DÉCÉDÉ LE 13 MARS 1860, ÂGÉ DE 43 ANS
A gauche :
Jérusalem.
A la mémoire de la mère des pauvres.
Ci-g1t SŒUR Françoise-Marie Lesueur, btlle de la GHARrrÉ, sopê-
RIEDRE DE LA MAISON DE LA PROVIDENCE ET FONDATRICE DES ŒUVRES DE CRAIUTÉ A GP., DÉGÉDÉE LE 6 AVRIL 1863, A l'aQE DE 64 ANS.
œm'BES DBS raÈTRES DE LA MISSION.
Suivant l'esprit de leur saint Fondateur , les Lazaristes se sont occupés, depuis leur arrivée à Constantinople, i^ faire le bien sans bruit : ils ont avancé peu à peu et il est venu un moment où l'on a pu dire que toutes les œuvres de charité et de zèle avaient leur inspiration à St-Benoit.
Dès que leur sort fut fixé, en 1804, ils ouvrirent le collège dans les anciens bâtiments de St-Benoit, assez diminués par l'hôpital qu'on y avait annexé. Ils se contentèrent de cette occupation et du ministère de l'église, pendant des années. Mais en 1839, les esprits en France s'étaient tournés vers les institutions religieuses et charitables, c'était le moment où se fondaient les grandes œuvres catholiques : or il y avait alors h CP. un archevêque français, intelligent et zélé, Mgr Hillereaa, et à la Mission un préfet jeune, actif et rempli de l'esprit de Dieu, M, Leleu. C'est alors que commencèrent les institutions que nous admirons maintenant dans le Levant.
Le collège de St-Benott donnait l'enseignement à la classe supérieure de la société catholique, mais il n'y avait rien pour les femmes et rien pour les garçons du peuple, sauf les écoles paroissiales, petites et mal organisées. M. Leleu fit donc venir les Filles de la Charité, 1839 ; en 1841 il y appela les Frères des Écoles chrétiennes et les installa dans les bâtiments mêmes de St-Benolt. Avec le temps ces instituts se sont agrandis d'une façon merveilleuse et comptent de nombreuses maisons tant à CP. que dans le reste du Levant. D'autres congrégations religieuses sont venues ensuite, mais celles-là ont donné le branle après avoir ouvert la voie.
De 1846 à 1853, la Mission a créé les Conférences de St-Vincent de Paul, les Associations des Dames de charité, et des Enfants de Marie, et toutes ces œuvres de charité et de zèle qui font tant de bien dans la ville. Elle a été en un mot le foyer d'où est parti presque tout le bien qui s'est opéré il CP. parmi les catholiques. Les hérétiques eux-mêmes s'en sont ressentis car ils ont imité chez eux ce qui se faisait chez nous.
On a remarqué de plus que la première cloche qui ait été entendue à Gonstantinople a sonné à St-Benott.
Nous allons énumérer les principales œuvres auxquelles s'occupent Messieurs l3s prêtres de la Mission.
1° La Mission. Dans la Maison de St-Benolt, nous devons d'abord signaler c la Mission >. Elle se compose du Supérieur régional, qui a le titre et les pouvoirs de Préfet apostolique et de Visiteur de tout le Levant. C'est de lui qne relèvent, dans un très large rayon, les maisons des Lazaristes et des Filles de la Charité.
Un nombre, toujours trop petit, de missionnaires s'occupe sous sa direction du ministère ecclésiastique et des oeuvres.
C'est d'abord l'église publique de St-Benolt, jadis la principale de la Latinité, elle a vu la plupart des catholiques latins émigrer vers Péra, mais elle attire encore, surtout à certains jours, une foule de fidèles, qui viennent y entendre la prédication et y recevoir les secours religieux.
Les missionnaires ont ensuite la direction spirituelle des Filles de la Charité, répandues dans la ville et le district.
Ils ont fondé et continuent de diriger les associations des Enfants de Marie, des Dames de Charité, des Conférences deSt-Vincent de Paul, de la Société Tinio, de toutes les écoles et autres œuvres qui sont sous la direction des Filles de la Charité.
Une de leurs occupations encore est la traduction et l'impression en turc et en grec, des livres catholiques.
