‹ Histoire de la latinité de ConstantinopleChapitre 6 sur 74 · L. VUI · texte numérisé non relu

L. VUI

' BuchoD toc. t/m-J.

' Fleury, Hittoire ecrUtiastiqw.. XVI, 87. D'après le Comte Riant. Innocent m, Philippe rie Soualie et lionifa'-c <le Monfcrrat, l'aria, 1875. l'élection de l'empereur eut lieu le 9 mai.

' fl Uauduin fut couronné au mouatierSainte-Sourrye. » (l'Z. 357.)

• Conf. Deeattatio conttantinnpnHtana. Mit. par Hopf, p. !>2, et nussi la Prite 'le rp. de Robert de Clary, p. 73, édUée par le mÉme; tiona dues à l'obligeance de M. le docteur Detbier.

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n'ayant été institués ad hoc ni par le Saint-Siège ni par ses légats, Sa Sainteté, le sacré-collège consulté, avait cru devoir blâmer cette élection en consistoire public ; mais que, vu les circonstances et dans la plénitude de son autorité pontificale, le pape nommait et confirmait l'élection du patriarche de l'Église constantinopolitaine '.

Le patriarcat latin dura autant que l'empire, et compta dix titulaires résidents, dont le dernier, Pantaléon Giustiniani, noble Vénitien, quitta Constantinople en 1261, après la restauration grecque, pour venir à Rome, où il mourut, en 1386. Lea papes ont continué de nommer des patriarches latins au siège de Constantinople; mais ceux-ci, ont, depuis, résidé à Borne. Toutefois, et bien que la dignité patriarcale fût exclusivement réservée aux Vénitiens, les Français ne furent pas écartés des grands offices ecclésiastiques: ainsi, en 1215, un Français, Legiers, était deens (decan, chanoine-doyen) de Sainte-Sophie et chancelier de l'empire ; un autre, Gautier, était t deens de l'église de N.-D. Panecrante t Immaculée-. »

La conquête latine réalisa, pour le moment du moins, les promesses du prince Alexis : plusieurs églises, et des plus importantes, furent attribuées aux Latins ; mais, quoi qu'il en fût, le nombre de ces églises dut être encore bien restreint, comparativement au chiffre total des édifices religieux de la capitale. Ducange rapporte ^ d'après Théodelus : « an mc, qu'il y avait dans la ville 1 ,900 églises et 360 couvents. * Villehardouin dit, de son côté : * Des sanctuaires ne convient mie à parler, que autant en avoit-il à ice jor en la ville, come il remanant dou monde. >

Rol)ert de Glary dit, d'autre part : « xcu... que mes bons conterrespeust nombrer mie toutes les abeies de la chite; tant i en avoit-il, que de moines que de nonains, entre les autres moustiers de la ville hors, et si nombroit-on qu'il avoit bien largement en la chite ," * prostrés, que moines que autres. . . »

1 La série des patrïarchos grecs a continué sans interruption, malgré la domination franque; la premier de ceux-ci, pour celte période, Michel V avait transféré son siège à Nicée.

* CPlit chriatiana. IV, 56, 63.

s Loc. taïKl. ni, 8.

* 30,00UT A ceux que cette multiplicité de clercs et de moines surprendrait, il faudrait rappeler qu'à Ste Sophie seulement étaient attachés â'25 clercs. (Traraiu: retutifuù Ikixloii-e Bynanline.j

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Parmi les églises attribuées aux Latins, se trouvaient :

c Le mostier de Ste Sopbie, oii fu enterrez le doge Henri Daadolo, à graat honor* ; puis, Marie de Champagne, femme de l'empereur Baudoin ^ :

< Le mostier des A.pdtres, où ta enterrez Eudes de Champagne ^ ;

f Le mostier de Mgr S. Georges de la Mange, où fu enterrez à moult grant honor Hugues de S. Paul' ;

€ L'yglise de Mgr sain Johan de l'hospital, de Jérusalem, où fa enterrez Mahius de Monmorenci''. »

On peut citer aussi :

L'église de S. Acyodyn, affectée spécialement aux Vénitiens, et relevant do patriarche de Grade * R. Acyndyn t à l'abri de tout danger, > était, à une certaine époque, le patron de l'église des Vénitiens à Constantinople ; on en célébrait la fête le 20 avril '.

