L. ZAMENUOK : ESPERANTO
Vorlaro; les nouvelles racines à introduire; les racines employées parle D"" Zamenhof en dehors de ÏUniv. Vortaro: la transcription des noms propres; enfin les diverses propositions de changements ou additions.
Le Lingva Komitato se récuse pour l'élaboration des vocabulaires techniques, et se réserve seulement de les contnMer pour assurer leur accord international. 11 fait appel à l'initiative privée pour leur élaboration, et cette initiative n'a pas fait défaut. Nous avons déjà mentionné ÏAnalomia Vortaro; M. Ch. Verax a publié successivement un Vocabulaire photographique français-espéranto (Paris, Mendel, 1907) et un Vocabulaire technique et technologique français-espéranto (Paris, Hachette, 1907) ' ; M. RoLLET DE l'Ile, ingénieur de la marine, a entrepris avec quelques collègues un vocabulaire technique de la marine; etc. D'ailleurs, on commence à publier (en dehors de Vint. Scienca Revuo) des ouvrages scientifiques en Espéranto : M. Bkicard a publié un Matemalika Terminaro kaj Kreslomalio (Paris, Hachette, 1905), puis la traduction de la Koniinuo de M. Huxtington (Paris, Gauthier-Villars, 1907).
Le Lingva Komitato a reçu une foule de demandes ou de propositions relatives à des changements, réformes ou corrections à apporter à la langue, auxquelles il se déclare incapable de répondre. Au surplus, il reconnaît que « presque toutes sont contraires au Fandamento », et en conclut qu'elles ne doivent pas être prises en considération. Du reste, depuis le Congrès de Boulogne, le Fundamento est considéré comme une barrière à opposer, non seulement à toute réforme, mais à toute innovation. On interprète la Déclaration de Boulogne comme l'affirmation de l'intangibilité perpétuelle de la langue; les rédacteurs de journaux espérantistes ont, par une Déclaration spéciale '-, promis d'observer cette intangibilité et de la faire observer par leurs collaborateurs, et ils s'eflorcent d'imposer la même promesse à leurs nouveaux confrères. 11 en-résulte que toute discussion théorique, toute critique même amicale est sévèrement bannie des revues espérantistes, et qu'à toute objection on
1. En outre, une Eletnenla FoLografa Optiko (Paris, Presa Esperantista Socielo, lUOO).
2. A Boulogne, 9 août 1905 (voir le texte dans Lingvo internacia, 1905, p. 540-1). On s'engage notamment à « éviter tous actes et discussions qui tendraient à changer d'une manière quelconque la langue de Zamenhof •.
répond par un Magister dixit : t Gela est (ou n'est pas) dans le Fundamento '. » La Déclaration de Boulogne est présentée comme un « contrat » entre le D"" Zamenhof et ses adeptes, et le Fundamento est considéré comme un « livre saint », comme le t palladium » de l'Espéranto ^.
1. Exemple : La Belga Sonorilo ayant critiqué l'emploi de l'adverbe au lieu de l'adjectif, dans les i)hrases comme : « estas necese faritinn », on lui répond : « Ni ne citos liajn argumentojn, car la krilikita foiino estas en la Fundamento » (souligné dans l'oripinal). Linr/vo inlernacia, 1907, p. 222.
2. Lingvo inlernacia, 1907, p. 222 (mai), p. 289-91 (juillet).
J. BRAAKMAN : MUNDOLINCO^
La brochure où ce projet est exposé a pour épigraphe cette phrase de J.-J. Rousseau : « Toutes nos langues sont des ouvrages de l'art ».
L'alphabet du MandoUnco est l'alphabet latin, moins k, q, x, y, z. Le c a le son k. L'accent est toujours sur l'avant-dernière syllabe du mot. L'article défini est el, l'article indéfini est un.
Les substantifs masculins ou neutres se terminent en o au singulier, on i au pluriel : padro, padri. Les substantifs féminins se terminent en a au singulier, en u au pluriel : padra [mère], padru.
Les adjectifs dérivent des substantifs au moyen du suffixe ne : nasione, glorione, ou p"ar le simple changement de la finale o en e : laboro, labore.
Les degrés se forment par des suffixes : iom (comparatif), osime (superlatif) : bone, boniom, bonosime.
Les noms de nombre sont : un, du, très, cvarto, cvinto. siso, septo, octo, nono, desem; desem et un... dudesem... sento,... millo,... milliono.
Les nombres ordinaux se forment par le suffixe sime : unsime, dusime...
Les pronoms personnels sont : au sing., mi, tu, il; au plur., mis, tus, ils. Le réfiéchi est se.
Les pronoms possessifs sont : mione, tuone,ilone; misone, tusone, ilsone; seone.
