L. DE RUDELLE : PANTOS-DIMOU-GLOSSA
Tous les adverbes, primitils ou dérivas, finissent en -ô. Citons en quelques-uns : ito, oui; no, non; ko, on; kyndo, quand; kanto. combien; komodô, conimenl; kyro. pourquoi; orô, maintenant; nynkà, jamais; solô. seulement; satizo, assez; nimio, trop; spo. souvent; ià, dedans; eksô, dehors; syprô, dessus; sybo, dessous.
Toutes les prépositions se terminent en -i. Voici les principales (outre di, zi et fi) : ji, dans; eksi. hors de; sypri. sur; sybi, sous; anti, avant; posti, après; ki, avec; sini, sans; pi, par: pri, pour; obi, à cause de; fri, de la part de; lokdi, au lieu de.
Toutes les conjonctions se terminent en -y. Voici les j)rincipales : y, et; vely, ou; ny, ni; sedy, mais; atky, or; ergy, (/o/ic; kipy. car, parce que; ejy, si (conditionnel); ejazy, si (dubitatif); ky, que. pour que; yty, afin de; nyky, de peur que; kiy, pourquoi.
La synta.re est réduite au minimum. L'adjectif se place après le substantif, quand il exprime une qualité naturelle et permanente; avant, quand il exprime une qualité passagère ou contestable, ou quand il est pris au figuré [un homme grand, un grand homme).
Les prépositions régissent toutes l'accusatif.
Le subjonctif est réservé aux cas où la pensée implique le doute ou l'incertitude.
L'ordre des mots, dans la phrase, est entièrement facultatif, comme en latin, la grammaire permettant toutes les inversions.
Pour éviter les hiatus, on peut ajouter un d eu|)honique h la lin des mots finissant par une voyelle. Cette addition est (»bligatoire avec les monosyllabes, et avec les polysyllabes dont la finale est semblable h l'initiale du mot suivant.
VOCABL'LAIRE.
Le vocabulaire (autant qu'on en peut juger par le glossaire de 4 pages que contient la Grammaire) est emprunté au latin, au grec et aux langues romanes. Ex. : substantifs : ako =:eau: doloro = douleur; eksito = sortie; kalitato = qualité; lakrimo = larme; maro = mer; naturo = nature: palpebro = paupière; rejo = roi; verano = printemps; adjectifs : bonez := bon: eternez = éternel; iioritez ^= Jleuri: infortynatez = malheureu.T: pylchrez ■= beau: verl)es : ser = cire; aver = avoir; dicer = dire; facer = Jnire:
evanecer = disparaître; irigar = arroser; mirar ^= regarder; oder =^ oser: poter = pouvoir; seghir =: suivre; trovar =: trouver; verter = tourner; vider = voir.
Pour la dérivation, l'auteur donne de brèves indications. Pour dériver un substantif d'un verbe, on ajoute au radical (infinitif) le suffixe -de. -da, -do (suivant le genre). Ex. : parlarde = parleur.
Pour dériver un adjectif d'un substantif, on emploie les suffixes -dez (daz. -doz) et -pez (paz. -poz> suivant la relation à exprimer. Ex : marmorodez = de marbre ; vaporopez = à vapeur.
Pour dériver un verbe d'un substantif, on emploie les suffixes -facer {changer en), -fikar {faire), -zir {entrer), -star [être), -fyjir {sortir, s'éloigner). Ex. : niàitacer. foire son nid de...; nidifikar, construire un nid; nidizir, entrer ou nid: nidistar. se tenir dans le nid; nidifyjir, sor//r (/« nid.
De tout adjectif neutre on peut former un adverbe en y ajoutant la désinence -ô.
Voici, comme échantillon de la Pantos-dîmou-glossn, la traduction de la première phrase du Télémoque :
Potére-nô konsolar-dzam Kalipsoa dol eksito did Ylise.
Il nous a paru intéressant d'exposer avec quelque détail ce projet ancien et peu connu, parce qu'il est vraiment remarquable, eu égard à sa date, et quil peut soutenir la comparaison avec bon nombre de projets postérieurs, où l'on retrouve souvent les mêmes idées et parfois les mômes formes. Les principes théoriques en sont presque irréprochables, la grammaire est presque entièrement régulière (sauf dans la numération) ; mais elle est plus compliquée qu'il n'est nécessaire : par exemple, on pourrait supprimer sans inconvénient la distinction formelle des genres. C'est surtout dans l'application qu'elle pèche : en particulier, le choix des flexions grammaticales est trop arbitraire, ce qui donne à la langue un aspect un peu baroque. Mais la conjugaison, quoique synthétique, n'est pas plus artificielle que celle du Volapiik, qui n'a guère fait que changer en i)réfixes les voyelles qui servent de suffixes temporels. (Le fait de n'employer dans la conjugaison que des suffixes, et pas de préfixes.