ANDREAS. TESTA, PROPRIO. AERE
REEDIFI CAVIT.
' Hamner, Hi'at. deVempire otlom. IV, 98, dit ce qui suit, à l'anoée MDX ou MDXI. x Le 14 8ept«inbre 15U0 ContilaiitiDopIâ fut ébranlée par le plus violent tremblement de terre dont EOn histoire ait gardé le souvenir. 109 mosquées, 1070 maisons, la totalité des remparts de la ville du ■^■'li' 'le tn te.rref?) ]k plus grande partie de ceux du côté de la mer, les 7 Tours (t) les murs du Serai depuis la mer jusqu'à Kaghtché-capou, Turent ruinés de fond en comble, et un grand nomtire d'édifices s'éi:roulérent ; plusieurs milliers d'individus Turent eosevelis sous les décombres.... Ce tremblement de terre tint, durant 45 jours, Constantinople et les provinces d'Europe et d'Asie en de continualIeH alarmes... la mer furieuse roulait «es vagues au-dessus des murs de Constanlinople et de Galata, inon<Iant les rues ds la ville basée et du faubourg. Dans Ste-Sophie. l'enduit, recouvrant les mosaïques byzantines, tomba entièrement, et l'on vit reparaître les gigantesques images des évangélistes, comme si ceu.\-ci, par leur présence, eussent voulu protéger les églises chrétiennes, qui furunt tiMles ppiiraiicfH au milieu de cette ruine générale. Sultan Haiezid fit dresser dans le jardin du Serai, une tente légère,
BOUS laquelle il demeura lU jours I.orsque la fureur des éléments parut
apaisée, il convoqua un Divan, pour le rétablissement immédiat desinurs de
Conatantinopte dans l'espace do dix mois, du 10 juin llilO, au 3fl mars
1511, les murs de Constanlinople et de Galata furent restaurés ; on 3 employa 3,tKXI maçons, 3,000 muallems comme journaliers, et «00 lahia comme chaufourniers. Un auteur ri.\e à 73,000 le nombre des hommes employés à ces travaux de restauration, n Le fragment de l'inscription Testa attribue la restauration, faite à ses frais,
( Cet André Testa est le premier de cette famille que nous trouvons établi à Constantinople. On ne sait à quelle époque elle y était venue, de Chio, son lieu d'origine. Est-ce quand les Génois se rendirent maîtres de cette lie après la prise de Constantinople? Était-elle à Galata antérieurement? La seconde supposition semble plus probable, puisqu'elle était en état de relever à ses frais un mur de la ville, 70 ans après cette data douloureuse. On peut donc croire qu'il était le fils d'un de ces Génois qui furent compris dans la capitulation avecMehemmed I^ en 1453. On sait qu'après cette capitulation, Mehemmed qui avait d'abord démoli une partie des murs de la cité,Iaissa les habitants les rétablir à leurs propres frais. Après le tremblement de terre, il est donc vraisemblable qu'un Testa fut assez généreux et assez riche pour en rétablir une partie, et c'est en mémoire de cette action généreuse que fut (gravée l'Inscription ci-dessus, qui se conserve jusqu'à présent dans la maison de cette famille appartenant aujourd'hui à M.Charles Testa. (Mgr Charles Testa, de la même famille, longtemps vicaire général, puis ëvëque de Phacuse, a vécu et est mort dans lu même maison.) i
A ma demande, M. Alfred Testa a bien voulu faire des recherches pour retrouver cette pierre, comme aussi l'endroit des murs où elle avait été placée : ses investigations sont restées sans snccès ; la pierre retirée, pour une raison quelconque, de l'endroit où elle avait été placée, a disparu, et l'on ignore aujourd'hui ce qu'elle est devenue. Toutefois, comme on ne saurait mettre en doute l'existence de cette inscription, une partie de la figure, et le texte étant conservés dans les papiers de la famille, ce document, à part tout intérêt particulier, offre cette importance qu'il atteste une fois de plus « la conservation des murailles de Galata par les vainqueurs, et constate en outre la faculté laissée à ses habitants d'en réparer les parties d^adées ou tombées en ruine. >
En somme l'ensemble des fortifications de Galata se composait donc : de l'enceinte, successivement reculée et agrandie
à l'an 1513. 11 faudrait peut-âtre subslituer la date de 1510 ou 1511 à celle de 1513, D'après Uiovio {Fotti illii^tri ,/i RHim, dans Sansovino). 11 est en effet difKcile d'admettre que celte |>artie de la restauration des mure de Galata n'ait élé accomplie qu'au bout dn 4 années, après le désastre dont l'inacription elle-même fait mention.