Le monastère du Pantocrator t Tout-puissant, » où les Latins, dit Hammer" auraient établi leur quartier-général, et de-

' Ducaoge, Iii»t. lU femp de CP.. p. 340.

• /rf. 334.

' /(/. p. 108. • Le moustier des V[| apâlrea ; si igisoient en cbu moustier

VU cora d'apostres » (Robert de Clar>-. l<x: taud. p. 68). Cf. Pierre Gylles

et son continuateur, ('le Topogi-aphia. p. 364 et -lOU) Ce temple aurait été construit, avec une grande magnjflcence. par Constantin le Grand qui y aurait été inhumé, s'étant réservé une place aupréa des apOtres. l'iuueun empereurs grecs y Turent enterrés après lui. — A la conquête turque elle fut transformée en palais patriarcal pendant deux ans : puis Gennadius ayant demandé, en Hb5, au Sultan, la permission de transférer sa résidence à Psammatia, peu de temps après cette translation cette église fut abattue, et Sultan Mehemmed II, flt élever sur son emplacement la mosquée qui porte son nom. ConMlimtinia'Ie. p. 94.

• /'/. p. 138; sis à la partis N. de la ville, baignée par la mer. (V. le plan de Belmontet, dressé en 14Z3, dans l'imperiam orientale.)

' Villebardouin Chronique, éd. Bucbon, Paria, 1826, p. 33.

• CPliê Ckriil. III, ai.

' Dict. ilet Sni'/irit. ou Mai-tyrologe unioertcl, par de S, Allais ; cf. aussi le Martyrologium romanum... Malinea 18j9, au ÏO avril et 23 août.

' //i>(. 'le l-emp. otlom. III, 429. Cf. docteur Delhier, III, 19. Selon ce savant, cette église aurait été, du temps des I.atins, i quasi eoclesîa cathedratia Borum. > Située sur la 4' colline, l'église da Pnntorralor fut fondpc par l'impératrice Irène, femme de Calo-Jean Comnàne, qui monta sur le trône an 1118, elle fut achevée par son fll». Manuel Comnéne, lequel se fit repré- ■enter dans l'intérieur, olTrant à Jéaua la plan de son église. Ce prince fut

venu aujourd'hui Kélicé ou Zeirch Djami. La CPUs christlana dit seulement que ce monastère fut pillé par les Latins, à la prise de la ville.

L'église Saint-Pierre des Pisans, dont il a été parlé plus haut, et mentionnée dans une lettre du cardinal Jean de Sainte-Pralède, datée de l'an 1321, pontificat dHonorius III, adressée * au Prieur de l'église Saint-Pierre des Pisans à CP. ' » Cette église est-elle la même que celle citée plus haut, et, plus bas (1439), dans le privilège de Jean Palèologue, transmettant aux Florentins « la sainte église du Bienheureux Pierre (ton ïeron naon tau macaritou Petrou] -?

Une église de St. Sauveur apo logotheton, voisine du quartier des Pisans, fut concédée à ceux-ci par le cardinal Légat, Pietro Capuano, et l'évêque de Soissons, Nivelon, après la prise de la ville, selon le diplôme émané de ces prélats en 1205, et adressé « Priori Ecclestœ Pisanorum CP. '■'■ »

