LAUDA : KOSMOS
L'auteur de ce projet ne se donne pas comme inventeur d'une langue universelle; selon lui, une telle langue ne doit pas ôlre inventée; elle ne doit pas «Mre une création arbitraire, mais une (ruvrc de science reposant sur un fondement international objectif, qui est l'histoire des langues. C'est pourquoi, tout en rendant justice au < mérite impérissable > de Mgr Schleyer» qui « a prouvé prntiquenitMif la possibilité d'une langue artilîcielle », il ne peut voir dans le l o/rtpjï/c qu'une œuvre de fantaisie individuelle, et non la langue universelle idéale et < objective >. Les principes do la langue internationale sont : i° la conservation des prin(i|)ales données historiques ; 2» l'unité du système grammatical. Pour s'y conformer, l'auteur emploiera une double niélhode de comparaison et de combinaison. La comparaison des (livtM'sos langues (indo-européennes) révélera les données historiques et objectives qui en sont les éléments communs el qui doivent former le fonds de la langue universelle, et la combinaison de CCS éléments suivant des régies simples assurera l'unité absolue du système grammatical. Pour ce qui est du vocabulaire en particulier, on ne doit ni forger les mots de toutes pièces, ni les prendre au hasard dans les diverses langues. (L'auteur condamne les langues composites à cause de nombreux inconvénients, qu'il s'abstient d'énumérer.) 11 veut emprunter tous les mots A une seule langue, qui ne peut évidemment être une lantrii(> vivante (il écarte en passant les projets de refonte de telle ou telle langue vivante, qui ne réussissent qu'à la défigurer «ians
l. I. Ihtrf Volapiik die Wellspi'ache u'er<len:' II. Kosmos oder neueste LIhuntj des Wellspracheproblems auf internalionalem und sprachhistO' rischem lioden, von Eugen A. I>auo.\. 02 p. 8» (Berlin, Paul Henni;, 1888).
la rendre internationale et neutre). Cette langue ne peut donc être que le latin, pour des raisons historiques, littéraires et scientifiques aisées à deviner. D'une part, le latin est langue morte, donc neutre; d'autre part, il est la souche commune de plusieurs langues vivantes; enfin, comme il a été langue savante, il a fourni les termes scientifiques et techniques aux langues modernes. Les gens cultivés, qui ont étudié le latin, sauront donc d'avance la langue universelle; et ceux qui ne savent pas le latin apprendront, par la langae universelle, une foule de mots communs à toutes les langues civilisées.
Grammaire.
L'alphabet est l'alphabet latin, avec une prononciation régularisée. Il comprend 6 voyelles : a, e, i, O, u {ou), y; et 17 consonnes : b, c (toujours k), d, f, g (toujours dur), h, 1, m, n, p, q, r, s (toujours dur), t (jamais s), v, x, z. Aux voyelles on doit ajouter les voyelles infléchies à, 6, ù, qui ne figurent que dans le subjonctif des verbes (voir plus bas). Dans les diphtongues ae, oe, ai, ei, au. eu, ui, les deux voyelles se prononcent séparément. La lettre q est toujours suivie de u, et l'ensemble se prononce kv.
L'accent n'est jamais sur la dernière syllabe (saut dans les monosyllabes); il est toujours sur la pénultième ou l'antépénultième, suivant que la pénultième est longue ou brève (comme en latin).
L'auteur trouve que l'article, tant défini qu'indéfini, est inutile, et il invoque comme preuve l'exemple du latin et du russe. 11 admet toutefois un article, mais dont le rôle, purement grammatical, consiste à marquer les cas, et qui n'a pas plus le sens défini que le sens indéfini. Cet article est ' :
Singulier.
Pluriel.
ta
tas.
tio
tios.
te
tes.
tan
tans.
Comme on le voit, -s est le signe du pluriel. 1. Cf. la Pasilingua de Steineb.