‹ Histoire de la latinité de ConstantinopleChapitre 58 sur 74 · EUVRGS LAÏQUES DE CHARITÉ ET DE BIENFAISANCE · texte numérisé non relu

EUVRGS LAÏQUES DE CHARITÉ ET DE BIENFAISANCE

La charité étant la première des vertus chrétiennes, elle ne doit pas fleurir seulement chez les prêtres on dans les communautés religieuses d'hommes ou de femmes. Elle doit aussi se développer au milieu du -monde parmi les chrétiens du siècle. La ville de Gonstantinople nous en fournit une preuve évidente. Les associations, ou instituts de charité n'y sont pas nouveaux : nous en avons signalé plusieurs dans son histoire, cependant ce n'est point par celles-là que nous commencerons notre énumération, mais bien par celles qu'elles ont empruntées à nos contrées occidentales.

Nous énumérerons d'abord celles qui se relient à l'apôtre de la charité, St Vincent de Paul, car elles forment le faisceau le plus considérable et le plus puissant.

Associations charitables qui se rattachent à St Vincent de Paul.

1» Conférences de St-Vincent de Paul.

L'établissement des Conférences à CP. remonte assez haut, n date de 1846, et la première pensée, comme aussi l'organisa- UOBj en sont dues à M. Bore, supérieur des Lazaristes de CP.,

mort depuis sapériear général de l'Institut des Prëtrea de la Mission et des Filles de la Charité.

La première fut constituée le 6 mars 1816, à l'issue de la messe, et les premières élections lui donnèrent pour président M. David Glavany, pour vice-président M. de Bonnant, et poor secrétaire M. Ë. Bore. Le 3 mai, elle était agrégée par le conseil central de Paris, et rendue participante de toutes les faveurs spirituelles accordées par le Souverain Pontife à l'Institution.

Les premiers commencemeots fturent remplis de zèle : ainsi, dès le mois d'avril, elle commença la publicati<Mi des Annales, qui ne furent pas continuées. En novembre, elle fonda deux lits à l'hépital de Péra ; mais après divers essais, les malades ne goûtant pas ce moyen de secours, on dut y renoncer. Elle établit ensuite une bibliothèque, mais après quelques années les livres furent dispersés et il n'en reste pas de trace. Elle fit divers autres essais qui ne furent pas poursuivis, soit parce qu'ils ne répondaient pas à un besoin réel, soit parce que l'esprit de suite manquait à ses membres.

Les réunions se tenaient tantôt à St-Benott, tantôt chez le président ou chez l'un des membres. Pendant longtemps ce fat dans le couvent de St-Àntoine. Aujourd'hui elle est fixée à St- , Benoit. Elles étaient généralement assez suivies, mais on y constatait néanmoins de grandes irrégularités. Les Conférences elles-mêmes subirent des phases très diverses, et furent parfois sur le point de disparaître. A d'auires moments nous voyons au contraire plusieurs Conférences, une à St-Benolt, une à Pancaldi, une autre pour les allemands, sans compter celle des aspirants.

Actuellement la Conférence compte vingt-huit membres actife ou souscripteurs. KUe a commencé, en 18'73, un compt&rendu annuel de ses œuvres, le premier a été fait par M. Belin. Ses œuvres actuelles sont l'assistance des pauvres et la visite des femilles. Le nombre de ces familles est régulièrement de cinquante-buit. Elle donne des aliments, des vêtements, du charbon, etc. Elle entretient des orphelins à N.-D. de la Paix et à Tehoqour-Bostan. Elle n'a pas d'autres ressources que les contributions des membres et le produit d'une quête faite après un sermon de charité pendant le carême. Elle a dépensé depuis son origine 23,000 fr. ■

Le bien moral qu'elle a opéré est plus considérable encore : c'est elle qui a commencé h grouper les hommes chrétiens qui avant cela ne se connaissaient pas comme tels ; elle a coatribuè à donner l'élan à toutes les autres œuvres catholiques. A elle appartient aussi l'initiative de la retraite des hommes, qui se prêche chaque année pendant le carême et qui fut inaugurée par M. Salvayre, en 1871.

2" Conférence des asptninls, au collège St-Benoît.

Elle fut fondée en 1873, et elle est formée des élèves les mieux notés du collège. En faire partie est une récompense justement appréciée. Son but est de soulager les pauvres, et d'initier les jeunes gens h la pratique de la charité.

