I/nd., p
3. S'otilias supur linç/ua internationale, en Revue de Mathf'maliqueSy t. VIII, p. 159. M. PfiANO a commis en cet endroit une méprise : M. Michaux, voulant montrer (|ue le Seulnd et le Panroman ne diffèrent jruère de l'Ksperanlo (|ue par Tabsence des flexions ;rrnmmaticales, ji traduit des spécimens de ces deux idiomes en Espéranto, en supprimant les llexions de celle dernière iaufrue; M. Peano a cru (|u"il s'apissail d'un nouveau projet de L. 1, appelé Espéranto sen lerno, (|ui serait un Espéranto sine flexione.
actuelle, et à rechercher les éléments latins qui sont communs aux six principales langues européennes, ou du moins à la plupart d'entre elles. Nous ne pouvons analyser ici ce travail, dont le détail seul est intéressant. Nous citerons seulement, comme exemples caractéristiques, les formes que INI. Peano trouve pour les noms de nombre ' : un, du, tri, quar, quin, sex, sep, oct, nov, dec, cent, mil; le radical absolument international du verbe e/re, qui est es; les formes que M. Peano assigne, par des considérations linguistiques, à l'article défini : o (masc), a (fém.), to (neutre); les pronoms personnels : me, te, nos, vos; se: les pronoms démonstratifs : isto, illo; le relatif : que; les indéfinis : omni, uUo, nulle, alio, multo, pauco. Les prépositions et conjonctions sont latines (post est pris sous sa forme primitive pos); l'auteur remarque que les conjonctions sont la partie la moins internationale du vocabulaire.
Enfin, l'analyse des formes internationales et latines a amené M. Peano à dégager les éléments des mots ^racines, affixes et llexions) et à élaborer une « grammaire rationnelle » analogue à celle que Leibniz esquissait dans ses brouillons manuscrits. On désignera, pour abréger, le substantif ou nom par N, l'adjectif par A, le verbe par V. De l'équivalence :
me vive = me es vivo = me habe vita
on conclut que :
V = es + Ar=habe + N,
d'où :
es = V — A, habe = V - N,
ce qui est une façon symbolique de dire que es sert à former un verbe avec un adjectif, et habe à former un verbe avec un substantif. On a d'autre part :
que vive = vivo,
c'est-à-dire :
que + V = A, que = A — V — — es.
Cela signifie (et montre) que que exprime la relation inverse du
1. Nous avons remarqué, au cours de nos études sur les lanp'ues artificielles, que les formes ([ue chacune d'elles adopte pour les noms de nombre caractérisent son degré d'internationalité (v. Histoire, p. 550). Sur ce point se manifeste en j)articulier la convergence constatée par M. Peano et par nous-mêmes.
G. PEANO : LA UNO SINE FLEXIONE 75
verbe être; et en effet, « qui est beau = beau » : qui et esl se détruisent mutuellement (ce qu'exprime symboliquement l'égalité : que -f es = 0).
Le participe actif, on l'a vu, équivaut au relatif :
clamante = que clama de sorte que :
-nte = que = — es
Et en elîot, le participe es-ente a une valeur nulle; il n'existe pas en latin.
Le suffixe -nte a pour synonyme le suffixe -tore qui désigne souvent l'agent ou le professionnel :
laudatore = que lauda := laudante,
donc :
-tore = -nte.
Voyons maintenant la relation du substantif et de l'adjectif. De l'équivalence :
habe libertate =: es libero on conclut :
libertate — libero = es — habe — (V — A) — (V — N) = N — A '.
Ainsi le suffixe -tate est la « différence » symbolique du nom et' de l'adjectif, c'est-à-dire qu'il sert à transformer un adjectif en . substantif de qualité-.
De môme, de léquivalence :
gaudioso -- habente gaudio = cum gaudio
on déduit :
-oso = cum = habente = que habe = (A — V) -f (V — - N) = A -— N
Ainsi le suffixe -oso ^^^qui a, pourvu de) est l'inverse du suffixe -tate : il sert à transformer le nom de qualité en un adjectif.
