‹ Histoire de la langue universelleChapitre 259 sur 296 · L. ZAMENllOF : ESPERANTO · texte numérisé non relu

L. ZAMENllOF : ESPERANTO

lieux de livres dans ou sur notre langue, et la publication de notre langue par les journaux, sont devenues presque absolument impossibles ». Ensuite, il supprime plusieurs « sons superflus », qui olïrent quelque difficulté à certains peuples et dont la prononciation ne peut s'apprendre que par l'enseignement oral (comme h, ], g, c). Néanmoins, il hésitait à supprimer h, et finalem,ent le conserva. Les Allemands confondent constamment s et z: on supi)riniera le son z; la lettre z représentera le son c {ts), et la lettre c le son s {ch français). L'alphabet se réduira ainsi aux 21 lettres : a, b, c, d, e, f, g, h, i, k, 1, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, z.

Pour le j, le D"" Zamenhof, constatant qu'il offrait des difficultés à certains peuples, voulait d'abord le supprimer* ; mais il se décida à le conserver, en prenant soin qu'il se trouve toujours avant une voyelle.

Dans la grammaire, il proposait de suj)primer l'article défini la, pour complaire aux Slaves (qui formaient alors les trois quarts de ses adeptes), qui, n'ayant pas ce mot dans leur langue, n'en comprennent pas l'usage et l'utilité; — de supprimer l'accusatif, » qui offrq une grande difficulté à beaucoup de personnes et d'autre part est contraire à l'esprit commun de notre langue », car elle n'a pas de déclinaison; — de former le pluriel des substantifs par i substitué à o; de rendre ladjeclif invariable, et semblable à l'adverbe, et par suite de lui donner pour finale e; de remplacer pli par plu et plej par maksu; de prendre pour pronoms personnels : mu, tu, lu (m.), élu (f.), lu (n.); nu, vu, loru; su; et de supprimer oni*; de remplacer les désinences verbales par les suivantes : a (infinitif), an (impératif), en (présent), in (passé), on(futur), un (conditionnel;; ent-e {seul participe actif), at-e (seul participe passif); de supprimer la préposition je 2, et d'employer la préposition versu pour indiquer la direction (l'accusatif étant supprimé). Pour éviter les équivoques que pouvaient produire ces simplifications grammaticales, il recommandait de mettre en général le sujet avant le verbe et le régime direct après le verbe, et de placer l'adjectif de manière à le

i. Il s't'toiuie que celte lettre paraisse dinicile à proiumcer iiii^me aux peuples (lui possèdent ce son dans leur lanpue. Mais cela n'a rien d'étonnant, si l'on remarque que ces peuples sont habitués à prononcer le j avant une voyelle (ja, je, jo, ju) et non pas après (aj, ej, oj, uj).

2. Oni et je furent rétablis dans le projet délinilif {ExiJerantisto, mai 1894, p. 67), et les pronoms y prirent la forme suivante : mi, tu, lu. élu : nos, vos, ilu ; su ; on.

rattacher clairement à son substantif. Mais c'étaient là de simples conseils pour les commençants, non des règles obligatoires qui imposeraient une construction rigide et supprimeraient sans nécessité la liberté de l'ordre des mots. Enfin, il supprimait le tableau des particules corrélatives, et les remplaçait par des particules a posteriori (latines ou romaines), que nous présentons dans le tableau ci-contre (p. 31) '.

Comme on voit, la particule ci était supprimée; la particule ajn était remplacée par kunku (L. -cimque : quicunque. ubicunqiie, etc.).

Dans les nombres, unu devenait un (pluriel uni), et naù était remplacé par novu.

Pour les affixes, le D"" Zamenhof remplaçait a] par e (bonajo par boneo), ec par it (boneco par bonito), ig par isk, uj par i, cj et nj par le suffixe diminutif et (sans altération du radical). Le préfixe ek ne devait plus signifier qu'une action momentanée; le suffixe op était supprimé comme inutile. Le suffixe edz était remplacé par le radical spos (L).

Parmi les particules, il remplaçait kaj par e, au par u, gis par ad, for par ab, kun par kum, car par nam, eu par num, ec par mem, mem par ipsu, jen par ekcu, jes par si, tuj par statim, ju... des par kvantu... tantu, ol par kvam, po par a, pri par de (qui conservait tous ses autres sens), en j)arin; da était supprimé.

Dans le vocabulaire, le changement d'ali)habet entraînait certaines modifications d'orthographe : z était remplacé par s (naso, mesure), et par suite kz parks eksemplo, eksista, etc.); c était remplacé par z (szii. szienzo, szeptro) ou parc prononcé ch (cigareto, cifro, cirklo, cirkularo, civiliso); c était remplacé aussi parc (cagreno, cambre, capo, capitro, casta, cefo, cielo, cokolato), parfois par k (dediko. kavalo. kamisoj ; s était remplacé parfois par c (ecafodo, muco, kuca, macino, poco, tuca), parfois par s (stopa, stupo, buselo), parfois par d'autres lettres plus étymologiques (boko au lieu de buse), mais le plus souvent supprimé par un changement de racine; h était remplacé par k : eko, kaoso, kemio, arkitekturo, monako, monarko, mekaniko); g par g (angelo, gardeno, gema, gêna, germe, gibo, girafe, larga, sovaga): la diphtongue au était remplacée, tantôt par av (lavda, plavda), tantôt par a (atuno), tantôt par e (apleda), tantôt par u (anku, antu, hodiu, kentru).

I. 11 est intéressant de les comparer au tableau proposé par M. Gra-

BOWSKI.

Page 1