La conduite des Pisans pendant le siège, et surtout la part, qui leur revenait dans le succès final, leur obtint non seulement la confirmation de certains privilèges, mais les fit même augmenter sous certains rapports. Baudouin les assimila aux Vénitiens; et, si la première dignité ecclésiastique, celle de Patriarche, fut donnée aux Vénitiens, celle de Prieur, \a. seconde, fut laissée aux Pisans. De plus Baudoin leur concéda le droit de choisir leur Consul, lequel prononçait dans leurs différents sans l'intervention des officiers impériaux. (Sans doute quant aux Pisans seulement.) *

enterré à l'entrée de cette église ;.et d"aprés sa volonté, on a\-a(t placé sur aa tombe la plaque de marbre rouge sur laquelle on avait lavé et parfumé le corps du Christ, après l'avoir dttaohé de la croix... A ia prise de CP. par les l.atîns. ceux-ci, à cause de la vaste étendue et de la position de ce monastère dans la partie dominante de la ville, en firent le quartier général de l'armée conquérante. Anselme, évéque d'.\velsbei^ rapporte (Ducange, CP. Chrittiniia. IV, p. .^4.) que lorsqu'il se trouvait à CP. en qualité d'apocritiaire de Lothaire-le-Graad, auprès de Calo-Iani, 11 y avait dans ce monastère sept cents moines, de la régie de S. Antoine.' Pierre GvUes, p. 2S3, donne la description de cette église au xvi* siècle.

1 CPU» ChriUiann, IV, 89.

' Acta grœea. III, 7. 20, 201. Cf. aussi Millitz, 1, H, 429, et ci-aprés S. Michel, note.

' CPtis Chrixl. IV, 55.

» Bucbon. lor. laitd. I, 2, 16.

Roaciani ' s'exprime ainsi, sur ce sujet : « Ai Pîsani furono rese tutte le loro dignità, cosl spirituali come temporal], come chiaramente se vede per una lettera scritta dai vescovi che si troTarono in qoesta impresa, (celle de 1205, des évêques de- Soissons, de Troyes et de Bethléem, où il est dit que l'église dn St. Sauceur est conférée à Benenato, prieur des Pisans ; elle fut confirmée par le Légat apostolique, qui donna de plus anx Pisansdeox autres églises qu'ils avaient autrefois : ^. Pierre et S. Ntcolas.)

t Quella dignitJi,^/ Prlorato, continue Bonciani, era la prima dopo quella del patriarcato, imperrochè aveva autorità il Priore di usare le vesti e le insigne ponteâcali, di benedire i corporali, consecrare icalici, cresimare i fanciulli, dare glîordini minori, le qoalî cose furoao concesse da Alessandro IV, pontefice romane, a Pietro, priore dei Pisani in questo luogo, il quaie avendo, nella persecusione di Andronico imperatore, perduto il privileglo di tante dignità a lui concesse, Benenato suo suceessore, fece l'anno 1199 e l'anno 1201, a perpétua memoria, esaminare molti teatimonii, alla presenza di Giovanni di Giovanni, ed Alberto, capellanî d'Innocenzo III, summo pontefice, e suoi legati in CPli, siccome si vede per un contralto rogato da Ranieri Giaberti, notario apostolico, che si trovava présente, che ta piena fede del privileglo concesso a dette priore, délia sua perdita, e dell'altre cose da me narrate di soprà. Il quai contratto fu fatto due volte, la prima nella seconda Indlzione, l'anno 1199, agli 11 di Febrajo, e l'altra l'anno ISOl, nella quarta Indizione, ai 19 di luglio. >

Ces privilèges leur furent renouvelés par l'impératrice Marie f Baiula imperil CPli » aux ides de février 1214. (Ainsi se nommait la Régente, ou Heutenante de l'empire.)

Notre-Dame des Blaquernes-, l'église du palais impérial, citée par Chateaubriand dans le Génie du christianisme, fut aussi atbibuée aux Latins. Innocent III, dans sa correspondance, parle des ûecanl Btachernarum. La fête de la Purification était la fête patronale de cette église ; les empereurs s'y ren-

' Buchon, II. 26.

