CHAPITRE IV
COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES d'hOMMES. ÉCOLES DE GARÇO>rS.
Les communautés religieuses d'hommes, dont nous avons parlé jusqu'ici, étaient anciennes dans CP. ; elles avaient été mêlées à la vie de la Comunità : elles avaient eu aussi, dans une certaine mesure, leur part, dans le gouvernement ecclésiastique : nous allons parler maintenant de communautés, vivant de leur vie, et ne se rattachant que d'une manière indirecte au clergé diocésain. Nous en trouverons même qui sont essentiellement laïques : c'est donc un genre de choses tout à fait à part.
Nous en parlerons suivant l'ordre de leur installation à CP.
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Les prêtres de la Mission ou Lazaristes. 1783.
Les prêtres de la Mission ont été fondés par St Vincent de Paul : ils furent appelés Lazaristes quand ils se bansférèrent à ]a Maison St-Lazare, à Paris, faubourg St-Denis, qui leur avait été donnée par Louis X.III en 1632. St Vincent s'était occupé beaucoup, par lui-même et par ses prêtres, des cbrètiens captifs chez les musulmans ; mais son attention et ses soins s'étaient dirigés surtout du côté des états barbaresques. On ne voit pas qu'Usaient fait aucune apparition à Constantinople jusqu'à la
&n du xvm' siècle. Après la suppression des Pères Jésuites en 1773, M. de Saint-Priest, ambassadeur de France, avait demandé que les Lazaristes fussent appelés à les remplacer; mais cette Congrégation déclara par l'organe de M. Viguier', préfet apostolique à Alger, qu'elle n'accepterait la cession de ces établissements, qu'autant qu'ils seraient placés sous la protection de la France et libres de toutes dettes. Or les établissements des Jésuites dans le Levant étaient extrêmement obérés. Le gouvernement dn roi, après maintes délibérations, consentit à amor- . tir les dettes, et à protéger les Missionnaires. Un arrêt du roi, en date du 33 décembre 1780, donna donc aux Lazaristes St-Benolt et les autres maisons des Jésuites supprimés. On s'adressa alors à Rome pour avoir l'approbation de la Propagande ; pour diverses raisons cette approbation fut retardée jusqu'au 23 novembre 1782, M. Viguier, premier supérieur arriva enfin à Gonstantinople le 19 juillet 1783. II fut aussitôt rais en possession par une ordonnance de M. de Saint-Priest.
Les Lazaristes commencèrent un ministère difRcile et faisaient du bien. En 1793, après la déposition et le départ de M. de Choiseul-GoufSer, ambassadeur de France, les députés du commerce restèrent seuls chargés des intérêts de la nation : or, comme les idées nouvelles avaient pénétré dans leurs esprits, Us voulurent exiger de M. Viguier le serment constitutionnel. Celui-ci, très attaché à l'ancien régime et aux idées catholiques, refusa le serment : alors le représentant de la France, en vertn du droit ancien, confirmé par les capitulations, délégua quatre commissaires accompagnés du chancelier de l'ambassade, pour procéder à l'inventaire des objets existants dans l'église. À cette occasion la f magnifica Comunità », qui avait cherché à se reconstituer, protesta pour ceux de ces objets qui appartenaient à la chapelle de Ste-Anne ; il lui fut répondu que l'on n'y toucherait pas ; la t Comunità > fit des démarches auprès de la Porte, pour obtenir la consignation de l'église deSt-Benolt, dont l'administration temporelle avait été donnée, le 17 février 1793, à un économe nommé par la Nation. La République n'ayant pas encore été- reconnue par la Porte, celle-ci prit le parti d'ajourner
I Autour d'un ouvrage eatîmable intitulé : Élément» de la langue lurgtie, u TabUt analytique» de la langue turque utuelle. CoQStautiaople, In-l-.
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sa décision ; seulement elle nomma pour Inspectear le Woivode (directeur de police) de Galata, et confia la supériorité k xm missionnaire, es-Jésuite, Delenda ', né sujet ottoman.
Le citoyen général Aubert-Dubayet, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la Républit^ue, en 1797, confirma, proTisoirement, le P. Delenda dans sa supériorité ; mais ayant TU que l'opposition aux Lazaristes masquait en réalité une opposition à la France, il nomma en qualité de supérieur-administrateur à St-Benolt, M. Renard, Lazariste, ancien supérieur de Tripoli et de 3myme qui était venu à Constantinople pour ses affaires. C'était le 16 fructidor an V. Alors les Rayas latins, excités d'ailleurs par le premier drogmao d'Angleterre, M. Dane, et par l'internonce d'Autriche, le baron d'Herbert, firent de nouvelles démarches auprès de la Porte, pour obtenir d'elle que la France f(tt dépossédée de St-Benott. Le chargé d'affaires, M. Ruffin, opposa à ces prétentions ane énergique et efficace résistance. Enfin la Porte ordonna an Woivode de Galata d'aller lever les scellés turcs, précédemment apposés ; et l'on remit à cette occasion, aux commissaires français une déclaration écrite portant que l'église et le couvent de St-Benolt étaient c rendus > aux ambassadeurs de la République c pour les administrer, prot^er et posséder, comme par le passé - >.
