‹ Histoire de la langue universelleChapitre 16 sur 296 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

passer, du moment que cette entente serait réalisée d'un*' manière effective et pratique.

Par quel moyen pourra-t-on réaliser celte entente? Certaines personnes ont émis l'idée d'un Congrès international. Mais cette idée doit être écartée. Dabord, il est matériellement impossible de réunir en un même lieu tous les intéressés, qui .se comptent non par milliers, mais par millions. Ensuite, ces réunions forcément éphémères n'ont pas le temps de dis cuter des questions aussi délicates et aussi complexes, et sont toujours obligées de s'en remettre à des Commissions spéciales ' ; enfin, l'immense majorité des intéressés n'ont pas l.t compétence nécessaire pour étudier et résoudre une «juestioii qui est en grande partie du ressort de la philologie, et ils seraient sans doute les premiers à décliner une telle responsabilité. L'exemple des électriciens et des chimistes ne peut i<i qu'égarer par une fausse analogie. Dans l'un et l'autre cas, ht science même qui posait le problème fournissait tous lc< éléments de la solution. Le cas de la langue internationale est plutôt analogue à celui des moyens de communication : or, fort heureusement, on n'a pas besoin de connaître hi théorie des machines à vapeur pour prendre le chemin de fer, ou la théorie du téléphone pour employer cet instrument. Sans doute, le public doit être consulté sur l'utilité de telle ou telle ligne de chemin de fer; mais, une fois connues les principales localités à desservir, c'est aux ingénieurs qu'il appartient de trouver le meilleur tracé possible et de choisi ile mode de traction. De même, c'est à l'opinion publique de proclamer l'utilité d'une langue internationale et de définir les divers besoins auxquels elle devra satisfaire : et ce sent ensuite l'affaire des philologues de trouver l'idiome qui répondra le mieux aux vœux du public.

Pour émettre ces vœux, tout le monde est compétent, nous entendons par là tous ceux qui ont ou peuvent avoir affaire avec l'étranger; mais c'est surtout aux Sociétés professionnelles de tout genre qu'il appartient de formuler de tels vœux, 1. Voir. p. XXII, note 2, les détails relatifs au Congrès international de

Page 1