» Dans le linra de la Conquête île CP., édité par Buchon, II. 4â9, il est fait mention d'une i Abbaye dite N. D. de la Blaquerne. « V. dans Piei-re Gulte*. p. 294 et 418 la descriplion île cette église au xvr siècle.

daient, accompagnés du corps des Varanges composé de Bretons, de Germains et d'Esclavons ; après le service divin ces gardes du corps attendaient l'empereur, la hache haute à la porte du palais '.

Au témoignage de Villehardouin, une procession solennelle eut lieu « k N.-D. de Rlaquerne, le jour de la fête de N.-D. de Chandeleur (2 février 1206), à laquelle assistait Henri, régent de l'empire. » Cette solennité était la fête pab'onale de l'église*.

Les croisades avaient fait éclore plusieurs Ordres, hospitaliers et militaires, qui reçurent aussi leur part. dans le partage des églises de OP. Parmi les hospices latins, il y a lieu de remarquer le xenodochium de Saint-Jean, donné par Manuel Comnène (H43-1180) aux hospitaliers de Jérusalem, et dont le supérieur portait ce titre : c frater Hîeroaolim. hospitalis et prior B. Joannis CP. » C'est, probablement, dans la chapelle de cet hospice que fut inhumé Mathieu de Montmorency^.

Les Hospitaliers reçurent aussi de Baudouin l'hospice de Saint-Sanison, sis entre Sainte-Sophie et Sainte-Irène;* cet

' Le cérémonial usité dans cett« occurrence, (Cf. Congtaniminde. p. 61.) rappelle tout d fait cflui qui est obsené par les Sultans se rendant aux Bnii-ama, ou à la fftte du Mevloud, à la prière à sainte Sophie, entourés de hallebardiers (les tabenlnrié d'Egjpte, sous les Sultans Mamlouks) Bollailj'i ou piii/ct. coiffés de leur casque à panache, dérobant, en quelque sorte, au peuple la vue du souverain.

' La belle église de la Viei^e des Blacherneii. commencée par Pulchérie, et achevée par Léon-le-grand, fut brûlée fortuitement sous Jean Paléologue. . Lors de la conquÉle ottomane les débris du monastère furent employés dans la reconstruction de l'église. Il ne reste plus aujourd'hui de l'ancien couvent que quelques portiques à demi écroulés et une arcade qui se trouve prés de la fontaine sainte, jaillissant à cet endroit, et qui Jadis était une tHiignoire sacrée des empereurs. Dans la petite a\-ant-cour, où se trouve l'arcade à de mi -écroulée, était jadis le baptistère sacré, orné de plusieurs images en argent, et surtout celle de la Vierge Marie, sur l'urne du baptistère. Dans la voûte inférieure, oû l'on voit maintenant la sainte fontaine, (AIAKMA) se trouvait autrefois une statue en marbre de la Vierge, faite de telle façon que l'eau coulait de ses mains dans le baptistère e.xtédeur. Les empereurs, après les cérémonies et les prières d'usages, et revêtus du Le'itium d'or, se plongeaient trois fois dans le baptistère sacré. {Conttantirtiade. p. 112.) L'église actuelle, sise & Balat. rue Aiazma, a été rendue au culte par Sultan Mahmoud II. Elle est petite ; l'ajasma restaurée, parait être l'objet principal du temple.

ï CPUt Chritt. IV, 114 : Hiil. de l'empire de CF. Parit. 1857, 302. • Dite aussi .Ste Hérin. — Ducange (Buchon). p. 41.

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ordre militaire fut exclu des stipulations du traité gréco-génois de 1961 '.

