‹ Histoire de la latinité de ConstantinopleChapitre 10 sur 74 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LATIMTÉ DE OOSSTAKTINOPLE SOUS LES SULTA>.-S.

C'est le 29 mai 1458, que Sultan Meheramed Ilentra victorieux à Constantinople. Il pénétra à cheval dans l'église de Ste-Sophie, .s'assit sur l'autel et réduisit en esclavage tout ce qui s'y rencontra, prêtres, moines et religieuses, comme les nobles et le peuple. Beaucoup d'églises furent changées en mosquées, mais après quelque taraps, il consentit à en laisser quelques-unes aux Grecs. Les Latins n'avaient pas un grand nombre d'églises sur la rive droite de la Corne d'or, elles subirent le sort commun. Nous avons vu que St-Antoine des Frères Mineurs de l'Observance fut détruit ; nous nq possédons aucun renseignement sur les autres églises de religieux gui pouvaient s'y trouver, ni sur leur sort. Avec le temps nous ne voyons, dans Constantinople même, que deux églises latines, dont nous allons parler en détail.

Le plus ancien document relatif à ces églises est une lettre que la « Magnifica Comunità > de Péra écrit, le 18 novembre 1583, au R. Vicaire patriarcal de Constantinople. Elle fait une instance formelle pour maintenir le droit qu'elle avait, de toute antiquité, de choisir, sous la réserve de la confirmation de l'ordinaire, les religieux qui devaient desservir les églises de St-Xicolas et Ste-llarie de Constantinople, de Ste-Anne, St-Benoît, St-Jean, St- Sébastien, St-Antoine, et St-Georges dfe Péra, suivant les Capitulations qui lui avaient été consenties, en 1453, par Sultan Mehemmed II. Cette juridiction ne fut pas contredite par l'évèque

de Tinos visiteur .postolique. (Archive» de la Délégation, RegLÏè nJp 2S. Ces documents semblent empruntes a„^ archires de St-Antoine ) ,„^,

la Sainte image dite • Hodighitrms, . le» Kc.es ^uu

c. François de Gaiata, et les Pères Domm.camsde Ste Manc de

sur les offrandes des Hdcles à l'occas.on de la fête (~u mars "'c^iScConstantiuopleavaient ,nc,,uesre„^ c^men plt^,uei,ues titres d'ob|i«atio,^pare^,c.^Sr.A„.n.

a.:'iVreçuerde'ces églises, et il en promettait 1,700 l'an pour

"utS'de la m.m. date, et de .60 aspres. «ait souscrit pa^Au ea Fontana, en faveur des mcrues «S''-. « "o™ Cr être navé à première réquisition. Ces oU.gal.on. ont lous^Ss p" D. Giorgio Perpiuiauo, évèqne de Tinos, V.s.leur "Cr ::SèmeX..ion «ian-Batllsta GiuUbo .levait eaoÔaspres. aux m.-mes églises, P»y?l>i- «0° ."^'l' »™t

il de l'Ordre aes cr. n^:^--^^-^ -■ — ■ que les Fontana se sont libérés » -'^(^""-fj^'- ""' ^""-

^Cr ::S m^X-ion «ian-Batllsta GiuUbo .levait

.oÔaspres. -x m.'.mes églises, payables 600 aspres 1 année.

•ces tr'ois obligations furent payées à la date "^"^-^^^

vrier 1618, devant le Visiteur. Fra Giovanni Tmoh, V.caire

Itérai de l'Ordre des FF. Précbeurs en Levant, rec.nna.t

aue les toniana&c 50UI w",-'^- .-

Lee générale, il délivre trois quittances spéciales.

L ifgentprovenantdecepayementfatemploy àaelietcrpou , T. L ce, mêmes églises, inaivisement, une maison

■trd s Z^é^.,.a,;a.a. (Oahvé maliala,) conli-

Tnî de droite à Andréa Fontana, de gauche à Isa.no Spa.et, de derrière à Esce (aicha?) Cad.n.

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Sainte-Marie ou la Madone de Constantinople.

