verbes ; enfin il termine par la critique de plusieurs œuvres, dont il ne nomme pas les auteurs.

3. M. Livet a fait à peu près ce travail, en rapprochant les livres de Robert et d'H. Estienne (o. c, 335). Les index des éditions données par Feugère et Huguet de

coordonner, le compléter, et donner « à la langue de sa patrie » qu'il aimait tant et qu'il a si ardemment défendue, la grammaire qui lui manquait. Il se rendait compte de la nécessité de cette publication. Toutefois il a cru avoir fait assez en donnant cette re vision du livre de son père, dans une langue accessible à tous les lettrés, ou peut-être n'a-t-il pas eu le temps de faire mieux.

Considéré dans son ensemble, le travail grammatical du xvi" siècle est donc incomplet : il n'aboutit à aucune œuvre. Il y a plus : en synthétisant toutes les règles et les remarques disséminées chez tant d'auteurs, on ne ferait pas la grammaire entière de la langue; si nous ne la connaissions que par ses théoriciens, nous la connaîtrions mal sur certains points, nous ignorerions complètement ses usages [sur d'autres ; nous reconstruirions à peu près le détail des propositions, nous serions incapables de rebâtir des phrases. Enfin le résultat principal qu'on s'était promis de cet effort était manqué : la fantaisie individuelle continuait à troubler le langage, et l'époque de Du Bartas et de Du Monin n'était pas, sous ce rapport, mieux rangée à des lois que celle de Scève et de Ronsard.

Mais si l'on n'était pas au but, il est visible que, sans que les contemporains peut-être en aient eu conscience, on s'en était rapproché. On n'avait pas encore le sentiment d'une règle inviolable, dominant l'écrivain, mais on avait déjà le sentiment d'une règle, existant en dehors de lui, à laquelle il pouvait se dérober par moments, à laquelle en général il devait obéir. Sans s'être codifiée dans un livre, cette règle s'était déjà déterminée et précisée dans son ensemble ; la notion d'un bon usage, fondée sur l'usage des gens instruits de Paris, se dégageait. Des œuvres considérables, surtout celles des grands prosateurs, certains des ouvrages grammaticaux dont je viens de parler, l'influence d'une cour où le roi lui-même était grammairien, avaient marqué assez fortement la direction pour que les troubles de la fin du siècle ne pussent plus la changer, mais rendissent au contraire plus vif le désir d'y revenir, et l'arrivée à Paris des Gascons d'Henri IV ne pouvait plus que contrarier passagèrement ces tendances vers l'ordre. Les barbares étaient destinés à réformer leur langage, non à corrompre celui de leurs interlocuteurs.

la Precellence permettent d'y retrouver les observations grammaticales, fort peu nombreuses du reste. Il est regrettable que pareil index n'ait pas été fait pour la Conformité, qui en renferme beaucoup plus, ou, pour mieux dire, qui en est faite presque entièrement : (sur le genre neutre, 1,8; sur les cas, 33 ; sur l'emploi adverbial de l'adjectif, 85 ; sur la préposition, 98 ; sur les prétérits, 107, etc..,.).

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