Le € célèbre monastère » de Ste Marie de Virgiotiis- fut attribué aux Bénédictins ; ce n'était pas toutefois le premier établîssement de l'Ordre existant sur le territoire de l'empire ; Baronius^ sous la date 1119, nous donne le texte de deux lettres de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, l'une adressée au patriarche œcuménique, l'autre à l'empereur Jean-Calo, [Calo-Iani, Com- ' néne), pour solliciter la restitution d'une localité dite Cicit.ot,^ près CP-, dépendant de l'église et du monastère de la Charitésnr-Loire anciennement concédée à l'Ordre de Cluny : < Bogarem post îlla, quod et nunc ergo, ut Cluniacensi ecclesite et monasterio de Charitate locum qui Civitot dicitur, juxta CPlim positum, restitui juberetis. Dédit illum Clnniaco, et monasterio de Charitate, etiam apud nostros magni nominis et glorise, Imperator Aleslus. pater ejus : cui sicut in regno, sic multo magis in justifia et pietate, ' illum decet succedere. » « Alexis Comnène I, avait donné an monastère de la Charité-sur-Loire une localité dite CtcUot, près de CF., lociilité qui avait été usurpée dans ta suite et dont l'abhé de Cluny réclamait la restitution, t '■• Aussi en prenant part à la croisade qui devait se rendre en Terre Sainte, les abbés de Glteaux n'oublièrent pas ce que l'Ordre devait k ses bienfaiteurs, et ceux d'entre eux qui faisaient partie de l'armée Fnmco-Vénitiennne ne manquèrent pas de s'opposer aux projets formés contre leur indépendance.

f Deux abbés de Clteaux avaient pris part à la cérémonie de la prise de la croix, par le marquis de Montferrat, en lui atta-

' /'/. iil, éd. de 1826. p. 41. .-jelon le rapport du P. Helyot (tiy. tnwl. ][, 827), VOrdre de Saint-Samson de CP. et de Corinthe, qui était aussi hospitalier, fut réuni à celui de ï5ainl-ieRn de Jérusalem, sous la grande maîtrisa de Villa ret.

■ Nous n'avonn pu. jusqu'à présent, recueillir aucune indication sur la position de ce monastère de Pnnala Virijiolirn. qui signifiait d'après M. Paspafi « Ptichfri > la vie:^ à la verge, aux broussailles, à l'épi.

» Ann. Eccl. ad ann. 1119. Cf. sur Civitat. Chronique de Villehardouin, pasBîtn.

* Kivotos, l'ancienne Khios. aujourd'hui Oiiemlek. l'une des Echelles-sud de la mer de Marmara.

' Indication due à l'obligeance de M. Uruel, des Archives nationales, de Paris.

chant la croix sur les épaules ; ce même personnage se rendit à l'abbaye de Citeaux, avant son départ pour la croisade ' ; l'abbé de Vaux de Sernay, de l'ordre de Citeaux, s'opposa à l'attaque de Zara, par les Croisés, et leur en ût défense, de la part du pape Innocent IIP. Le même abbé s'opposa aussi à la marche de l'armée franco-vénitienne contre Constantinople, ainsi qu'à l'accueil fait aux démarches du prince Alexis^. Villehardouin cite, de son cdté, comme un grand malheur pour l'armée, la mort de l'ablKi de Los, de l'ordre de Citeaux, « qui était un saint homme et qui avait toujours travaillé au bien commun de l'armée*. »

Comme nous l'avons dit, le monastère de Ste Marie de Virgiottis fat attribué, après la prise de CP. par les Croisés, aux Bénédictins : il était distant de deux bornes milliaires de la ville (Duottus Inpidlbus CPU dissitum), et occupé par des moines grecs. Voici la version du diplôme latin de cette donation, rapporté par Gattula^.

« Benoit, par la Miséricorde divine, cardinal prêtre du titre de Ste Susanne, légat apostolique, à notre vénérable frère en J.-C. Roffride, cardinal prêtre du titre des SS. Pierre et Marcellin, abbé du Mont-Cassin, ainsi qu'à son Couvent, salut en N.-S... Le devoir de notre dignité épiscopale étant de choisir quiconque convient au service du troupeau confié à nos soins, il nous incombe à nous revêtu de la charge de Légat dans l'empire de Remanie, de veiller avec la plus grande vigilance, à l'accomplissement de nos devoirs. Or comme il a plu i^ la divine Providence, dans ses impénétrables décrets, de remettre cetem-

' Hiitl. lie l'empire île Constantinople. par Ducitnge, 1657, p. 17.