La dévotioD à la Vierge a toujours été très répandue à Codstantinople ; Ducange fournit la longue liste des temples qui lai furent consacrés dans cette capitale; mais Pietro délia Valte', qui visita cette ville au commencement de 1614, dit dans sa lettre de la même année, datée de cette capitale : <Noi altri latinî dentro a CP. , abbiamo due sole Chiesuote, assai piccole, amendue vicine, in v,na medesima contrada, uaa che si chiama S. Nicola, ë l'altra la Madonha che in Italia, e massimamente in Napoli, è di tanta famosa divozione, a guardia délia quale vi sta un solo frate domenîcano....t D'après ce témoignage, Santa Maria, malgré l'importance relative qu'elle pût avoir, était donc unepetile e'i/^îsc, desservie par la mission des Frères Prêcheurs; les actes de la * Comunità de Pèra t établissent, sons les années 1618-1627, que celle-ci était chargée de pourvoir à sa desservance.

Eq 1634, Redjeb-Paclia, lieutenant du grand-vizir, profitant des mésintelligences survenues entre l'ambassadeur de France et le résident impérial, au sujet du protectorat religieux, aurait fait fermer Xèglise de la Vierge à Constantinople, en annonçant l'intention d'en faire une mosquée. Deux ans après, < la Comunità, » par sa lettre de fin août 1636, informait le cardinal < protettore di Levante, > qu'elle venait de perdre, ( il y a quarante jours, > la miraculeuse église de la Madone de Constantinople-. Ilrésultedu rapport du P. Giacinto, supérieur des Dominicains, adressé au conseil de. la Propagation de la foi,

I Viaggii di Pietro délia Valle. Tunn, 1843, 1, 26.

a D. Subiani (taas une lotlre du 14 octobre 1654, ([mprimée par Michels Giustiniani en 1056,) fait le rapport suivant s l'fglfse Stc-Maria in Blachernis, ou Vlacherniotica, probablement du Rosaire, dite encore aujourd'hui par les Turcs » Gui Djâmi, ou mosquée des roses, vocable correspondant à celui du Rosaire, était sise « nella contrada, communemente chiamata Balata ; n elle fut enlevée aux Frères Prêcheurs, il y a environ 35 ans ». Malgré ce dire la date de la « Comunità » <^tant précise doit Être préférée & toute autre

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le 27 février 1843, que, jusque-là, cette église aurait conservé la protection vénitienne.

Dans cette église, selon le même document, se trouvait la célèbre image c de la Madone de Constantinople, » conservée, de nos jours, dansl'égliseSt-Pi erre de Galata'. Diverses opinions relatives à cette image sont consignées dans le Mémoire de l'abbé Giustiniani, imprimé à Borne en 1656. Selon une relation du couvent de Saint-Pierre, cette image aurait appartenu au monastère de Caffa, d'où elle aurait été rapportée, lors de l'invasion tartare, par les religieux fugitifs, lesquels la déposèrent alors dans l'église qui, pour ce motif, reçut le titre de Madonna dt Constantinopoli. Quand leur église fut transformée en mosquée, ces religieux ayant perdu le tableau délia Madonna, s'adressèrent au Baile vénitien, ancien protecteur de l'église, pour eu obtenir la restitution ; et, après bien des démarches faites par celui-ci, l'image fut finalement recouvrée, et déposée dans St-Pierre de Galata. Quoique protégée par la France, la Séréuissime République entretenait, cependant, dans cette dernière église, plusieurs religieux chargés de travailler à la propagation du culte de la sainte Vierge. De même que l'ancienne église de Constantinople était dédiée à la Très sainte Vierge du Rosaire, ou simplement Ste Marie du Rosaire, St-Pierre de Galata, par suite de la translation de l'image, fut dit à son tour chiesa délia B. Vergine del Rosario ; et, à cette occasion, les papes l'enrichirent de nombreuses indulgences.

