XXII PRÉFACE
choisies autant que possible dans toutes les nations, et prises au besoin en dehors de la Délégation. Il sera donc le représentant, au second degré, de l'ensemble des intéressés, et, de même qu'il aura toute Tautorité nécessaire pour être leur interprète auprès des Académies, il aura toute Tautorilé nécessaire pour prendre, s'il y a lieu, la décision souveraine qui fera loi pour toutes les sociétés adhérentes. Il pourra, d'ailleurs, soit se compléter en s'adjoignant les compétences spéciales dont il croira avoir besoin, soit confier une partie de sa tâche à des commissions techniques nommées par lui ',
Au surplus, cette procédure ne différerait pas sensiblement de celle que suivrait sans doute V Association internationale des Académies : car, dans les quelques jours que dure une Assemblée générale, elle aurait tout juste le temps de prendre une décision de principe, et elle serait obligée d'instituer une ou plusieurs commissions pour régler les innombrables détails que la solution comporte*. Quelle que soit donc la marche adoptée, le résultat sera très probablement le môme; la seule différence résidera dans l'autorité qui le promulguera. Mais, dans un cas comme dans l'autre, cette autorité aura la même valeur aux yeux des intéressés, car de toute façon elle sera émanée de leur union organisée et de leurs vœux concordants.
Ce plan d'action a été compris et approuvé, car la Délégation a reçu, en deux ans, plus de 130 adhésions, soit de Congrès internationaux, soit de Sociétés de savants, de commerçants, d'industriels, de touristes, d'ouvriers, dont quelques-unes sont internationales, et dont les autres appar-
1. Ce sera probablement le cas pour l'élaboration des vocabulaires scientifiques internationaux.
2. C'est précisément ce que fit le Congrès international de Chimie en 1889. « Le temps limité dont disposait le Congrès ne permit pas une étude complète des reformes à effectuer dans une question aussi complexe. 11 fut aJors forme une Commission internationale permanente, composée de savants pris parmi les plus autorisés de tous les pays : à cette Commission était réservée la tache d'étudier un système complet de nomenclature en Chimie organique ». (Wurtz, loc. cit.) Cette Commission chargea à son tour une sous-commission, composée de ceux de ses membres qui résidaient à Paris, de préparer la réforme, et c'est elle qui se réunit le 19 avril 1892 à Genève pour discuter le rapport de la sous-commission et prendre les résolutions unaies qui ont fixé la nomenclature chimique aujourd'hui adoptée.