' Sit. îd. 31. On lit dans le livre du comte Riant : Iitno-viu III eCi'. Le Pape ne confirma le traité de 1201, avec Venise {rapporté à Troyes, à l'assemblé des Croisés) qu'à son corps défendant et après un refus formel des Génois et des Pisans, et en y insérant cette clause, que l'exécution du traité ne iwurrait donner lieu à aucune attaque des Princes chrétiens et serait soumis à la continuelle surveillance du légat pontifical.

' Id. 44.

' !il. Si. En outre des abbés de Vaux et de Los, la Deomlatio roiiMantmopotitana dit : <• et alii quinque abbates Cisterciensis ordinis... Crucem aocepenint. x

» HUlon'a AJibntiw CaiBineii^is. p. 491. Original existantaux archives du Mont-Cassin.

— til — -

pire aux mains des Latins, et comme de nombreux religieux sont venus dans ces contrées pour y faire le bien, nous avons jugé opportun d'attribuer une large part des bonnes œuvres à accomplir, à l'Ordre de S. Benoît', le premier instituteur de la vie monastique, et le Père des Moines, afni que le nom de ce saint religieux qui a illustré l'univers par ses vertus, fût aussi proclamé dans les contrées de l'Orient. »

« A ces causes, Vénérables Frères en J.-C. considérant l'étendue de votre dévotion envers l'Église Romaine, que vous vénérez spécialement comme votre mère, et en vue d'augmenter encore plus, par votre entremise, la vénération pour l'Église Romaine dans l'empire de Remanie, »

* Nous vous concédons, et par vous, à votre monastère du Mont-Cassin, en vertu de l'autorité à nous déléguée dansl'empire de Romanie, le monastère de Ste-Marie de Virgioti, sis hors la ville de CP. à deux milles de diatance. (Extra civitatem CPtanam, infra duo milliaria situm) avec toutes ses dépendances, raisons et propriétés ; à la condition toutefois, que vous n'en expulserez pas les moines grecs qui y demeurent. I

« Que personne dans l'avenir ne vienne donc vous troubler dans la possession de cette église qui vous est ainsi concédée, en vertu de notre autorité, par ce présent acte ; et si quelqu'un osait violer cet acte, qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu tout-puissant et celle de ses saints Apôtres Pierre et Paul, »

» Donné à CF., le 6 mars, de l'an du Seigneur 1206. >

Cet acte de donation fut confirmé sommaU'ement, comme suit, par Honorius III :

t Honorius Episcopua, servus servorum Dei, dilectis flliis... abbati et conventui Cassinensi, salutem et apostolicam benedictionem. Justis fietentium desideriis dignum est nos facilem prebere consensum, et vota que a rationis tramîte non discordant,

> s. Benoit fonda aa régie au mont Cassin en 540. Chateaubriand, Génie du chriitianiume, ITI, 179. V. sur la biï^aphie de S. Benoit, les Bénédictins et lea abbaye» de Clairvaux et de Clteaux ; Dirt. tles ordre* religieux du P. Hélyot, éd. Migne, I, AM; MilUtz, I[, partie 2, liv. 3, p, 464 ; at surtout lea Moine* d'Occident, II, S-72. Dans, le récit de la vie du « Docteur ani^liqiM, du patriarche des moines d'Occident, de ce grand soldat de Dieu, > selon las expresùons de M. de MontaLembert, on retrouve plus d'une affinité à établir antre cette époque et le temps présent I

