salaire
677 = industrie textile,
31 : 331,2 : 677 signifiera : statistique des salaires dans lindustrio textile.
Pour ranger par ordre tous ces nombres (qui ont des nombres de chiffres très divers), on les considère comme dos nombres décimaux dont on aurait supprimé le zéro et la virgule, et on les range par ordre de grandeur croissante, c'est-à-dire dans l'ordre de leurs premiers chiffres (à gauche), s'ils diffèrent; sinon, dans l'ordre de leurs deuxièmes chilTres, s'ils dilTèrent; sinon, dans l'ordre de leurs troisièmes chiffres, et ainsi de suite. Cet ordre est analogue à Tordre alphabétique employé dans les dictionnaires; il permet d'intercaler entre deux nombres quelconques autant d'intermédiaires qu'on veut. Ainsi la classification décimale réunit les avantages du classement idéologique et du classement alphabétique. En outre, elle reste toujours ouverte à des subdivisions nouvelles, et elle est i)ar suite susceptible d'une extension indéfinie.
« Les nombres classificateurs correspondant à des idées et non à des mots, ils constituent une véritable nomenclature internationale. > Par exemple, « au même nombre 536 correspondra le mot Chaleur dans les tables françaises, Wàrme dans les tables allemandes, Heat dans les tables anglaises ». La classification bibliographique ainsi obtenue est donc absolument internationale.
Nous n'avons pas à apprécier ici les services que ce système rend à la bibliographie'. Nous n'avons à le considérer que comme une pasigraphie et comme un moyen de communication international. Au contraire du Code des signaux maritimes, dont les combinaisons ont une signification arbitraire, cette pasigraphie repose sur une base logique. En revanche, elle est d'une portée bien moins étendue : ce n'est pas une langue, mais simple-
1. L'idée de prendre les chiffres pour index des subdivisions d'une classiflcation est très naturelle et très ingénieuse. Comme le pensait Leibniz, les nombres sont les plus commodes de tous les signes, d'abord, parce qu'ils sont concis et maniables; ensuite, parce qu'ils possèdent un ordre fixe et bien déterminé; enfin, parce qu'ils sont en nombre illimité.
LES PASIGRAPHIES 9
ment une nomenclature. Elle n'exprime en somme que des concepts ou des classes d'objets; elle est analogue à une langue qui ne comprendrait que des substantifs et des adjectifs, mais pas de verbes. Elle serait incapable de traduire la moindre phrase. On ne peut donc pas la considérer comme une langue internationale.
Nous n'insistons pas sur ce fait qu'elle n'est qu'une pasigraphie, c'est-à-dire une langue écrite, car il serait facile de la transformer en une langue parlée en traduisant les chiffres par des sons. C'est précisément ce qu'ont fait certaines langues philosophiques (Delormel, Vidal, Letellier) qui reposent sur une classification décimale des idées. Nous indiquerons, dans la critique de ces projets, les raisons pour lesquelles il ne nous paraît pas pos sible de prendre une classification logique quelconque pour based'une langue internationale; nous nous permettons d'y renvoyer le lecteur.
Bibliographie.
Voici, à titre de renseignement, la liste des principaux systèmes de pasigraphies ;
Joseph DE Malmieux : Pasigraphie, dédiée à Sicard (Paris, 1797).
WoLKE : Die Pasiphrasie (Dessau, 1797).
Moses Paic : Pasigraphie mittels arabischer Zahlzeichen (Semlin,
Sinibaldo de Mas : L'Idéographie (Paris, Duprat et Rothschild, 1863).
Bachmaier : Pasigraphisches Wôrterbuch, deutsch-englisch-franzosisch (Augsburg, 1868); id.. Édition anglaise (ibid., 1870).
Janne Damm : Praklische Pasigraphie (Leipzig, Douffet, 1876).
E. de Baranovski : L'Idéographie, une langue pour toutes les nations (Kharkov, 1884).
Cari Haag : Versuch einer graphischen Sprache auf logischer Grundlage (Stuttgart, Kohlhammer, 1902).
W. Rieger : Zifferngrammatik, ivelche mit Hilfe der Wôrterbûcher ein mechanisches Uebersetzen aus einer Sprache in aile anderen ermoglicht (Graz, Styria, 1903) K
1. Ce dernier projet, comme son titre l'indique, ne traduit en chiffres que la partie grammaticale des mots, et emploie les radicaux nationaux. Ce n'est
10 CHAPITRE PRÉLLMINAIRE
On peut joindre aux Pasigraphies le langage mimique, pi. conisé comme langue universelle par quelques i)ersonn«^. notamment par Jean Rambosson, auteur d'un livre sur YOv'ujinc de la parole et du langage parlé, qui publia en i8o3 une Élude philosophique et pratique du langage mimique comme langage universel (Hachette) '. Il est clair qu'il ne peut ùlro question du langage des sourds-muets, qui se compose de signes alphabrlicjucs. et qui suppose une langue écrite, soit nationale, soif inlcnin tionale *; mais seulement d'un système de signes itléographiqiK-s qui serait un développement et un perfectionnemtMit de la mimique naturelle, à laquelle on est obligé de recourir avec dc-^ étrangers dont on ignore la langue. Or il importe peu «pie ces signes soient des dessins écrits ou des gestes : tout ce que nous dirons des langues idéographiques (ou philosophiques) s'appliquera à un tel système.
Quoi qu'il en soit, l'immense majorité des hommes trouvera toujours plus commode l'emploi des signes vocaux et écrits habituels que celui des signes manuels; et cela est si vrai, que l'on apprend à présent aux sourds-muets à parler et à lire la parole, et que cette nouvelle méthode est considérée comme un progrès par rapport à la méthode de l'abbé de l'Epée, si utile et si ingénieuse qu'elle soit. Dans tous les cas, on voit que les sourds-muets, auxquels certains inventeurs de L. I. ont pensé avec une sollicitude fort louable, mais trop exclusive, ne seront nullement privés des bienfaits d'une L. I. écrite et parlée, et pourront s'en servir par la méthode qui leur seiii familière.
donc que la moitié d'une pasigraphie numérique analogue à celles de Paic et de Bachmaier.