Mais l'expédition d'Egypte ayant amené une rupture entre 1& France et la Porte, M. RufDn, qui avait soutenu si efficacement les Lazaristes, fut arrêté et enfermé aux Sept-Tours. Les ennemis des Lazaristes reprirent l'avantage, et ceux-ci furent expulsésde St^Benott et enfermés au palais de France,30 septembre 1798. M, Renard n'en sortit que le 4 décembre. Il se retira à Buyukdérè. Le P. Delenda fut encore nommé administrateur de St- Benolt.
Pendant qu'il agissait contre les Lazaristes à Constantinople le baron d'Herbert agissait aussi à Rome pour faire atti-ibner à
' Le P. D«lenda était de iSantorin et son lieu d'origine ne fut peut-Atrepa» étranger au choix qui fut fait de sa personne. Sa qualité d'cx-Iésuite permettait aux anciens religieux de -SUBenott d'espérer une réintégration dans leur Église. D'autre part sa qualité de Raya était d'accord avec les prétention* de la confrérie de Ste-Anne qui cherchait alors au détriment de la Fraoca A reconstituer la « Magnifica Coiiiuniià s de jadis. Le P. Albini, également ex-Jésuite, accompagnait le P. Delenda.
' Archives de l'ambassade de France.
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sa couronne la protection des catholiques du Levant ; mais le cardinal Àntonelli, Préfet de la Propagande, résista énergiquement & cette prétention et maintint le privilège de la France.
Enfin en 1803, après la conclusion du Concordat, les Lazaristes furent reconnus propriétaires de St-Benolt et remis en possession par M. Ruffîn, sorti des Sept-Tours, depuis le 35 août. Hs en ont joui paisiblement depuis lors '.
L'église et le couvent de St-Benolt sont devenus le centre le plus actif du zèle religieux à Constantinople. Les Missionnairesontre le collège, s'y sont occupés toujours de toutes les œuvres^ d'enseignement, d'apostolat et de charité, établies par leurs prédécesseurs, et de celles qu'ils ont établies eux-mêmes.
Parmi les services qu'Us ont rendu à la religion nous devons signaler le secours puissant accordé aux Arméniens catholiques, pendant leur dernière persécution (183S). M. Bricet, alors préfet de la Mission les reçut & St-Benolt, leur donna pour abri les maisons dépendantes de la Mission ; et leur rendit tous les services imaginables, avec une générosité qui lui valut plus d'une fols les reproches de ses confrères et même de ses supérieurs. Les Arméniens d'alors aimaient à proclamer que si leur nation avait pu surmonter la persécution et si enfin elle avait pu se constituer en un corps indépendant, c'est en grande partie à M. Bricet qu'elle en est redevable.
L'égliae de St-Benolt, telle qu'on la voit aujourd'hui, ne date que de 1733, époque de sa dernière reconstruction ; la tour du hef^i on clocher adossée sur l'avant, au flanc droit de l'église, et snr laquelle Hotte le drapeau français, aux jours de solennité ^, est seule ancienne, elle parait dater du xm- siècle. Par l'efi'et d'une habitude traditionnelle, cette église est souvent désignée par l'un des termes suivants : i église des génois, église des jésuites, St-Benolt. i Elle a été sérieusement menacée par l'incendie qui, dans la nuit du 30 au 21 février 1865, détruisit la partie de l'enclos de St-Benolt dite la maison de la Providence; elle n'a dû sa conservation qu'au zèle et aux efforts des officiers et matelots du stationnaire français t'Ajaccio.
» Cr. ci-dessus, Ste-Marie île* VMiti:
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L'église St-Benoit a été restaurée, et entièrement transformée à l'intérieur, durant l'été de 1871, sous la supériorité ieM. Salvayre. Le tableau de l'ancienne église du bagne a été placé audessus de la porte d'entrée latérale, et remplacé, au-dessus du sanctuaire, par l'image de St Vincent de Paul, fondateur de la congrégation des Lazaristes.
En outre de la procession de Pâques, dont il a été parlé plus haut, les Lazaristes font intérieurement et extra mur os, le jeudi du Corpus Domini, à l'issue de la grand'messe, la procession de la Fête-Dieu avec une grande pompe. La procession sort, à l'extérieur, par la porte de Notre-Dame de la Providence, et rentre dans l'enclos par celle du collège ; trois reposoirs sont dressés dans l'intérieur de l'enclos ; à la maison des sœurs, au palier du grand escalier et dans la cour du collège.
Outre les inscriptions dont nous avons parlé au chapitre de St-Benolt, on voit dans l'église, sur le pilier central, à droite avant la chaire, les inscriptions suivantes :
Ci-o1t Louis-Flohent Lkleu, visiteur et préfet apostouqde
DES missions des Lazaristës en Turquie, en Grèce et en Perse,
FONDATEUR DES ÉTABLISSEMENTS DES FbËRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES
ET DBS Filles de la Chartié dans le Levant, décédé le 11 novembre 1846, A l'ace de 46 ans.
A droite une pierre à la mémoire de
Piebre-Paul Gamba, supérieur ms hiëtres de la uission^