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affectu prosequente complere. Ea propter, dilecti in Christo fllii, vestris justis petitionibus grato concurrentes assensu, ecclesiam Sancte Marie de Virgiotis a bone memorie Benedicto, portuensi episcopo, tune tituli Sancte Susanne presbytère cardinali, apostolice sodis legato, pia vobis conslderatione coUatum, sicut eam juste ac pacifiée possidetis ; vobis et per vos monasterio vestro auctoritate apostolica conûrinamus et presentis scripti patrocinio communimus. Nuîli ergo hominum liceat hanc paginam nostre confirmationis et protectionis infringere, vel ei ausutemerario contra ire. Si qaisautem hoc atteraptarepresunipserit indigaationem Omnipotentis et Beatoium Pétri et Pauli, apostolorum ejus, se noverit incursurum. Datutn Laterani, III nonas maji, pontiflcatus nostii anno primo. {Adest sigilhim plumbeum^ . »

Une autre bulle du même pontife, au même abbé> mais datée ; « Anagnie, XIII K/ilendas Junii, pontlficatus nostri anno primo, » c'est-à-dire postérieure d'un mois à la précédente, est conçue dans les mêmes termes que l'acte de donation du Cardinal Légat, Benoit, quant au donataire, à la situation topographique de l'église, objet de la donation, et à la condition de résidence des moines grecs y demeurant-.

Que se passa-t-il au bout de quelques années entre les supérieurs de l'église nouvellement concédée aux Bénédictins? Y eutil quelgu'acte d'insubordination de la part des premiers envers l'abbé du mont Casain? on serait porté à le supposer d'après la Bulle [sub piumbo), donnée à Latran par le même Pape Honorius III, le 15 décembre, l'an VII de notre pontificat, et adressée à l'abbé et au couvent de l'église de Ste Marie de Virgiotis, les exhortant à recevoir avec honneur et considération les religieux qui leur seraient envoyés du Mont-Cassin, dont ils relèvent et à se soumettre humblement et dévotement à leurs ordres ■''.

Le mois précêdent,le même Souverain Pontife, par une buUe {sub piumbo), confirmait et commentait, en faveur du Mont- Cassin, la donation de l'église de Ste Marie de Virgiotis :

' Arcbives du Mont'Casain Caps. S, N* 27.

> Gattula, Hltl. abb. Castln. ; capa. 2, N'' 37. . ,

» Gattula, id. Capa. II, N- 40.

Dans ce document Honorius, après avoir rappelé comment ledit monastère avait été donné au Mont Cassin, par son Légat, ajoat« : « Procuratori vestro de nostro assignarlt mandate, et ipsum in possessionem ejusdem înduxerlt corporalem. Nos yestris precibus inclinati, monasterium istud> sicnt illud juste, canoDice et pacifiée possidetis, vobis et per vos monasterio Casinensi auctoritate apostolica conftrmamtts, Itberum et e.remptum, et presentis scripti patronicio communimus. XuUi ergo etc. Datum Laterani II italend. Nov. pont. Xostri Anno VU '. »

Les religieux Bénèdictina conservèrent-ils cette possession après la restauration grecque? Nous ne saurions le dire ; nous savons seulement, d'après le rapport suivant, emprunté à Dqcange ■ qu'en 1 334, il y avait encore, dans CP. même des religieuses de l'Ordre de S. Benoit. « Anno mcocxxxiv, monasterium monialium ecclesiaa Sanctae Maria; de Petreio" de Constantinopoli, ordinis cisterciensium regulfe S. Benedicti. »

Les Fontes rerum austrinrcarum fournissent en outre la mention d'un assez grand nombre d'églises qui paraissent avoir été desservies par les Latins, pendant la durée de l'empire franco-vénitien. En voici la liste par ordre alphabétique, avec indication du volume et de la page où se trouvent les documents en faisant mention :

1. S. AkTDdiD (1,113, 1S5 ; Akindan II, 280) ; S. Archidaii de Coiiet8ntinople(l.67; 11.449) ;Achindan (I. 2S7);S. Aquindan (11,449) ; S.

Quintan (111, 139,3261.

S. Ste .\nastasie [U, 76j.

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