Selon une autre version, rapportée par Dom Calmet-, « cette image serait celle de Yhodtghitrias (conductrice^ peinte par St, Luc, et rapportée de Jérusalem par Eudoxie, femme de Théodose le Jeune, en 450, qui en fit don à Ste Pulchérîe, sa belle-sœur-'. L'image était en grande vénération, non seulement chez les Grecs, mais aussi dans le monde entier : & Rome, on érigea en son honneur une archiconfrérie aux frais de la nation sicilienne. A la conquête franque, cette image, dans laquelle les empereurs avaient mis leur conûance, tomba au pouvoir

1 Hammer, IX, 233. Cf. aussi Jouannin, La Turquie, 234. * Rapport déjà cité du supérieur de Saint'Pierre. » V, ci -après, cbap. m.

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des Latins'. » Les Vénitiens la déposèrent, A&naVégHse du Très saint Rosaire, et la confièrent aax Frères Prêcheurs, < les premiers, dit le rapport précité, qui, sous le nom et l'habit des frères, portèrent à Gonstantinople una parola ed una preghiera : il vangelo ed il rosario. >

D'après Du Gange ^, l'empereur Henri aurait fait tirer cette image de la sainte chapelle du palais Bncoléon, où elle aurait été portée, après la prise de la ville, pour la transporter à Ste- Sophie ; mais, k la demande dea Vénitiens, il l'aurait donnée à ceux-ei * ; le patriarche s' étant opposé à la translation, les Vénitiens auraient enfoncé les portes du temple et enlevé l'image qu'ils auraient portée dans l'élise du Pantocrator, d'où Michel Paléologue l'aurait reprise ensuite, pour la restituer c à l'église iel'Hodége*. »

1 On lit dana la. Deoattntio Constantinopolifana, p. 91, que Murzufle ayant été blcisaé dans un combat contre Henri, frère du comte, perdit « omnia împerialia, coronam scilicet et lanceam et quandam jmaginem glorioMB Virginis, quEe aemper solebat reges precedere in bello. tota de auro et lapidîbua precioais. s

Lors du siâge de CoastantlDople, le troisième, par sultan Mourad, les Turcs furent mis en fuite à l'apparition delà SteVierge(PanBta) qui serait descendue du ciel pour proléger les rot igîe use a, odieusement promises aux séidea. D'après Canano, cheikh-Uoukari-emir-aullan, assura luî-m6mo que pendant l'assaut, une vierge, revêtue d'une robe violette, et jetant autour d'elle un éclat éblouisBant, s'était montrée sur lea bastions extérieurs, et que cette apparition mit les assiégeants en fuite. Il ajoute que toute l'armée conflnna par serment la déclaration du cheikh, ot qu'on n'osa plus douter de la réalité du miracle. (Hammor, H p. 241). Pendant le siège de 1453, les Grecs n'avaient d'espoir qu'en la Très Ste Vierge qui, au dernier siège, les avait si miraculeusement délivrés. Depuis la aemaine de Pâques au commença le siège, l'image miraculeuse était exposée dans l'église del'Hodighitria, située au milieu de l'Acropole, sur l'emplacement occupé autrefois par l'autol de Minerve (id. p. 421.)

» Hist. de l'amp. de Conitantinople. 1826, p. 94.

* cxiv. Estait l'ymage de N. D., dit Robert de Clary, painte en une taule. Si cstoit cbis ymagea si rikes que moult et estoit tous carkiea de likea pierrea précieuses : ai diaoient li Griu que chou eatoit 11 premiers ymages de N. D. qui onques fust fait ne pourtrais. En chel ymages ai avoient li Griu si grant flanche que il l'aouroient eeur toute rien, et ai le portoîent cascun de mara a pourchession ; si l'aouroient li Griu et donnoicnt lui moult grans dons. Ore ne vonlolent nient li Venicien souffrir que maaaire (Henri) fuat empe* reurs, a'il n'eussent chel 3'mage tant c'om leur donna cbel ymage; puis, si corona on monseigneur H(enri} a empereur, x

* l'rès S. Georges in manganis. Cf. Imperium orientale, plan de Gonstantinople. Hammer, II, 419, 4ïl ; Critoboulos {Vie de Mahomet), éditée et tra-