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jusqu'aux limites indiquées aa plan ci-dessus, et comprenant, du côté de la mer, le château de Qalata, où se trouvait, à la pointe, la tour de la chaîne, plus haut du côté de la terre l'enceinte fortifiée de St-Benoit, et enÛB la Tour du Christ, dominant le tout, vigie défensive, du cétéde la terre, comme celle de la Chaîne du cdté de la mer.
St-Beooit, ou plutôt son enclos, paraît en effet avoir été luimême un ouvrage de défense, complément du château de Ga^ tata, et de la Tour du ChiHst, et les reliant entre eux, en dehors de la délimitation de 1303 et 1304. Cet enclos formait un carré long entouré de tous côtés par une muraille crénelée, défendue, au moins sur deux de ses angles, N-O et N-E, par de grosses tours rondes. St-François et St-Paul, dont il sera parlé plus loin, n'avaient pas d'enceintes fortifiées, ces couvents étant dans l'intérieur de l'enceinte. Enfin la tour carrée du beffroi de St-Benolt parait elle-même avoir été la tour de vigie de cet ouvrage militaire'.
Mais revenons en arrière pour reprendre la suite des événements, après nous en être écartés fort longtemps. En 1386, la commune s'engagea, par traité, à prendre les armes pour la défense de l'empire, contre les ennemis extérieurs ; ce qui ne l'empêcha pas, l'année suivante, de confirmer, auprès de Sultan Murad, les engagements contractés antérieurement par elle, avec Orkhan -. Aussi quelques années plustard, la métropole envoyaitelle quelques forces au secours de son allié, l'empereur grec, contre Baïezid lildirim. Le roi de France, de son cùté, fit armer k Gènes deux galères, sur lesquelles Boucicault s'embarqua. n se rendait en Asie avec ses preux; mais ayant appris que Péra et les fiiubonrgsdeConstantinopIe étaient attaqués par les Turcs, il y conduisit ses chevaliers. Ce secours inattendu déconcerta l'ennemi, et Péra fut sauvé. Ces nobles aventuriers protégèrent le pays durant un an. Les Ottomans n'en continuaient pas moins de menacer la colline de Péra, qu'ils considéraient comme le principal boulevard de Constantlnople. Le redoutable rival tartare des Ottomans, Timour, instruit que les chrétiens étaient,
' Voir sur Tart militaire dus croisé», l' h' (ic/e uni lUitn-re det croisé» en Syrie. parO. Rey. Pari» li ' Saulf, II, S5.
aussi bien que lui, ennemis de BdSeàd, fit parvenir aux Galatiotes ses encourageioents et leur envoya des présents'. Ceuxci y répondirent par des démonstrations, en arborant solennellement, dans Péra, le drapeau du conquérant mongol. Celui-ci les délivra de Baïezld ; mais cependant il ravagea les colonies génoises de Smyrne et de Phokia. Manuel parcourut la France et l'Angleterre, pour y solliciter des secours ; il vint aussi à Gtênes, où il fut reçu par Boucicault, avec de grands honneurs. L'état lui promit l'envoi de trois galères armées,- qui devaient surtout pourvoir à la défense de Péra, et lui donna en présent 3,000 florins 2.
