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De même, coup de pied se dit kik et fotolb, etc

2. Le dictionnaire Bolak contient 103 mots commentant par fk (fkab, fkabs, fkaf,...), 164 par fn, 122 par ft, 133 par ml, 144 par mr, 184 par tl, etc. Un grand nombre de mots se terminent aussi par des consonnes doubles aussi peu agréables à prononcer ; -pv, -tv, etc.

3. « Si quelques consonnes doubles initiales... semblent trop dures à émettre, on peut, sans inconvénient, les faire précéder d'un e ». (Lib. 4, p. 9). L'auteur oublie que parla même les mots seront « marguerites ».

maiulc-t-il pruclemmcnt de faire des phrases courtes. Mais en imposant h sa langue toutes ces entraves, il l'exclut de l'usage scientifique et la confine dans les usages les plus modestes et les plus vulgaires.

En résumé, l'auteur de la Langue bleue a voulu créer une langue, non pas philosophique ni scientifique, mais pratique; en fait, il a créé une langue aussi arbitraire et aussi difficile qu'une langue pliilosoi)hique, et aussi peu pratique que possilile. 11 n'a pas voulu faire appel à l'intelligence des adeptes, mais seulement à leur mémoire; mais il leur demande un tel travail de mémoire que i»ersonne ne pourrait jamais apprendre son vocabulaire. En subordonnant le vocabulaire à la grammaire, et en soumettant celle-ci à une foule de règles arbitraires et restrictives, il s'est privé comme à plaisir de tous les éléments qui peuvent rendre une L. I. facile à acquérir et agréable à parler; il s'est condamné à exclure ou à défigurer les radicaux internationaux. 11 a tout sacrifié à la concision, sous prétexte d'obéir à la loi du moindre effort: il a ainsi- obtenu des séries de monosyllabes rébarbatifs et indiscernables bien plus difficiles à retenir et à prononcer que les mots internationaux, et qui imposeraient à la fois à la mémoire et à l'intelligence de ses adeptes des efforts surhumains. Tous ces vices constitutionnels et rédhibiloires du Bolak viennent d'une seule cause : une méthode trop a priori.

Il semble, au premier abord, que les langues que nous avons réunies dans la classe des systèmes mixtes n'aient entre elles rien de commun, si ce n'est ce double caractère négatif, de n'être ni des langues a priori, ni des langues a posteriori. Mais, à un examen plus attentif, on constate qu'elles ont toutes une analogie réelle, et forment une famille naturelle. Elles ont à la fois certains caractères des langues a priori et certains des langues a posteriori, et par là elles méritent l'épithète de mixtes. Comme les systèmes a priori, elles emploient la méthode combinatoire pour former les mots dérivés ou composés; mais elles ne fondent pas comme elles leur vocabulaire sur une classification logique de toutes les idées. Comme les langues a posteriori, elles empruntent leurs racines aux langues naturelles; mais elles les dénaturent pour les soumettre à certaines règles systématiques, et ne se soucient nullement de leur degré d'internationalité. Dans la grammaire aussi règne la Combinatoire : les flexions sont en général constituées par la gamme des voyelles, dont le retour monotone et incessant engendre l'uniformité et la confusion. En conséquence, ces langues n'ont ni l'avantage théorique (problématique) des langues philosophiques, qui sont (ou prétendent être) un calque fidèle de la pensée et l'expression des relations logiques des idées; ni l'avantage pratique (réel et immense) des langues a posteriori, dont les mots sont déjà connus, au moins en partie, de tout Européen un peu instruit, et qui, par suite, n'offrent pas la difficulté d'une langue toute nouvelle. En effet, ces systèmes ne visent en aucune façon à V internationalité; plusieurs d'entre eux visent à la neutralité absolue, mais, pour ne favoriser aucun peuple, ils se montrent également difficiles et rébarbatifs pour tous. Aussi sont-ils plutôt extra-nationaux qu'internationaux, et certains d'entre eux s'en vantent. Nous

aurons h discuter plus loin les oljjdctions cju il> lont aux systiMiies vrainuMit inlernaUonaux. Hornous-nous ici à remarquer, qu'ils parlent des « mots internationaux » comme le renard de la fable parle des raisins : « ils sont trop verts », c'est-à-din.' qu'ils ne peuvent pas entrer dans les € moules » rigides et uniformes qu'ils construisent n priori et dans lesquels ils prétendent « couler » tous les mots. Cela vient de ce que la plupart de ces projets subordonnent le vocabulaire à la grammaire: comme ils composent celle-ci de décrets arl)itraires, ils se lient les mains «l'avance, et soumettent leur vocabulaire à une foule de conditions gênantes et de restrictions gratuites : et ils s'en prennent ;ui\ mots internationaux de ce qu'ils refusent d'entrer dans les "•adros imposés par leurs caprices tyranniques'.