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Certains rapports prétendent tronver, dans la désignation tnrqae d'une mosquée actuelle, dite Qul-djàmt, l'emplacement de Ste-Marie du Rosaire ; mais ce temple, qui, sous les Grecs, fut l'église de Ste-Thëodosie, sise près Aïa capou t la porte de la Sainte, > a tiré son nom de celui de Triacontafllo ', propriétaire du terrain sur lequel, en iOSl, l'empereur Romain Argyrus éleva cette église -, placée sous le vocable dAïa Maria Periclepti, t l'admirable Vierge Marie^, et dite aussi, du nom de l'ancien possesseur, Roûon amaranton, t Rose qui ne se fane pas. > A la conquête ottomane, cette église, selon HammerS fut enlevée aux Grecs par sultan Mehemmed, ainsi que sept autres temples chrétiens, et convertie en magasin de dépôt pour l'arsenal; Selim II (1566-1574) en fit une mosquée ^. D'après ces données, la mosquée actuelle Gul-Ujàmî ne semble donc pas avoir été l'ancienne église latine ; l'emplacement doit en être cherché ailleurs. Le P. Giacinto, dans son Rapport précité, dit qu'elle se trouvait au quartier de Balat^ ; et comme, selon Pietro délia Valle, elle était dans la même contrada que celle de St-Nicolas, sise, d'après Carbognano,

duite par le D' Dethier, H, 98, rapporte que Hmage fut portée processionnellement dans Constaotinople pendant le siège des Turcs ; et que, tombant des mains des porteurs, sans qu'' ceuji-cî.par suite de sa pesanteur miraculeuse, pussent la relever, elle sembla présager ainsi le malheur réservé & la ville, M. Paspati pense qu'on <)oit lire hodigkitria*.

' Constant! nopolU ehrisliana, IV", G^, et le patriarche Conslantius. p. 19, 44.

' Cette église fut bâtie en 1031, par ce prince qui y fut enterré, ainsi que Nicéphore Itotoniate, après lui. Michel Paléologue la Ht réparer soigneusement, et tous les ans, à la Chandeleur, comme il ge pratiquait antérieurement à Ste Marie cles Blacherncs, quand il se trouvait à Constant! nople il se rendait en grande pompe k celte église. Avant t'incendie de 1TS2, on y voyait encore l'image de cet empereur avec l'auguate Tliéodora, ayant entre eux leur fils Constantin. (Coiiatnntiniitili', 116.) M. Paspati ne trouve pas cette appellation exacte ■ Aia Maria «. Il propose de la remplacer par celle-ci, « Panaiia Perivlepti, » « la vierge admirée de toute part, o Le patriarche Constantius, lor. laiid. rapporte que cette église passa aux Arméniens, sous le nom de Souloit mOTuiatir, monastère de l'eau.

* te Mater admîrabilis. a

* Loc. laud. III, 429.

» Ha'liqat uMjé:ami, 18G, et Uammer, loc. laud. XVIII, 40.

* Balat M palatium, * AboulCéda, r/i'ographie, édit. Reinaud,p, 213, dit l'habitation du souverain est nommée I3alat-el-milik, « le palais du roi. > Balata était la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne, Cte de Leslie en IC65. An< ludea de St-Benoit.

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cité ci-après, c verso le mura délia città, tra il pal&zzo di Costantino e la porta d'Àndemopoli, > c'est donc dans cette région qu'a dû exister l'église de la Madone; enlevée à la latinité en 1634, S0U3 le règne de Murad IV ', elle a été conservée au culte durant une période de 183 ans après la conquête ottomane.

Saint-Nicolas.