Toutefois, et peu de temps après que sultan Méhemmed II eut élevé, sur la rive droite du Bosphore, une forteresse semblable à celle que son père avait construite sur la rive gauche, aux Eaux douces, les Galatiotes effrayés des événements qui s'an- Qonçaient dans un très prochain avenir, envoyèrent au sultan deux députés qui renouvelèrent avec lui les anciens traités*. Nous avons eu communication d'un t commandement contenant des privilèges, en forme de capitulations, accordées aux Génois, natifs, habitants de Galuta et aux Galatiotes, par Sultan Mebemmed II, et daté d'AndrinopIe, le 7 sefer, 855 — 1451 de Jésus-Christ, dans la personne de Peroz, Gara, Ayoz, Agortez et Arcaz (?,) princes et ambassadeurs de la ville de Galata, demandant particulièrement de Francisco, agent du sultan, de
' yiaceaa, Higioire 'le la Ri'puhUqnc de Génaa. 112 et aeq.Timour ne raisait que suivre, en cela, la politique de ses prâdëcesBeura : ainsi, tnndis qu'à Boukkhara et à Samarqand, les BoIda.ts deDjinguiz tran s formaient les mosquées i:iiécuries,leschrétiens]ouissaient d'une grande liberté dans ses états; dans le camp mime de lloulagau, le destructeur du Khalifat, par la grande épouse de ce prince. Les Khans mongols entretenaient des correspondances atfec leapnnces chrétiens, notamment avec les rois de ^'^inoe ; la formule du signe de la croix se lisait sur les monnaies de certains d'entre eux ; enfin l'on crutà la possibilité d'une alliance entre eux et les croisés ; mais malgré les apparences qui purent donner le change à rt:urope, ces peuplades, indifTérentes, pour le fond, ù toute croyance religieuse quelconque, n'avaient d'autre but que la domination ; et quoique devenus musulmans, Qhazankhan, Khouda-Baudé et Timour n'en furent pas moins les ennemis de leurs nouveaux coreligionnaires, ijuand ceux-ci étalent un obstacle a l'exercice de leur domination. (V. Aoj Triiiti'K el C/ipiliilolions de la Frarwc en Orient, p. 40.)
' V. Vincens. toc. lau-l. p, 119, 120.
3 Sauli, II, 149.
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traiter av«c ce prince, leqnel leur accorde des garanties, immunités, pour leur commerce, leurs navires, leurs personnes, etc ' . »
D'autre part, Gênes vint au secours de la capitale byzantine, menacée de plus en plus : elle lui envoya deux galères sous le commandement de Ctiovanni Giustiniani, qui deux ans avant le siège de Constantinople avait accepté le titre de podestat de Crimée^.
Quoi qu'il en soit, la colonie galatiote jouait, en quelque sorte, un double jen : elle défendait l'empire, et en même temps, cbercbait à se ménager la bienveillance de I'3ssaillant\ Pendant ce temps, l'empereur qui s'était préparé à la mort, par la réception des sacrements, se dirigea vers la porte St-Romain, pour la défendre. Il succomba au milieu des siens, et la capitale tomba elle-même au pouvoir des Turcs *. Beaucoup de Génois qui avaient combattu pour l'empereur furent tués, d'autres se retirèrent sur leurs navires, ou sur ceux des Vénitiens ; les autres enfin, restés spectateurs, se jetèrent néanmoins dans leurs navires arec leurs trésors. MaisMëhemmed ne voulant pas compromettre le résultat de la conquête, députa vers eux Saqnos Pacha, pour les engager à ne pas déserter les lieux, leur donnant en même temps l'assurance du renouvellement des traités conclus par eux avec les empereurs grecs. Après en avoir ' délibéré, les cbefe' de la colonie décidèrent d'envoyer au vainqueur les clefsdeleur ville. Celui-ci parut les recevoir avec bonté, et les Galatiotes, croyant l'avoir apaisé, lui députèrent ensuite des messagers pour solliciter le renouvellement des privilèges byzantins. Changeant alors de visage, sultan Me* hemmed reprocha aux Galatiotes le manque de sincérité de leur conduite, et leur attribua l'insuccès de ses premières opérations, par les secours qu'ils avaient donnés à l'empereur ; ils durent dès lors renoncer au renouvellement pur et simple de leurs capitulations avec les Grecs ^, et se contenter de celles que le vainqueur leur accorda. Selon le rapport de Sauli ^, le podestat
1 Une version française de cette capitulation se trouve dans les archives de rAmbasiade de France. Renueil ileê Traitég, etc. II. ! Sailli, II, 153.
>• Hammer, ITI, 168.
•Sauli, lor. lau'l. 11,172.
de Galata ■ n'aurait pas Toala signer l'acte de capitalation, qui fut rédigé seulement au nom des bourgeois sub nomine burgenstum.)