On peut dire que si d'autres qu'eux travaillent au bien, d'une façon ou de l'autre, les Lazaristes s'y emploient de toutes ces manières. Et quand on les demande, ils vont encore prêcher, en toutes les langues si multiples du pays, dans les églises ou chapelles étrangères.
3" Collège de St-Benott. Ce collège, fondé en 1804, est incontestablement le plus ancien, et il fut pendant près de soixante ans le seul établissement catholique d'enseignement littéraire à CP. Il fonctionna pendant longtemps dans les anciens b&timents restaurés et agrandis; mais enl840M. Leleu,de vénérable mémoire, le voyant trop à l'étroit, à cause des autres œuvres qui venaient lui disputer sa place antique, le transféra à Bebek, dans une propriété acquise aâ hoc. En 1843 il reçut du roi Louis-Philippe, le titre de < Collège Royal i avec uncer-
tain nombre de bourses, qui lui sont encore continaées au- Jourd'hai.
En 1867, anx vacances de Pâques, poar diverses raisons excellentes, et eu vue d'auguienter le bien qu'il faisait déjà, le collège fut ramené de Bebek à St-Benolt, et intallé dans les nouvelles constructions élevées pour un séminaire. Ces constructions ont été depuis recommencées à nouveau sur un plan général, et le collège est maintenant un établissement parfait, dans son genre.
On y enseigne le latin, le français, le grec ancien, les sciences physiques et mathématiques, les langues vivantes et en particulier le turc et le grec. On y donne en un mot une éducation littéraire et commerciale aussi complète que le réclament les besoins du pays.
Le collège de St-Benoit a eu pour élèves presque tous les chefs des anciennes familles du pays, et un certain nombre des hommes publics de la Turquie contemporaine lui doivent, en tout ou en partie, leur éducation et leur instruction. Parmi ceux qui vivent encore on peut citer : 1° plusieurs officiers supérieurs turcs, 3° six Consuls appartenant à diverses puissances, 3° cinq drogmans ou secrétaires d'ambassades, 4° cinq Pachas, 5° un ambassadeur, 6° un ministre d'état, 7° un archevêque ou métropolitain bulgare.
n compte en ce moment, (1" janvier 1893) dix classes et cent cinquante élèves, y compris les séminaristes, qui en suivent les cours.
Pour la nationalité on compte : Italiens dix-huit ; Français trente ; Hellènes vingt-six ; Rayas neuf ; Autrichiens dix ; Arméniens vingt-sept ; Géorgiens trois ; Albanais cinq ; Bulgares un ; Allemands sept ; Anglais six ; autres nationalités huit.
Quant à la religion : Catholiques cent deux ; Grecs orthodoxes quarante et un ; Protestants un ; Israélites quatre ; musulmans deux.
Depuis le commencement de l'année scolaire 1893-1898, les Lazaristes se sont assuré le concours des Petits Frères de Marie, au nombre de sept, qui sont chargés des petites classes de français et de quelques cours et surveillances.
Une Société amicale des anciens élèves a été fondée en 1892.
3° Séminaire. Une des pensées les plus chères an cœur de St Vincent de Paul fut toujours l'^ucation des jeunes clercs, ou pour mieux dire la préparation de bons prêtres pour l'Église de Dieu. Comme nous l'avons fait remarqaer, pendant longtemps cette œuvre ne fut pas utile à Gonstautinople, puisque toutes les paroisses étaient entre les mains des religieux ; mais on commença à en sentir le besoin quand on eut fondé des paroisses séculières.
Le séminaire fut fondé en 1867, pendant le vicariat de Mgr Pluym, et par l'initiative de M. Devin, préfet de la Mission. Les élèvent suivent les cours du collège mais ils ne sont pas mêlés à ses élèves dans les exercices de la vie commune.
Le séminaire compte en ce moment dix-buit élèves. Depuis sa fondation, il a donné & l'Église deux prêtres séculiers ; un Conventuel ; trois Capucins -, huit missionaires ; quatre étudiants en théologie ; un évéque, Mgr MladénofT, évêque de Sata- 1a, vicaire apostolique des Bulgares-unis de Macédoine ; etc.
