Joseph DE Maimieux, Pasigraphie, p. 41, note
2. Peut-être faudrait-il y joindre le taal, déformation du hollandais, qui est parlé dans l'Afrique du Sud, môme par les Anglais, quand ils veulent se faire comprendre des indigènes.
3. Article du Daily Telegraph du 6 novembre 1900. Naturellement, le rédacteur anglais tire de là cette conclusion, que c'est l'anglais qui est la langue prépondérante en Exlrôme-Orient. Il nous semble que l'existence du pidgin-english (comme celle du taal) est plutôt une preuve de la non-universalité de la langue anglaise, attendu que ce jargon n'est même pas de l'anglais corrompu, et n'a que les éléments de commun avec la langue de Shakespeare (et encore pas tous : il contient aussi de nombreux éléments portugais et chinois, d'après le môme article).
CRITIQUE GÉiNÉRALE 237
lègo (les langues les plus savantes et les plus civilisées, il est caracténsli<iue d'un état desprit plutôt barbare ou enfantin. En tout cas, il est tout ce qu'il y a de moins pratique, car il produit des expressions extrêmement longues et compli(iu(''es, surfout par opposition aux vocal)les concis et presque monosyllabiques des langues européennes, et notamment de l'anglais. Cette simple comparaison suffit à montrer que les langues artificielles qui prétendent construire tous leurs mots par composition autonome ne sont pas progressives, mais réellement rétrogrades. Elle (ondamne le système de formation des mots du Volapûk cl des projets analogues '.
I. tl faut reinaniuer quo,sur ce point, fa Langue bleue se sépare des autres
[H'ojols, el inèine s'y oppose. "
FAIGUET-: LANGUE NOUVELLE*
La première idée d'une langue a posteriori se trouve dans la fameuse Encyclopédie du xviii* siècle. Ce projet n'est guère qu'une esquisse de graniniairo régulière et simplifiée. L'autour dit luimême : « Mon dessein n'est pas au reste de former un langage universel à l'usage de plusieurs nations. Cette entreprise ne peut convenir qu'aux académies savantes que nous avons en Europe, supposé encore qu'elles travaillassent de concert et sous les auspices des puissances. »
Il n'y a pas iVarlicle, ni aucune distinction de genre. Les adjectifs seront invariai dos : ce sont des « espèces d'adverbes »,
Les substantifs formeront leur pluriel en -s. Leure cas sont remplacés par des prépositions. Les substantifs dérivés des verbes se forment au moyen du suffixe -ou idonou = donation) ; les augmentatifs au moyen de -lé, les diminutifs au moyen de -li.
Les pronoms personnel sont : jo, to, lo : no, vo, zo.
Les verbes sont invariables en personne et en nombre. Leurs temps et modes sont caractérisés par les terminaisons suivantes :
1. Encyclopédie de Diderot et u'Alcmbert, t. IX, article : Langue nouvelle, par M. Faiouet, trésorier de France (1765),
Infinitif présent :
-as.
— passé :
-is.
— futur :
-os.
Participe présent :
-ont
Indicatif présent :
— imparfait :
— parfait :
— plus-que-parfait :
— futur :
Le subjonctif ne forme en ajoutant -r à l'indicatif. L'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif servent de conditionnels présent et passé.
L'impéra^i/ emprunte sa 2« personne singulier à l'indicatif présent (sans pronom) ; les autres personnes au subjonctif présent (avec pronom).
Le passif se forme au moyen du vei'be être (sas), suivi de l'indicatif présent.
L'interrogation s'indique en plaçant le sujet après le verbe.
La numération est prescjue entièrement a priori. Les 10 premiers nombres sont : ba, co, de, ga, ji, lu, ma, ni, pa, vu; puis : vuba, vuco : covu = 20; sinta = 100: mila = 1000.
Nous n'avons cité ce projet ancien que parce qu'il contient quelques indications intéressantes sur ce que peut et doit être une grammaire réduite au maximum de simplicité, et que certains détails se retrouvent chez des auteurs modernes qui ne connaissaient probablement pas ce précurseur '.
