II. — MOTS archaïques
Horace avait dit : Multa renasceniur quse jam cecidcre Tout le
monde a vu par la Deffence^ que la Pléiade a fait son profit de cet adage. A la fin du chapitre vi de la seconde partie, capital pour les questions de vocabulaire qui nous occupent, Du Bellay renvoie aux vieux Romans et Poètes francoys « ou tu trouverras un aiourner (faire jour), anuyter (faire nuyt), assener (frapper), isnel (léger) et mil autres bons motz que nous auons perduzpar nostre négligence». Il faut les enchâsser ainsi qu'une pierre précieuse et rare et ne point douter que « le modéré usaige de telz vocables » ne donne « grande maiesté tant au vers comme a la prose : ainsi que font les reliques des sainctz aux croix, et autres sacrez ioyaux dédiez aux temples ^ » .
Ronsard pensait de même, et a engagé à son tour ses disciples à « ne se faire conscience d'en vser ^ ».
Mais, outre que l'idée première appartient à Horace, Ronsard ici encore avait été devancé. Geolfroy Tory avait extrait des vieux livres de « son bon frère » René Massé, toute une liste de termes