Selon toute apparence, cette église fut la même que celle fondée antérieurement sous ce vocable, par l'exilé deHastings. Le voyageur Pietro délia Valle, dans le passage rapporté plus haut, dît que t St-Nicolas et Ste-Marie étaient deux églises assez petites, voisines l'une de l'autre, dans le même quartier ; » et Carbognano-précise en ces termes la position de la première : < verso le mura délia città, tra il palazzo di Costantino e la porta d'Andernopoli, si vede una plccola moschea, cou due cupole di vaga e regolar architettura ; ecco fu la chiesa di San~Nicold, ufllziata dai padri domenicani. ï

Mentionnée dans une lettre de 1616 ou 1617, de la «: Comunftà di Pera, > il résulte d'un procès-verbal de 1627 que le supérieur de St-Pierre de Galata réclamait, à cette date, de la « Comunità i l'autorisation de recevoir du procureur de son église (St-Pierre) le remboursement des avances faites par lui et ses religieux pour l'entretien du desservant des deux églises de Constantinople, Ste-Marie et St-Nicolas. On a vu plus haut qu'en 1614, d'après Pietro délia Valle, un seul prêtre était chargé de la desservance de ces deux églises.

Selon les termes d'une lettre émanée des mêmes sources, et adressée le 8 octobre 1636 « al cardinale protettore di Levante.... l'église de St-Nicolas aurait été perdue, dit ce document,

■ Ce prince occupa le trdae de 1633 à 1640.

' Detcriiione topoifraftca diContta/Uinopiili.l'94.Cl. également une lettre du supérieur des Domintcaina au conseil de la Propagation de la Toi, eu date du S7 février 1843. Ma'gré mes recherches, Je n'ai pu parvenir à retrouver cet emplacement.

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depuis six ou sept ans,y soit : ea 1639 ou 1630'. herapport précité du supériear des dominicains dit même qa'elle aurait été démolie ; la Gomuiiità regrettait en outre la perte, à cette occasion, de tre casait (hameaux) catholiques, altués ftors la porte d'Andrinopîe, et dont les habitants étaient devenus, les uns musulmans, les aub'es grecs orthodoxes. La population de ces villages était-elle le fruit de révangéUsation des desservants de St-Nicolas, on bien descendait-elle d'une colonie de Yaranges, groupée autour de l'église ?

Une attestation délivrée parla confratemita di Sant'Anna, le 23 avriI1675, et conservée aux archives deSt-PierredeGialata, déclare que t. la chiesa di S. Nicolà cb'era nella città propria di Costantinopoli di rito latino era ufQziata dalli BR. PP. domoiicani (quali oggidl si trovano offiziando la chiesa de! SS. aposloli Petro e Paulo in questa citti di Pera) quantuaque al présente sia moschea di Turcbl, presa dagli istessi per forza. »

Selon le rapport précité du P. Glacinto, vicaire général et préfet apostolique de la mission, l'église St-Nicolas était sous la protection de la France ; et M. de Brèves, ambassadeur de Henri IV, aurait, par son intervention, empêché qu'elle ne fût changée en mosquée, un peu avant 1600. M. de Brèves, dans la Relation de ses voyages, s'exprime à ce sujet comme sait; c Peu de temps avant mon partement de ConstantinopIe,je sauvai aussi une église nommée Satnct-Nicolas, desservie par des religieux dominicains, que nous nommons en France Jacobins. »

On conserve k St-Pierre de Galata, un crucifix d'argent doré, sur le pied duquel se trouve l'Inscription suivante : < hoc -{-

OPDS FËCIT FHATER AOQUSTINUS DE COSTENA, PRIOR EQCXESI^ STI-

NicoLAi cossTANTDJOPOLiENSJS. » Le titra du supérieur de cette église fut donc pour celle-ci, comme pour St-Pierre des Pisans, St-Jean des hospitaliers et autres églises, celui de prieur, à une époque non déterminée, d'ailleurs, par le texte de l'inscription. Le règne de snltan Murad IV mit fin aux derniers vestiges de la Latinité de Constanttnople : des deux églises qu'elle avait

■ cr. 8ur les cause! préEUméei de cet év^aernent Part. II ci-apri*, ch. S. BenoÇt.

