Gomment dira-t-on : le repos dominical
H. TRISCIIEN : MONDLINGVO 89
remédier aux« nombreux défauts » de l'Espéranto, sans d'ailleurs spécifier ces défauts, ni formuler les principes sur lesquels s'appuie son propre système. Il le présente du reste comme provisoire (il remet à plus tard la publication du vocabulaire;, et appelle les critiques et les conseils.
F. GREENWOOD : EKSELSIORO ET ULLA'
Le Dr Frédéric Greenwood, médecin à Portsmouth (Angl.), Espérantiste n^ 8.273, a d'abord éprouvé le besoin de « simplifier > YEsperanto, notamment en y supprimant les accents, certaines combinaisons de consonnes difficiles à prononcer (gn, gv, kn, kv, sv, pv, ft), les flexions inutiles, et les mots composés trop longs. VEkselsioro est un Espéranto fait « pour le peuple », « pour les masses ». Nous nous bornerons à indiquer les points sur lesquels il diffère de V Espéranto.
L'alphabet n'a. que 23 lettres, toutes celles de l'alphabet romain, moins q et y; c = <c/i (c Esp.), x = ch (s Esp.), z = /'s (c Esp.); j =j français (j Esp.). Le j Espéranto est remplacé par un i qui forme diphtongue avec la voyelle précédente : bêlai, viroi; kai, ciui*.
Les adjectifs sont invariables, sauf quand ils sont isolés.
La particule du superlatif est pie (au lieu de plej).
Les noms de nombre sont les mêmes, sauf que kv est remplacé comme partout par ku : kuar, kuin.
Les pronoms personnels sont les mômes, sauf le changement d'orthographe : mi, zi, li, xi, gi; ni, vi, ili; si.
La conjugaison est la môme, excepté pour le subjonctif, qui est formé avec l'auxiliaire magi (E. may) : por ke mi magas kanti = pour que je chante.
Les affixes de dérivation sont les mêmes, sauf mal, remplacé par ma; ej, remplacé par ei ; ec, remplacé par ez; et ig, remplacé par ij : mabona, lakteio, belezo, varmiji.
1. Ekselsioro, the new universat language for ail nations, by Frod. Greenwood, 1 placiuotte, 8 jmges (London, Miller & Gill, 1906). — Ulla, t ulo lincjua a otrs (Londoii, Miller & Gill, 1906).
2. Liiuteur ne dit pus ce que devient g; il le remplace tantôt par g (gi), tantôt par j (voir exemples plus bas).
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I/autciH" copie les idiotismes de dérivation de l'Espéranto : adresato = desUnalaire (d'une lettre).
11 prend des libertés avec le suffixe -lando, qu'il abrège en -ando dans Ânglando.
L'accusalir devient facidtatif, sOit pour la direction, soit même |)Our le régime direct : Laktisto metas la lakto en la Iakteio; la infano amas sia patrino. Mais on conserve l'accusatif dit « de (larlé » : mi amas xi pli ol vi (sous-cnt. : amas xi) ; mi amas xi pli ol v'in (sous-ent. : mi amas).
Nous remarquons les modifications orthographiques suivantes: linguo, aksepti, eksepto. fasila,lejo (lego, loi), desiri (deziri), sidoni (sindoni), sertigi certigij, xanjo, xuldo, hodau hodiaù , jentilezo, nasio. fixo (fiso), pajo (pago), poxto (posto), resevi (ricevi), skii (scii), nesesa, esenso, sosieto, propozisio, prezisa, tizio ^ftizo).
Mais l'auteur ne se contenta pas de corriger YEsperanto; il lança la même année une nouvelle langue, VUlla (ula = univers, ulo = universel, de E. lohole) et fonda une Ulla Society à Bridlington (Angleterre).
L'Ulla est présenté comme « un anglais simplifié ». Son alphabet est l'alphabet anglais, avec â(U., è F.) De ce que « toutes les lettres se prononcent comme dans l'alphabet >, l'auteur croit pouvoir simi)lifier l'orthographe de certains mots en attribuant à chaque lettre son nom : exemples : xmpla = exemple (x := eXy m = ein); intrste, komprne.
L'article indéfini est t, pluriel 11, Vindéfmi a, rarement employé.
Les siibslanlifs se terminent par a (masc.) ou par à (féminin). Ils forment leur pluriel par adjonction de s : homa, homà; homas, homàs.
Les adjectifs se terminent en o : le comparatif se forme en ajoutant r, le superlatif en ajoutant s : bono, bonor, bonos. Or et os peuvent être employés isolément comme particules.
Les adverbes dérivés se terminent en 1 ou li.
