‹ Histoire de la langue musicale (volume 2)Chapitre 29 sur 39 · LES ÉCHELLES : LES MODES NOUVEAUX · texte numérisé non relu

LES ÉCHELLES : LES MODES NOUVEAUX

qu'elle dut son installation dans la famille modale à une manœuvre frauduleuse : on a vu comment le mode de LA était devenu, pour raisons graphiques (20G) (207), le mode de ré avec si ). La substitution de celui-ci à celuilà était d'autant plus aisée que la quinte modale la-sol-fa rni-RK est semblable à la quinte mi-ré-ut-si-LK : les demitons y occupent respectivement mêmes places. Mais il arriva qu'on prit bientôt le ré pour une fondamentale autonome et que les mélodistes négligèrent, dans lescantilènes du « premier mode », d'employer le si t> issu de la transposition. Ou bien encore ils ge servirent du si sous ses deux formes, introduisant ainsi dans leurs compositions une sorte de modulation par les Conjointes. Enfin on finit par croire que le mode de ré avait ceci

Fig. 3ï«>.

pour échelle type, et ce fut la première éta|>e vers la construction du Mineur Moderne.

A la môme époque la quinte vr-sol se glissait aussi dans l'usage. Gela lui était facile : elle est semblable à la quinte soL-ré. La difficulté était de compléter réchello ayant ut pour fondamentale :

Figr- 540.

car cette quinte modale, pareille à la phrygienne, appelait, conformément à la tradition, un si^. Comment le si naturel put-il triompher ?

11 a été dit que durant le Moyen Age, c'est le mode du SOL, l'Iasti antique, qui a fourni le plus d'Antiennes à l'Office [p. 189] : la quinte modale avec tierce majeure incluse, a donc été la plus usitée. Elle comprenait implicitement et, sous forme mélodique, explicitement, lac-

cord parfait majeur*

Fi». 341.

MOYKN A(;K 11

D'autre part, les premiers essais polyphonique» fournissaient des types d'accords inc(Mii|)tets dans lesquels la tierce majeure naturelle était évoquée et confusément perçue (335). On prit goût à placer sur la teneur du a sej)tième mode », c'est-ù-dire sur le son répercuté dans la psalmodie, ici le ré^ — dominante du ton qui aurait .so/ pour toni(jue — , un accord mélodique analogue à celui (juc la fondanïcntale sollicitait (3.^4 1) :

Kig. J4'.

H en résulta une échelle nouvelle

Fig. 343.

qu'il était plus simple d'écrire :

Fig. 344.

et qui, mélodifjiiement^ pouvait être fournie par les quintes pythagoriciennes. Car il ne faut pas oublier qu'avant d'être un mode essentiellement harmonique — au sens moderne du mot, — l'échelle d'ur fut tirée d'un mécanisme analogue à celui qui avait procuré l'échelle de mi aux Anciens (21 5) (216) :

On chanta :

Fig. 345.

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*■ Sous réserve que la tierce incluse tende à devenir c naturelle i).

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