‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 94 sur 248 · Voir à la suite du Dictionnaire des rimes de · texte numérisé non relu

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6. Deimier, Acad. de Vart poétique, 132. Cf. Balzac, II, 702. Un des ridicules de son Barbon est de croire que Tcnthousiasme de la poésie française a cessé depuis qu'on ne dit plus : 2a terre porte-moisson, le ciel porte- flambeaux. Cf. à ce sigel Meunier, Composés qui contiennent un verbe à un mode personnel en latin, en français, en italien et en espagnol, Paii<*, 1875. On y trouvera des listes très complètes. Ajoutez Clément, H. Est., 375-376.

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dois cependant signaler en passant le développement considérable de mots excentriques qu'on remarque au xvi° siècle. Rabelais n'a pas inventé ces sortes de jeux, puisque ayant le Pantagruel^ Tory se plaint avec vivacité des « plaisanteurs » dont les calembours déchiquètent le langage, autant que Targot des jargonneurs le corrompt * . Mais les exemples si nombreux où sa gaieté contorsionne les mots ont séduit tous ceux qui, après lui, ont cultivé un genre analogue au sien. Ses ieu n est-ce, et ses ianspilV hommes ont été imités par d'autres rieurs. De même ses desincornifistibuler et emburelucocffuer. Le danger n'était point grand : esperruquancluzelubelouzerileluy mord eregrippipictabirof relue hamhurelurccoquelurintimpanement et leurs semblables avaient peu de chance d'entrer dans le lexique courant.

Il en est tout autrement des composés anomaux faits par redoublement de la première syllabe. On les croit généralement propres k Du Bartas. En fait, cette idée de répéter l'initiale « pour augmenter la signification, ou représenter plus au vif la chose » n'est pas de lui, il l'a prise aux maîtres de la Pléiade ; ba-battre est dans l'ode de Ronsard à Michel de l'Hospital ; fto-ftotter se lit ailleurs dans son œuvre (II, 429, M.-L.). Cet usage barbare, malgré d'illustres parrains, ne s'est néanmoins pas répandu.

1. Champfleury, Avis au lecteur. Les mots de circonstance abondent : le curé s'en \a minuylerÇSic. de ïr.. Par., 14): les missotiers fCalv., liv. IV, ch. 18, sect. 4); bestial et non pas forlial (Gello, Circé. 179), etc. Henri Ëstienne en fournit à lui seul une bonne moisson dans VApologie. La plupart disparurent avec les luttes religrieuses. Il serait du reste intéressant de recueillir les éléments de cette satire verbale dans les polémistes.

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