Les pronoms démonstratifs sont : ho, celui-ci; inho, celui-là; altro, taie, misme, etc.
Le pronom relatif est : ci = qiu'. Les interrogatifs sont : cihomo, cibestio (pour les animaux), ciresso (pour les choses).
\. [N'eilerlaiidsehc Spraakkunst] : Der wereldlaal v. El Mundolinco • door J. Braakman : Gramatico del Mundolinco pro li de Hollando f adore. Dusime edisio, Noordwijk. J.C. van Dillen, 1894 (1 brochure de 4 -f- 22 pajres in 12").
Les pronoms indéfinis sont : unhomo, nonhomo ; resso = quelque chose, nonresso = rien ; multi ; inmulti = peu ; non = aucun.
Les verbes se terminent par s à Tactif, pa
Présent : mi parles =^je parle.
i'al parlé.
'^avais parlé.
Futur: mi parlas = je parlerai.
Futur antérieur : mi parlus := j'aurai parlé.
Passé : mi parles = j
Plus-que-parfait : mi parlis
r au passif.
Le subjonctif se forme par l'infixc en : parlenos. Le conditionnel, par linfixe eb : parlebos. L'impératif, par le suffixe ende : parlende; le participe, par le suffixe endos : parlendos. L'infinitif est semblable au présent : mis volos ludos^^ nous voulons jouer.
Les temps du passif ne diffèrent de ceux de l'actif que par le changement de s final en r. Le verbe aimer ayant pour radical ament, aimé = amentoro. Oui := si, /ion = non.
L'auteur définit quelques préfixes: con, de, es, in (marque le contraire), inter, pro, re, arsi {archi-) ; et quelques suffixes : asio (action), ado (résultat), ario (lieu), isto (personne) : amentisto = amant.
Comme il n'y a pas de déclinaison, le sujet se distingue du régime par la place : mi cihomo intelligos ? = qui comprendsje ? — cihomo mi intelligos? = qui me comprend"} Et l'auteur ajoute: El pladasion del verbi, mi ci (sic !) his proscribos, essos mese fasile diseros = Le placement des mots que je prescris ici est très facile à apprendre (remarquer que mi sujet précède ci régime). Voici au surplus un Parve provasio de corespondos en el Mundolinco :
Digne Amiso ! Hodie mi factos conesso con el nove universe linco del sinjoro Braakman. Mi perstudies ho linco presimente en cvinto hori! Con el firmate persuadasio, ce ho linco essos el fasilosime del mundo, mi recomendos ho en mesesime al perstudasio. Con el multosime honorasio, Tuone C.
IDIOM NEUTRAL
A la suite de la publication de notre Histoire de la Langue universelle^, M. RosENBERGER, ayant trouvé justifiées quelques-unes des critiques que nous y avions adressées à Vidiom neutral, proposa à VAkademi les modifications suivantes ■^ :
1° Donner pour finale à lindicatif présent un e atone.
2° Admettre un accusatif facultatif formé par la désinence -n (après une voyelle) ou -en (après une consonne).
3" Admettre un pluriel facultatif pour les adjectifs, quand un même adjectif se rapporte à plusieurs substantifs, et le former au moyen de la désinence -i (comme dans les substantifs). Ex. : tabl e stul grandi.
4" Donner au pi'éfixe ne- le sens de contraire : neamik = ennemi; et au préfixe no- (négation) le sens de contradictoire : no ko s = rien ^ .
1. MM. RosEXBERGEK l't HoLMEs ayant signalé quelques détails inexacts dans notre analyse, nous les avons eorrigés dans le second tirage de notre Histoire (11)07). En voici la liste : kelkkos est un mot composé; kuande est un mot primitif; le conditionnel n'est pas nécessairement employé après if (si); remerciment se dit mersiad, et non mersi (mais une décision ultérieure de VAkademi a ado|)té mersi au lieu de mersiad : cire. n° 80, 20 nov. 1906); enfin la série citée p. oOi est : viola = viole, violar := violer, Tiolet = violette: et violon = violin. Nous avons corrigé quelques fautes d'impression : nostr au lieu de notr (p. 4S9), yuste au lieu de yust (p. 492), debti au lieu de debiti (p. 496). M. Rosenberger fait remarquer en outre que le sufllxe abl a les deux sens : qui peut iHre et qui est digne d'être, mais <|ue le sens qui doit être est exprimé par le suffixe spécial and ; que les substantifs ciu'respondant aux mots français don, fuite, révolte, promesse, arrêt ne sont pas f(U'més au moyen du suffixe asion : don, fug, revolt, promet, arest; et que les deux sens du préfixe re i)euvent être distingués, au besoin, par les deux mots retro {en arrière) et denove (de nouveau) : retromitar, mitar denove.