DE LA
LES PASIGRAPHIES
On appelle pasigraphie une langue universelle exclusivement écrite, un système de signes écrits (ou plus généralement de signes optiques) destiné à exprimer et à transmettre la pensée. Comme les langues de ce genre se trouvent exclues par les conditions énoncées dans la Déclaration, nous ne croyons pas devoir étudier ici un à un les divers projets de pasigraphie. Nous nous bornerons, pour en donner une idée, à en formuler le principe général.
Supposons qu'on numérote tous les mots du dictionnaire d'une langue, ainsi que les flexions grammaticales et les affixes ; chaque mot (ou élément de mot) pourra être représenté par le nombre correspondant; et si l'on assigne les mômes numéros aux mots équivalents d'une autre langue, on pourra traduire dans celle-ci le texte chiffré. ^
Tel est le principe général de toutes les pasigraphies. Elles ne diffèrent que dans l'application, et cela de deux manières : fpar l'ordre assigné aux mots ou aux idées; 2° par la nature des signes employés.
Si l'ordre assigné aux idéos prétend suivre une classification logique, on a une pasigraphie philosophique. Sinon, on a une pasigraphie purement empirique ou pratique.
CouTURAT ET Leau. — Lanfruc uuiv. 1
Les nombres dont nous avons parlé ne sont pas autre chose que des combinaisons des 10 chiffres. Si l'on remplace ces chiffres par des lettres ou des signes quelconques (auxquels on assigne un ordre fixe) en plus ou moins grand nombre, on aura des combinaisons de lettres ou de signes qui joueront le mi^mc rôle, et quon pourra ranger dans un dictionnaire suivant un ordre analogue à Tordre numérique ou alphabétique.
Les pasigraphies sont analogues aux langues a priori, l^ien nempèche, en effet, de transformer une pasùjrophieeu pasiphrasie. c'est-à-dire en une langue parlée : il suffit de prendre pour signes des lettres, et de ne former que des combinaisons « pn» nonçables » de lettres, par un mélange convenable de voyelles et de consonnes. C'est ce qu'ont fait notamment Dvlgarno et WiLKiNS pour la numération et, pour tout le vocabulaire. Gros SELiN et Letellier (voir Section I, ch. il, m, vu, i.\).
Nous ne ferons exception que pour deux pasigraphies, parc<' qu'elles ont reçu une application pratique et une consécration officielle : ce sont le Code international des signaux maritimes et la Classification bibliographique décimale.