X PRÉFACE
la considèrent comme une utopie. C'est là un préjugé qui ne résiste pas à la réflexion. Nest-il pas évident, en effet, que si les nations civilisées voulaient et pouvaient s'entendre pour adopter dans les relations internationales la langue de Tune d'elles, on aurait une langue internationale possible et praticable, qui offrirait à tout le moins cet avantage, d'être la seule langue étrangère indispensable, et de dispenser d'apprendre les autres? A défaut de cette solution simpliste, mais non équitable, que la rivalité d'intérêt et d'amour-propre des diverses, nations rend chimérique et exclut a prion^ elles pourraient adopter d'un commun accord une langue morte pour servir d'idiome auxiliaire neutre. Les savants regrettent souvent le temps où le latin était la langue scientifique unique, et ils sont ainsi amenés à rêver la résurrection du latin comme langue internationale. C'est encore là une solution possible, sinon peut-être la plus pratique. Enfin on conçoit qu'on puisse construire pour cet usage une langue artificielle, plus ou moins analogue à nos langues « naturelles », et qui serait même, comme l'a affirmé Max Mlelleh ', « plus parfaite, plus régulière et plus facile à apprendre » qu'aucune d'elles. Ceux à qui cette dernière idée paraît chimérique sont simplement mal informés, et la lecture du présent ouvrage suffira, nous l'espérons, à les détromper. Quoi qu'il en soit, on n'a véritablement que l'embarras du choix entre diverses solutions plus ou moins simples et pratiques, mais toutes possibles, pour peu qu'on le veuille et qu'on se mette d'accord sur l'une d'elles. Il nest donc plus permis de douter de la possibilité théorique de la langue internationale; il suffit qu'on puisse concevoir une langue auxiliaire commune et unique, qui ne soit pas plus difficile à apprendre et à pratiquer que l'une quelconque des langues vivantes, et qui soit capable de servir aux mêmes usages. L'adoption d'une telle langue ne sera plus qu'une affaire d'entente internationale et de bonne volonté, n ny a qu'un point sur lequel on puisse encore garder
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