Arlpoël., I" livre, p
nécessaire et le superflu, c'est-à-dire non seulement les mots qui manquent, mais des synonymes, la possibilité de marquer des nuances de sens, d'obtenir des variétés de consonance. Comme Estienne reprit cette doctrine jusque dans ses Hypomneses en 1382 *, il n'est pas étonnant d'en trouver l'idée essentielle reproduite par des disciples attardés jusqu'au seuil du xvii° siècle ~.
A voir pareille entente, on pourrait croire que le nombre des mots patois introduits dans les écrits du xvi® siècle a été très considérable. L'influence gasconne seule, jusqu'à ce jour, a été étudiée dans son ensemble : de cette première enquête, menée avec une grande conscience par M. Lanusse, il résulte que ce dialecte, quelque favorables que lui fussent les circonstances, répandu dans les armées et à la cour, n'a pas pénétré très avant. Ceux qui ont gasconisé véritablement sont la plupart du temps des grands seigneurs, des soldats, qui ne savaient pas parler ou écrire correctement.
Or les provincialismes ainsi échappés aux auteurs ne peuvent entrer dans le calcul qui nous occupe, mais seulement ceux qui ont été mêlés de parti pris aux phrases françaises ; et c'est un départ presque impossible à faire chez les écrivains qui n'ont pas de doctrine connue à ce sujet, très difficile encore chez les autres ^.
Un autre embarras se présente quand il s'agit d'établir des listes. U est bien évident qu'il faut en exclure des phrases tout entières, quelquefois des passages complets, que des conteurs comme Rabelais et Des Periers mettent en patois pour laisser à leur récit la saveur que lui donne le « courtisan du pays ». En français, les gasconnades de Gratianauld, « natif de Saint-Sever ^ », la conversation de la bonne femme du Mans avec le cardinal de Luxembourg ^, les réponses des picquebœufs poitevins ®, la lettre au filz Micha ', Tébahissement des paysans rouergats devant leur faux