Le conseil supérieur de Gènes, vu l'impossibilité où se troavait la République de faire passer des forces suffisantes en Orient, décida de remettre les affaires de la Mer noire al magistrato di San Giorgio, et lui transmit toute sa souveraineté sui' les autres contrées de l'Orient; en un mot la République se dépouilla, ainsi que l'U/flsio de Romanie, de toute sa souveraineté, en faveur du Magistrato di San Qtorgio-.
On Ut dans une relation contemporaine, relative aux événements qui précédèrent la chute de Constantinople ^ ; « XXVI. Peyre n'avoit eu nul assault, et estoit la plus grande part des Peyriens à Constantinople pour deffendre. Ceulx qui estoient à Peyre, qui neavoient rien esté de leurs biens, délibérèrent de bailler les clefe au Turc, et se recommander à luy, et luy offrir la cité, où il s'y avoit en tout six cens de hommes et de femmes, montèrent sur une nef de Gennevois pour s'en aller ensemble audit Jacques (?) que une accoinsaire chargée de femmes de Peyre fut prise des Turcs, i Christoforo Ricbîero* dit que ï les conditions de la capitulation ne furent pas observées, et que Pèra n'aurait pas échappé aux horreurs d'un siège. »
On trouve également dans le R. P. Vigna' d'après il Peratto : « Après dix (?) ans de siège, Mehemmed II, roi des Turcs, s'était rendu maître, le 29 mai 1453, de la cité de Constantinople, capitale de l'empire grec ; mais on avait eu soin, quelque temps auparavant, de transporter dans la ville voisine, de Fera,
' Selon une note ^^VAtgedio di Conitantinopoli, ce poilestat aurait été Angeio Zaccâri&.-et d'après Serra, A ngelo Giovanni l.omellini. Selon M. Is Chev. de Sîmoni, Memorie délia conqaUta di Conttanlînopoli de Aiiamo Hi Mootaldo, le Podestat de Péra, alors en service était [/)mellini. Cr. aussi Pueculusaoaoté parle D' Dethier, p. 340.
' Sauiî, II, 173.
' Rcl'itiim du Florentin Giacomo Tbidaldi. présent à la prise de Constantinople le X.\IX may, 1453 (TAegaiirut nr.Du.s anrrdotorum. l'aria 1717) /nformatiofi» enrayées en 1453, tant par Francisco de Franc, à Mgr ie Cardinal d'Avignon, que par Jehan Dlanchin et Jacques Tedalrli, marchand florentin, sur la prinse de Constantinople. (Dethier, loc. taud. 887,904.)
• Rapporté par .Sansovino, p. 6(1. Venise, 1564.
» ïaitstr<uii>ne Morira... ilelVanlii-kiasima Meta di Sta Maria di Cattello, inCenoea, parle R. P. Vigna, Gènes 1864. p. 139.
alors au pouvoir des Génois, an grand nombre de saintes retiques. En 1461 <, avant que cette cité de Péra tombAt entre les mains des Turcs, ces reliqnes forent envoyées à Gènes et distribuées, en même temps que bien des ]ivres et autres choses de prix, entre les églises et les principaux monastères, par quelques patriciens députés à cet effet par le sérénissime gouvernement. Dans le monastère de Sta-Maria di Castello, le !'■' octobre 1461, (après que les administrateurs de l'église eurent pris l'engagement de restituer leur dépôt aux églises d'où ils avaient été tirés, si jamais ces pays revenaient au pouvoir des chrétiens, comme il eonste d'un papier, conservé dans la sacristie, dressé par Giacomo Bracelli, notaire public, et signé par les seigneurs Paolo Lorenzo, et Baldassare ûiustiniani), on déposa les reliques suivantes : trois croix d'argent contenant des fragments de la Sainte Croix ; les reliques de St Paul et de St Bartiiélemy apôtres ; de St Lazare, le ressuscité ; de St Denys, évèque et martyr; de St Constantin, empereur; de Ste Agathe, de St Jean-Baptiste ; des SS. Martin et Rafaël, évèques ; des 88. Grégoire, Urbain, Philippe, Daniel; de Ste Marguerite ; des SS. Martyrs Maurice, Ignace, Pierre de Vérone, Biaise ; un doigt de Ste Madeleine et de St Laurent, un bras et la main de Ste Praxède ; une partie de la main de St Etienne premier martjT ; enBn des morceaux du cilice de SIe Catherine et de la chappe de St Vincent Ferrier. 0 y déposa encore deux corbeilles, l'une d'argent, l'autre de serpentine, pleines aussi de diverses reliques sans nom. On y déposa encore différents autres objets, entre autres vingt-quatre valûmes et la sainte image Notre-Dame, dite de St Luc- travaillée sur argent, et ornée de perles et d'un anneau précieux : elle est encore exposée chaque jour b. la vénération des fidèles sur l'autel de l'Assomption. >
La capitulation donnée par sultan Mehemmed aux Péro-Galatiotes laissait à ceux-ci c leurs biens, maisons, magasins, vignes, moulins, navires, barqnes, etc., et elle leur accordait le
< Ne faut-il pas lira 1451 f date qui tomipoDdrait aux apprUenaion* Jn*plrâe> aux Galatiolea par aultan Mehemmed, avec lequel, en cette même aonée, U* conolurent une lorte de capitulation, comme on a vu plus haut T
* E«t-il encore question de l'Hodighitrîaa, dont il a <té parlé plua haul(N.D. de Coaitanlloople)! Il pantttialt aaaez qu'il eat ici question d'un de caa nombreux tableaux que l'on attribue & St Luc.