1. Les terminaisons verbales -as, -is, -os, -ont se retrouvent en Espéranto.
J. SCHIFFER : COMMUNICATIONSSPRACHE '
Lo pivinior projet complot de langue a posteriori est, à notre <«)nnaissanco, celui de Sciiipfer. L'auteur lui a donné pour base le vocabulaire français, * parce que la langue Irangaise est la plus connue, la plus répandue de tous côtés, et la |)lus usitée Miissi bien comme langue de cour que comme langue de conver- ■-ation dans la vie de la haute bourgeoisie », au point qu'il la regarde comme étant « déjà dans une certaine mesure luu^ langue universelle ». Mais alors, sobje(;te-t-il, pourquoi « estrojiier les mots de la belle langue française »? Pour la rendre plus facile à iipprtMidre, et plus régulière dans sa grammaire, dans son orlliograplicet dans sa prononciation. Pour apprendre sa langue artificielle, il n'est nullement nécessaire de savoir le français: tout au plus est-il utile d'en connaître les éléments. L'auteur proteste éuergiquement contre l'intention de remi)laeer les lan- Lîues e.xistanles par sa t langue universelle » : celle idée serait d'un fou. Il veut seulement foiu'uir aux difTérents jteuples un moyen de communication, ((ui sera i)articulièrement utile mainlenant que « la nouvelle manière de voyager » (chemins de fer l't bateaux à vapeur) amène à parcourir en peu de leiups des pays de langues dilTérentes. Cette langue facilitera en outre l'échange des idées et la diffusion des sciences, et mettra l'esprit luuuain tout entier à la portée d'un chacun: enfin elle supprimera les l)arrières que la diversité des langues élève eutre les peuples, et fera d'eux, en quelque nu^sure, une seide nation.
I. Versuch ehier Grammatik filr eine allgemeine Communiculions-oder Wellsprtiche. xix -f lOô p. 12". (Wicsbadon, 1839). L'niitour, mntlrp d'écolo a Niedrrwnlliif (sur le Rhin), a ooncu co projet ayant près de 80 ans. Il aiinonco la publication d'un Dictionnaire et d'une Clireslonuilliio.
CouTURAT et Leau. — I^nguo univ. 10
L"auteur présente d'ailleurs son projet sous les formes les plus modestes; ce n'est qu'un « embryon ». mais toutes les inventions ont commencé par un état rudimentaire, y compris celle de Gutenberg. Aussi invitc-t-il les savants de tous les pays à adopter son projet, à le développer et à le perfectionner.
Tous les mots delà langue sont empruntés au français, excepté les pronoms et les noms de nombre.
L'auteur commence par énoncer de nombreuses et minutieuses règles pour écrire phonétique ment les mots français. Voici quelques échantillons de son orttiographe : iasilman, facilement: rena, reine: geanra, genre: penja, peigne: galita, qualité: roa, roi: batailja. bataille: ua, août: bôtea, beauté: masona, nm(;on: sesi, ceci: filosofia; cretiena. Il adopte l'alphabet français, non compris k, et y compris rv (u se prononce ou). Il y ajoute les voyelles infléchies à, ô, u de l'allemand : pàa, paix; cùriô, curieux.
II n'y a pas d'article, défini, ni indéfini. Un ne se traduit que quand il signifie le nombre un.
Les substantifs se terminent tous par -a au nominatif-vocatif. On les décline en remplaçant cet -a par -e (génitif), -i (datif), -o (accusatif), et -u (ablatif) '. Le pluriel se forme en ajoutant un -s à la désinence de chaque cas.
Les adjectifs (transcrits du français suivant les règles générales) sont invariables en genre, en nombre et en cas. Les degrés de comparaison se forment, pour ceux terminés par une consonne, au moyen des suffixes -ior (comparatif) et -iost (superlatif): pour ceux terminés par une voyelle, au moyen des mots mor (plus) et most [le plus) placés devant. Ce dernier système prévaut toutes les fois que le premier viole l'euphonie -.
Les noms de nombre se terminent tous par -a, comme les substantifs, et sont invariables : Una, dua, tria, quatra, quina, sesta, setta, otta. nona. dia: undia. duadia, tredia, quaterdia,...; venti: venti una,... tranti : tranti una,...: quaranti, quinti, sesti, setti, octi, nonti, senti: duasenti,.... nonasenti: mille: diamille,...
Les nombres ordinaux dérivent des précédents au moyen du suffixe -nia. Ils se déclinent comme les substantifs.
Les adverbes ordinaux se forment en ajoutant aux noms de