M. Peano remarque encore qu'un participe (A — V) équivaut à
une préposition :
sequente me = post me :
inversement, le verbe èlre joint à une préposition équivaut à un
verbe actif :
es post = seque.
1. Nous ne pouvons évidemment expliquer ici on diHnil ce rnlcul symbolique.
2. Ceci contredit et corriffo riclentiflcation antérieure (l»> hojiilas el de bono.
Pour étudier les relations de l'actif et du passif, il convient d'introduire un symbole de conversion, C, défini comme suit :
Paulo lauda-C Petro = Petro lauda Paulo.
On voit que ce symbole a pour effet de renverser la relation exprimée par le verbe; il correspond au passif: lauda -C=:laudar ab. Il ne s'applique pas seulement aux verbes : praecede C = seque, mais aux prépositions : prae C = post. Mais on a dautre part l'équivalence :
pâtre ama filio = filio es amato ab pâtre
d'où l'on conclut que :
es + -to = C ou :
to=3A-V + C
Telle est la « valeur » du suffixe du participe passif. Or, soit liberato (participe passif de liberare — délivrer); il équivaut à libero {libre), donc :
libéra + A — V + C — libero libéra — libero = V — A — C
Or la « différence » de libéra et libero est le verbe : fac, redde (suffixe latin -ficare). On voit qu'il est l'inverse du suffixe -to : (>t en effet les deux se détruisent : liberato = libero.
Nous bornerons là cette analyse, en citant encore la curieuse série suivante : d'un adjectif X on peut déduire ;i autres mots par les opérations suivantes :
X = sano {sain) ;
X + V — A = sanesce {devenir sain) ;
X + N — A = sanitate {qualité de sain ) ;
X + G = sanatore {qui rend sain);
X+V — A+C = sana {rendre sain) ;
X+N — A+C = virtute de sana {pouvoir de rendre sain).
Les 3 premiers mots s'opposent aux 3 derniers comme le passif à l'actif.
On voit que ces théories de logique grammaticale ont une portée générale; elles peuvent s'appliquer à l'analyse et à la critique de n'importe quelle langue, naturelle ou artificielle. Quant au vocabulaire de M. Peano, c'est un précieux recueil de données linguistiques intéressantes et précises.
J. HUMMLER : MUNDEUNGVA^
L'alphabet est celui du latin, sans q ni y, et avec s (prononcé ch).
Les substantifs masculins se terminent en o, féminins en a, neutres en e : patro ; patra, mère.
La déclinaison so fait an moyen de prépositions : da patro = du père, de patro = au père, di patro = /e père (accusatif). Le pluriel se forme au moyen de s : patro8 = /es pères. II ne parait pas y avoir d'article.
L'adjectif invariable se termine par i. Ses degrés se forment, le comparatif en ajoutant ori, le superlatif en ajoutant osi : maigm = grand, magniori =p///s grand, magniosi^/e plus grand. Ils peuvent s"appli([uer aussi aux substantifs.
Les noms de nombre sont : uno, duo, trio, karo, kino. seto, sito, oto. novo, deko ; duos = 20 -, zento — 100 ; milo.
Nombres ordinaux : uneto, dueto, etc. Adverbes ordinaux : nnanào = premièrement. Nombres multiplicatifs : duoma = deaofois. Nombres fractionnaires : duoparte = demi, moitié. Nombres distributifs : a duo =à deux. Substantifs numéraux : uner = Hrti7é.
Los pronoms personnels sont : ego, je; elo, tu; ero, il; efo, elle; eso, //(neutre); egos, nous; elos, vous; eros. efos, esos ; eliso = vous (de politesse). Ils se déclinent comme suit :
Nom. :
ego
egos
Gén. :
ega
egas
Dat. :
ege
eges.
Ace. :
egi
egis.
1. Mundelingva. Problem einer interna tionalen Verkehrs-Sprache fur aile Menschen. Auf lalfinischcr GnunIInjrc. Kurzqefasste Grammalik mit Wôrterbuch, von Iiu.M.MLKn John (t brochure <h' 8 pajros, choz l'auteur, Saulgau, 1904).