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libre trafic daus tout l'empire, l'âxemptioa de doaane,du service forcé, moyennaDt paiement de la capitation; la conservation de leurs églises, de leurs cbants. Tout en interdisant l'usage des cloches, elle promettait de ne pas convertir les églises en mosquées, mais interdisait d'en construire de nouvelles ' ; elle laissait le jugement des affaires commerciales à un ancien, élu par la commune, et autorisait l'élection d'un des membres de celle-ci pour l'administration de ses affaires-. >
D'après Hammer,ciDq jours après la chute de Coostantinople, sultan Mebemmed se serait rendu à Galata pour y faire exécuter les démolitions stipulées dans la capitulation : f Na khalaço ton castron tou. Je démolirai le château', > Selon Sauli*, le sultan fit démolir les murailles seulement du côté de terre, laissant debout celles qui regardaient la mer ; il ordonna ensuite que les maisons et magasins des fuyards fussent mis sous scel-^ lés, après inventaire de leur contenu, pour le tout être remis aux légitimes propriétaires, dans le cas où ceux-ci rentreraient à leur domicile, dans le terme de trois mois. Un navire leur fut expédié, pour les informer de ces dispositions. Il ne parait pas que cet appel fat entendu et que Galata reprit son ancienne physionomie : loin de là ; bon nombre de ses habitants émigrèrent ; il se dépeupla, et pour longtemps : < Galata, dit le ' baileCt. Moro, en 1 590, prima abitato da Cristiani... è occupato al présente per la maggior parte da Turcbi, tanto dentro, quanto aU'intomo ^ >
Les rapports relatifs au sort de Galata après la prise de cette ville, bien que constatés par de nombreux témoignages, paraissent, en apparence du moins, être contredits par les faits. Sansovino* termine sa lettre adressée de Chio au pape Nicolas V, le 17 août 1453,par le récit de la capitulation des envoyés
' Cf. mon fetva sur la condition des Zlminia.
* Hammer, loc. laud. \l, 525. Négocialiom de la France ilann le Leeant, I," CXIX. Selon Hammer, XII, 120, cette capitulation aurait été renouvelle en 1613.
ï Hammer, II, 523.
* Loc. laud. II, 172.
* Relation! renetc, 3* térie, III, 334.
■ Notices et extraits de mst. pièces diplomatiques tirées des archives de G4QBS, XI; reproduite aiiss! daus Sauli, II, 163.