Dans un rapport de P. Timonl, Sl-Nkolas le tiouvalt prés d» palais d« ConBtanlÎD, dit par les Turcs Tekfoar tarai}. Ailleura dans lea mêmes mémolKs de St. Pierre elle est dite : ■ S. Nicolas ad palatium Conttanttni. »

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conservées dans la ville même, St-Kicolas fat perdu en 1639 ou 1630, c'est-à-dire 176 ou 177 ans après la conquête ottomane; Ste-Marîe, on l'a vu, subit le môme sort sous le règne du même prince, six ans plus tard ', Depuis lors, la Latinité n'a plus possédé d'établissement dans Constantinople, sauf à l'époque de la giterre d'Orient, durant laquelle les sœurs de Saint-Vincent de Paul établirent une ambulance, puis une école, à Gulkhanè, fermées toutes deux en 1860, à la suite des malheureux événements de Syrie.

L'image de S. Nicolas, patron des jeunes garçons et des navigateurs, se trouvait sur une des pierres historiques de l'enceinte fortifiée de Galata, relevées parM. Delaunay, et dont celai-ci a bien voulu nous donner communication. Cette pierre, qui est de l'an 1S49, porte l'image du Saint, surmontée de cette inscription : c S. Nicolans. > Â dextre, on voit l'ècusson de Gênes; à sénesfre, celui des Grénois vassaux des Paléologues ; cette pierre anrait été érigée sous le règne de Jean Paléologue. Chacune des tours de l'enceinte de Galata, ayant un nom particulier, celle sur laquelle se trouvait cette pierre était dite, probablement, la Tour Saint-Nicolas.

De tout ce qui précède, nous croyons donc pouvoir donner quant & la possession des églises latines h Constantinople le résumé suivant :

En ■867-882, les Latins avaient l'église des SPIs Sergius et Bacchus, relevant directement de la juridiction du St.-Sicge.

Les communes politiques ne semblent pas encore formées.

Les premiers Latins qui ont une église nationale, sont les Amalfltains qui ont l'église de Ste-Marie de Latina.

L'autonomie des Amal&tains ne dure pas longtemps, ils sont remplacés par les Vénitiens qui, outre l'église susdite, reçoivent i'ôglise St-Âkindin, qui devient si bien leur propriété qu'on ne la nomme le plus souvent qnel'égliseS.Marc.Cela dure jusqu'ùlaûn.

Les Anglais y eurent ensuite une église sons le vocabble de S. Nicolas et S. Augustin de Cantorbéry, la dernière appellation s'effaçant n'a plus laissé que S. Nicolas, que nous retrouvons jusqu'à l'an 1636.

I On verra plus loin § St-Benott les plaintes formulées par Louis XIII contr* la situation Taite à cette époque A la religion en Orient.

Les Varanges avaient une église Panaiia Varangiotica, mais il est difHcile de l'identiâer avec aucune de celles que noua

Les Pis&ns et plus tard les Florentins ont eu une église de la Très Ste Vierge, Ste Marie de Embolo, et surtout leur église nationale S. Pierre, ou S, Pierre Claviger.

Les Génois avaient anasi leur église, dans leur concession il semble que c'était une église de S. Georges.

Quant à l'église de Ste Marie de Constantinople, dont nous avons parlé, à quelle nation a-t-eUe appartenu, et quel était son vocable? Il semble qu'elle s'estappelée N. D. délie Grazie et, que plus tard elle a appartenu aux Dominicains et est devenue N.-D. du Rosaire.

A. ces églises nationales, il faut ajouter celles que les Ordres religieux, Dominicains et Franciscains, possédaient k Gonstantinoplâ pendant la restauration byzantine.

L'église des Frères Voyageurs pour le Christ, dont nous avons vu le sort, et qui était commune aux deux Ordres : ensuite celles dont nous venons de parler, de N.-D. du Rosaire et de St-Nicolas que les Dominicains avaient la charge de desservir. Ces deux dernières leur furent conservées jusque vers 1636.

Les Franciscains en avaient deux, celle de S.-Antoine qui fut bâtie pour les religieux Observants, comme nous l'avons vu, et une autre dont nous ignorons la situation exacte, et qui fut peu de temps avant la conquête Turque, attribuée aussi aux Observants.

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