De 1873 à 1877, elle essaya ses forces en patronant des enfants orphelins, en habillant des enfants pauvres, en faisant la classe k une quarantaine de petit» enfants abandonnés, en distribuant ses petites aumônes. Enfin on 1877 elle adopta quelques familles et commença la visite régulière des pauvres. Chaque semaine elle a ses séances où l'on disente les intérêts des pauvres, «liaque semaine aussi deux membres de la Conférence, ù tour de rôle, vont, sous la conduite d'un directeur, visiter les familles adoptées, et porter des bons de pain, de riz, de viande, de charbon, d'habits, etc.

Le nombre des membres actifs est de trente, celui des familles assistées de douze.

Depuis son organisation définitive, elle a assisté par an soixante-dix-huit familles et dépensé environ 800 fr. par an. Les membres de la petite Conférence passent naturellement dans la grande.

3" Société Tinio-catholique. 187i.

Cette société, essentiellement catholique, a un. double but : le maintien des pratiques religieuses tant parmi ses membres que parmi les personnes étrangères qui sont dans le rayon de son influence \ et ensuite le secours mutuel de Ses membres en cas de maladies ou d'autres accidents.

Elle tient ses séances à St-Benoit,sous la direction d'un mis-

sioimaire, et Fait ses fêtes à l'église de la Mission. Cette excellente société a aujourd'hui soixante membres, presque tous chefs de familles nombreuses.

ASSOGIATIOS'^DE DAMES, DEST-VÎNCENT DE PAUL.

1' Association des Dames de charité de Péra, fondée le iS février 1847.

Cette association, comme toutes celles du même genre, a pour but de venir en aide aux pauTres dans toutes leurs nécessités.

Elle compte cent trente-sept Dames, sous la présidence ordinaire de Mme l'Ambassadrice de France à Constantinople. Elle assiste régulièrement cent quatre-vingt-quatre familles.

Depuis sa fondation son bilan est :

Familles assistées régulièrement 7.122

» t extraordinairement . . . . 5.61S

Malades secourus et médicaments 15.284

Visites aux pauvres et aux malades .... 199,350

Sommes dépensées pour les pauvres .... 741.000

Baptêmes en neuf ans 99

Mariages réhabilités 4

2° Association des Dames de charité c fondée le 18 février 1847.

■>, Qaiata,

Elle compte soixante-dix-sept membres et elle assiste régulièrement quatre-vingts familles.

Bilan depuis la fondation :

Familles assistées régulièrement .

B » extraordinairement Visites aux pauvres et aux malades Portions aux enfants pauvres des classes. Sommes dépensées pour les pauvres Baptêmes en dix ans . . . . . Mariages réhabilités

,dbvGoogle

3' Association des Dames de charité du Taqcim, fotuiée en 1853.

Cette association a pour bat principal le soin des pauvres malades délaissés. Elle compte cent cinquante-deux Dames et secourt annuellement cent vingt malades.

Bilan depuis sa fondation ;

Malades reçus et médicaments 2.430

Dépenses faites pour ces malades 177.610

i," Association des Demoiselles Patronnasses de la crèche, fondée en 1872.

Cette association, composée de jeanes demoiselles, a pour but de soutenir l'œuvre des enfants trouvés. Elle compte cent une patronnesses et elle entretient chaque année en moyenne cent vingt-cinq enfants.

Bilan depuis sa fondation :

Enfants recueillis 560

Dépenses faites pour leur entretien 378.500

Si à ces chiffres de l'association des Patronnesses de la crèche, on ajoute ceux de la crèche elle-même, on arrive au chiffre de Enfants recueillis 1.097

6° Patronage des enfants pauvres des classes du Taqcim, fondée en 1872.

Cette œuvre a pour but de venir en aide aux enfants pauvres qai fréquentent les classes du Taqcim, en les habillant, en les nourrissant, en leur donnant le moyen de fréquenter l'école et le catéchisme. Elle compte une cinquantaine d'associées et patronne cent vingt enfants.

Bilan depuis sa fondation- :

Enfants patronnés 1.490

Dépense 44.965

Bilan général des huit associations de Charité de SI- Vincent de Paul.

Enfants recaeillis par la crèche 1.097

Enfants assistés par le Patronage 1.490

Malades soignés et médicamentës 18.000

Familles assistées (cinq membres en moyenne). . 21.000

Portions aux enfants pauvres des classes. . . . 73.843

Visites aux pauvres et aux malades 343.500

Sommes dépensées (chifîre net). . . , . fr. l.SOO.OOO

GLOmE A. DlEO I

C'est ainsi que les prêtres de la Mission terminent le compterendu de leurs œuvres, envoyé au Souverain Pontife, à l'occasion de son jubilé, (c'est là que nous avons pris les chiffres qne nous avons donnés,) c'est ainsi qne nous terminerons nousmêmes cet exposé de ce qui se fait pour le bien des Ames et des corps, sous l'inspiration de St Vincent de Paul.

GLomE i. Disc !

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