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pérotes, et ajoate que le sultan ordonna la démolition c delta toTTe dt Santa Croce, au haut de laquelle se trouvait une croix ', et que cette tour fut ruinée jusqu'aux fondements. » Le même témoignage est rendu par le cardinal Isidore Rutheno, dans sa lettre au pape, après la prise de la ville ' ; < Turcbi occuparono Fera, poco di lungl, sptanando le sue mura flno a terra. Délie campane dî cbiesa, fecerono bombarde, Ttiandarono a terra ta torre del Croce, in cima délia quale era un gran croce. > Crasius^ rapporte aussi les mêmes faits. Enfin, on lit dans la version latine d'une lettre datée de Péra, le 33 juin 1453, et publiée par Sylvestre' de Sacy* : le sultan... < burgos et partem fossorum de Castro dirut fecit, turrîm Sanctœ Cruels dlrui fecit'^... Selon les renseignements qui nous ont été fournis par S. E. Ahmed Vefyq effendi, d'après les bistorieus turcs, sultan Mehemmed aurait ordonné, en effet, la démolition de la tour du Cbrîst et des murailles d'enceinte ; mais il se serait contenté de faire couper seulement la tour de dix archines^ dans sa hauteur, et de raser çà et là les murailles sur une étendue de 40 arcbines. Après avoir ainsi fait acte de souveraineté, le sultan n'aurait pas été plus loin ; et Saghanos- Pacha, signataire, pour sultan Mehemmed, de la capitulation galatiote, et dont l'un des descendants vivait encore en 1868, aurait fait ensuite relever la tour, en y remplaçant la croix génoise par le drapeau ottoman.
Depuis la publication de la première édition de ce travail, j'ai été assez heureux, grâce à la libéralité de M. le B"" Alfred Testa, pour avoir communication de documents appartenant à la succession de son père, le B"" Ignace Testa : le premier est
1 Édit. de 1564, p. 61, verso.
* Les armes de G6nes se composaient d'une croix, partageant l'écusson de part en part.
' Sansovino, p. G3.
* Turco-Grœna, p. 54.
' On voit ici clairement établie la distinction entra le château de Galata et, la Tour de Sainte-Croix. Jean de Lastic, grand maître de Rhodes, écrit aussi dans sa btdU t Robert de Latil, prieur d'Angleterre, d'Irlande et d'Ecosse : Peram, cinilatem Janaansium, »inc armis, magnas Teucer prwfatUÊ
obtinuit, muros ejua solo œquavjt, incolis censum imposuit (Dethier,
* L'archiae est à,e 65 centimâtrcs.
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l'original grec de la capitulation galatiote, dont voici la description exacte :
f En tète, en caractères turcs le Toughra impérial, dans lequel on lit le nom du conquérant, « Mehemmed, > puis audessons, le texte grec, dans lequel je lis, avec M. Dethier, i na ml khalaçà ton castron tou, > je ne détruirai pas la place, ( le cb&teau, l'enceinte fortifiée. > Le négatif employé au lieu de l'affirmatif de la version Hammer; le texte entier de cette version est moins humiliant et plus honorable, dit M. Dethier, que la version donnée par Hammer. Le document se termine par ces mots écrits en caractères turco-arabes ; Tahriran fl eoà/Oiirt djemasi ul eioel sêne'i seba au khamsin au temân-mUébi maqàmi costantiniié ■■
et plus bas au milieu de la page, de petit format d'ailleurs, et roulée autour d'un petit rouleau en bois, Hatvara-ho Zaghanos elfaqyr, c donné dans la dernière décade de Djémaziewel 857 — de notre résidence de Constantinople.
écrit par Zaghanos le pauvre. >
M. Alfred Testa a bien voulu aussi nous communiquer le renouvellement turc de la capitulation galatiote, donné par sultan Ahmed, en 1022 de l'Hégire. Après le préambule, on y trouve rapporté, littéralement, la capitulation, citée plus haut et signée pour sultan Mehemmed,par Sagbanos.On ylitle passage turc suivant, traduction âdèle de la phrase grecque reproduite ci-dessus :
ben dahht uzerlertné asker ilé vamp, calàlerêni iiqup hharalf etméïêim < de plus, je ne marcherai pas contre eux pour détruire et renverser leur forteresse.... les habitants conserveront leurs églises et leur culte; mais 11 leur est interdit de sonner les cloches ( Tchân] ou de se servir de crécelles (niqous.) Je ne convertirai pas leurs églises en mosquées, mais ils ne pourront pas en élever de nouvelles <. >
Une version française de ce document existant dans les archives de l'ambassade [Recueil des Traités, etc.) porte : f Je n'irai pas contre eux avec des troupes pour détruire leur château. >
D'autre part nous lisons dans une traduction française de la eapitolation galatiote, existant dans les archives des RR. PP. Capucins de Péra :
< V. DOtre fetaa sur la condition dei tinunit.