Les nombres cardinaux se terminent tous en o : uno, duo, tro, kato, cinko, sexo, seto, otto, novo, deo; elvo = H, duso = 12; cento, milo, milouo.
Ils servent à former les noms de mois (par changement de To final en a) et les noms do jours, par adjonction de dà : anodà = lundi, etc.
Les nombres ordinaux dérivent des cardinaux par adjonction de o, ce qui fait qu'ils se terminent par oo : troo.
Les adverbes ordinaux se forment en remplaçant l'o du nombre cardinal par i : tri.
Les pronoms personnels sont au sing. : ju (f*), du (2"), lu (3« m.), su (3« f.), tu (3« n.) ; vu (f»), u (2«), nu (3'=). Leur cas indirect (datif ou accusatif)seformepar addition de r: jur, dur.... Et le possessif (ou génitif) par addition de s : jus, dus....
Les verbes n'ont que 3 formes : une forme en e, qui est l'indicatif présent; une forme en ed, qui est à la fois le passé et le participe passif; et une forme en en, qui est le participe actif et le gérondif (employé, à l'anglaise, au lieu de rinfinitif). Exemple, le verbe être = este, ested, esten. Tous les autres temps et modes se forment au moyen d'auxiliaires :
Parfait : ave ested.
Plus-que-parfait : aven ested.
Futur : seo este.
Futur antérieur : seo ave ested.
Conditionnel présent : sic este.
— passé : sio ave ested.
Subjonctif présent : mâo este.
— passé : mio este.
Participe passé actif : ave ested.
Le passif est : este esten.
L'interrogation se marque par l'inversion du sujet.
La dérivation s'effectue au moyen des suffixes suivants : -ar désigne une collection : onqa. = personne, ongara = nation; -ta indique une idée abstraite (F. -tien, D. -ung) : ongarata = nationalité; -na indique une qualité; bonona = bonté; le préfixe neforme à la fois les négatifs et les contraires : nebono = mauvais, nejuno = vieux, nemàm = différent : -in forme les diminutifs et les mots caressants; -za, -zâ indique un professionnel (masc. ou fém.) : skribza = écrivain; -va ou -vo signifie plein de (E. fui, D. voll);-làsigmrievide de, manquant de, sans {E. less, D. los); -ja forme les noms de nationaux : Ena = Angleterre, Enaja = Anglais; et la avec un nom de nation désigne la langue : enajala — la langue anglaise. D'où : Ulla = langue universelle. Le manuel de VUlla contient un vocabulaire en 8 langues; Ulla, Xlja (Ekselsioro), Enaja,
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Esperaja {Espéranto), Fraja (français), Graja (allemand), Itaja (italien), Spaja (ospagnol).
L'auteur, qui dit avoir étudié beaucoup de langues « anciennes, et modernes, vivantes et mortes, orientales et occidentales », compose son vocabulaire de racines empruntées au hasard aux langues vivantes, surtout à l'anglais et à l'allemand, en recherchant la brièveté, et en les défigurant comme on vient de le voir pour les noms de pays. Dans la composition des mots, il suit servilement et même aveuglément le modèle de l'anglais. En voici un exemple curieux. For, en anglais, signifie car: l'auteur le traduit par kar; mais il signifie aussi pour : l'auteur traduit pour par kar. Pour (L. pro) entre en composition dans beaucoup de mots; l'auteur traduit pronom par karnoma. Pardonner se dit forgive : l'auteur traduit : kardonne. Enfin il traduit fore (avant) par kari, there {là) par la et par suite therefore par la kari. Péri =: Ihroughy aus = oui, donc : péri aus = Ihroughoui.
Il est d'ailleurs dupe de tous les idiotismes de sa langue nationale. Aber (D.) traduit mais (E. but); il nhésite donc pas à dire neunoo aber uno pour avant- dernier (E. : last but onel).
Dans la dérivation, il suit les errements du Volapiik avec ses suffixes caractéristiques : le suffixe àk désigne les maladies : dentàka = mal de dents ; par une fausse analogie, on a : gutàka = goutte.
Voici le Prt/er traduit on Ulla :
Vus Patra hoo este n ciela, sankted este dus noma, dus rexdoma vene, dus désira este fàred n terra als tu este n ciela; donne vur vus pa dàli; à kardonne vur vus detas, aïs vu kardonne vus detzas; à gide vur ne dans temtata, aber délivre vur el evla.
Telle est la langue que l'auteur propose « pour les usages commerciaux et littéraires », et qu'il déclare « aussi belle que le français, aussi musicale que l'italien et aussi pratique que l'anglais ».