Conférence des Aspirants. Pour accoutumer leurs élèves aux œuvres de zèle les Lazaristes ont établi dans leur maison de St-Benolt une Conférence de St- Vincent de Paul, composée exclusivement d'élèves. Bile a cet avantage que les jeunes gens qui en font partie se trouvent, à leur entrée dans le monde, versés dans les conférences régulières, et ne se sentent pas isolés. Nous en parlerons à l'article des œuvres laiques de la charité chrétienne.
4" Maison de St-6eorges... Œuvre des Allemands.
Nous avons vu comment l'église et le couvent de St-Georges, après avoir été cédés par le Vicaire patriarcal, avaient passé par des péripéties diverses. Le couvent avait servi d'hôpitaJ, pour les Français d'abord, ensuite pour les Autrichiens. L'église avait été affectée aux Observantins Bosniaques. Mais enfin, en 1883, elle fut cédée aux Missionnaires pour y établir leurs œuvres allemandes.
Cette œuvre des Allemands, bénie d'une façon toute spéciale par le St Pontife Léon XIII, fut fondée en 1873. Elle commença petitement, avec cinq pauvres enfants : elle s'est développée avec les années. Le 24 nov.1883, lors du transfert à St-Georges,
elle comptait tme soixantaine de Slles et une dizaine de garçons. Elle forme aujourd'hai deax sections distinctes, celles des Missionnaires et celle des Filles de la Charité, séparées par l'église.
CEUVRES DES MISSIONÏlAntES .
Personnel : quatre prèti'es de la Mission, six frères coadjutenrs.
Mission : c'est-à-dire prédications, les dimanches et fêtes, retraites, même pour les hommes, confessions, soin des malades, etc., etc.
Classes. D y a à St-Georgea six classes avec nn internat pour les orphelins et les enfants pauvres. Les internes sont au nombre de cinquante-six, les externes quarante-cinq, dont trente grecs orthodoxes.
œuvRES nES rmi^s de la. charité.
Personnel : Sœurs treize.
Orphelinat: filles quarante-trois.
f garçons .... trente.
Pensionnat de jeunes flUes . quarante-cinq.
Classes externes quarante.
Secours aux pauvres allemands, selon les besoins et dans la mesure des ressources.
Dans ces œuvres les religions et les diverses nationalités sont mêlées ; mais il s'y fait un bien réel. Chaque année, on y compte quelques conversions, du schisme ou de l'infidélité.
Les Pères de la Compagnie de Jéstts. 1864.
Nous avons va dans la deuxième partie de ce travail, comment les Pères Jésuites firent le bien à CP. jusqu'au jour de la suppression de la Compagnie, par le Pape Clément XIV, en 1773.
Plusieurs d'entre eux restèrent dans la ville et continuèrent d'y travailler aux œuvres du ministère ecclésiastique. lia eurent même un moment l'espoir que, sur la demande du Tsar, ils pourraient se rétablir à St-Benolt, pendant que la France était «n guerre avec la Turquie ; mais la paix se Qt et ces espérances s'évanouirent. Les Pères moururent l'un après l'antre : et cependant on n'oubliait pas ceux qui avaient Tait tant de bien à CP. Lorsque la Compagnie fut rétablie, il fut plusieurs fois question de l'y rappeler ; mais ce désir fat longtemps à se réaliser.
Après leur expulsion de Sicile, les PP. Jésuites de cette Province qui cberchaient un champ ob déployer leur zèle, vinrent à Constantinople, et ouvrirent, le 1" décembre 1S64, un externat de garçons sous le titre de c Collegio dt Sta Pulcheria 1. Le supérieur et la plupart des religieux étaient italiens, mais on leur avait adjoint, & diverses reprises, des Jésuites français.
Avec l'autorisation de la S. C. de la Propagande, Mgr Brur noni a approuvé et confirmé, par son décret du 3S mai 1867, l'établissement de la Compagnie à Constantinople, la déclarant canoniquement instituée, et accordant aux RB. Pères la faculté de vivre en communauté, d'avoir une maison religieuse avec collège et église, réservant à l'ordinaire la désignation de l'emplacement ultérieur de ce dernier édifice.
Le collège de Ste-Polchérie, après avoir occupé divers locaux s'est enfin fixé (1891) dans un très vaste bâtiment élevé sur un terrain acquis par les Pères au point le plus élevé de Péra.