Le mot qui caractérise le mieux ces systèmes bâtards et inconséquents, et qui résume tous leurs défauts, est celui qui revient sans cesse dans toutes nos critiques : c'est ïarbilraire : arbitraire dans le clioix des racines, arbitraire dans la formation des mots, arluliaire dans les règles grammaticales, arbitraire dans le choix des flexions et des affixes de dérivation. Leurs auteurs se sont imaginés qu'ils pouvaient et devaient forger une langue de toutes pièces, sans consulter autre chose que leur goût ou leur fantaisie, et sans s'astreindre à d'autres règles que celle d'une symétrie superficielle et puérile. Ils se sont flattés que le monde (Miropéen s'enq)resserait d'adopter une langue dont le vocabulaire et la grammaire lui seraient également éiraïujers. Mais, < omme chacun de ces projets était le produit d'une création individuelle et arbitraire, leur multiplicité même et leur diversité ont n'])nté le pul)lic. Kt, en elïet, ils ne i)résentent -h aucun degré la convergence et le progrès que nous aurons à constater parmi les langues a posteriori.

Enlin. il y aurait bien des réserves à faire sur les prétentions « scientifiques » de la plui')art de ces systèmes. Ils se vantent d'être des langues très savantes et très modernes, conformes aux données de la philologie, à l'évolution des langues, etc. Ils --r flattent aussi d'une richesse et d'une variété inépuisables, parce. qu'ils peuvent former une infinité de mots par la juxtaposition

1. Qu'on puisso, notnmniont, établir une dislinrtion formelle entre les parties du «liseours nutrennuil (ju^cn leur inii)Osant des conditions de longueur ou do forme qui dollpurent les racines, c'est ce que prouve re.\emple de VEsperanto.

de racines monosyllabiques. On peut réduire ces prétentions et ces avantages à leur juste valeur, mieux que par de longues et savantes dissertations, en comparant simplement ces projets à certaines langues barbares. Par exemple, il paraît que les Iroquois, qui ne connaissaient pas le vin avant la venue des Européens, le nommèrent d'un mot qui signifie : boisson faite avec le jus du raisin, et qui contient 27 lettres et M syllabes ^ C'est le prototype des mots composés ai</o/iomes du Volapûk. Un exemple plus frappant est fourni pav le pidgin-english. On sait (et il convient de rappeler ici ces faits) qu'il s'est formé spontanément des langues auxiliaires, artificielles et composites, dans certains pays (surtout maritimes) où plusieurs langues se trouvent en concurrence; la nécessité de s'entendre, entre gens de langues maternelles différentes, adonné naissance à ces jargons mélangés d'éléments empruntés à divers idiomes : le plus connu est le sabir ou la lingua franca, parlée depuis plusieurs siècles dans les ports de la Méditerranée orientale. Mais ce n'est pas le seul; on cite encore le pidgin-english, qui est parlé dans les ports des mers de Chine ; le chinook, qui est employé sur la côte américaine du Pacifique; le benguela, qui sert au Congo d'intermédiaire entre une foule de tribus de langues différentes, etc. ^ Le pidgin-english est une langue qui emprunte la plupart de ses éléments à l'anglais, mais qui les combine, semble-t-il, suivant le procédé des langues monosyllabiques comme le chinois. C'est ainsi que les bateaux à vapeur, suivant cju'ils sont à roues ou à hélice, sont appelés respectivement : « avance par l'extérieur on peut voir » (outside-ivalkee-can-see) et « avance par l'intérieur on ne peut pas voir » {inside-walkee-no-can-see) ^. Ce procédé de composition est tout à fait semblable (à la naïveté près) à celui qu'emploient le Volapûk et ses congénères ; et l'on voit que, loin d'être le privi-

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