MUSARD
Cl.AQI-ART.
UOL'SSARD.
DisHizadbvGoOl^le
Cet obélisque qui, dans le principe, avait été placé daiis la partie droite du cimetière, a été transporté, avec l'assistance des marins du stationnaire français, l'Ajaccio, commandé par M. de Marqiiessac, à la place qu'il occupe aujourd'hui, sur uft terreplein de forme circulaire, semé de gazon et planté de flears ; quatre bornes reliées entre elles par une chaîne, entourent le monument, posé au centre d'une corbeille en fer et reposant sur une assise de pierres de taille.
A gauche de la chapelle, et sur la même ligne que le carré mililaire, s'élève un autre monument, non moins digne d'intérêt que les précédents, à un autre point de vue. Dès que la translation, à Feri-iceui, de l'ancien cimetière de Péra fat décidée, foute inhumation fut interdite dans ce dernier, par l'autorité épiscopale, A partir du 27 avril 1859; et, au bout de cinq années à compter de cette date, la commission, de concert avec les autorités municipales et sanitaires, fit procéder à l'exhumation du cimetière des Grands-Champs. Avancée de quelques jours à raison des chaleurs, cette exhumation a été exécutée avec le soin, la convenance et la régularité désirables, du 29 février au 27 avril 1864, sous la direction et la surveillance de M. l'abbé Giorgiovich, qui, depuis onze années, fait preuve du zèle le plus constant et d'un dévouement inaltérable en faveur de l'œuvre du cimetière. En môme temps que l'exhumation se pratiquait à l'ancien cimetière dit des Grands-Champs, la commission faisait construire, dans le nouveau, un grand caveau destiné à recevoir les ossements exhumés, dont le poids s'est élevé à la quantité considérable de vingt-deux mille oques environ ' ! Sur ce caveau, la commission a fait exécuter, d'après les plans et sous la direction de M, l'abbé Giorgiovich, administrateur-délégué du cimetière, un grand sarcophage d'un style simple et sévère, présentant uo carré plus haut et long que large, accompagné, à chacun de ses quatre angles, d'un obélisque à degrés. Le monument lui-même et les quatre obélisques sont formés et revêtus des pierres tombales, de toutes grandeurs, recueillies de l'ancien cimetière, et taillées de façonà entrer en combinaison les unes avec les autres -. Le surplus de ces pierres, placées sur le sol,
' L'oque équivaut à 2 livres 1/4 de France.
' Dans notre Comple-ivn/u 1803-01, nous avons donné l'inventaire som- Tnaire des pierres tombales tiiific'e» dans le cimûliéro des Urands-Champa, antérieurement à l'e^ihumation.
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aatoar du moaument, forme an pourtour, protégé par une chaîne courante, s'appayant sur des bornes en pierre.
Trois cent sept pierres tombales ont été retirées de l'ancien cimetière des Grands-Champs ; de ces pierres
29 sans inscriptions ont été employées dans la construction ; 12 pierres ecclésiastiques, transportées dans les églises; 258 ont été placées sur le monument ou à sa base \
8 ont été mises aux monuments nouveaux élevés par les familles.
Au-dessus de la porte donnant entrée dans le cavean, figure une pierre du xiv* siècle, sur laquelle on lit une inscription latine, gravée en beaux caractères gotliiques ; cette pierre provient du cimetière de St-Francoîs de Galata, et fut transportée, de là, à celui dit des Grands-Champs, en 1697, lors de l'exhumation générale faite en tout ou en partie, par les soins et aux frais f de la naUon française' ; > elle porte l'inscription suivante :
SEPDMHDM DoïCNI AnDRIOLI de PaGANA, et HEEÏEDUM SOORDll,
QUI OBirr ANNO Dni MCCCXXXV dib xv junh.
Cette pierre fut hï)uvée, lors de l'exhumation générale du cimetière des Grands-Champs, & deux mètres environ au-dessous du niveau extérieur du soi ; et, non loin de là, on recueillit aussi un certain amas d'ossements, restes probables de l'exhumation de 1697, qui ont été déposés dans l'ossuaire général,sur lequel on a élevé le monument commémoratif, recouvert, nous l'avons dit, des pierres tombales retirées de l'ancien cimetière.
Ce monument offre, par le fait, un touchant symbole de la catholicité, en même temps qu'une page intéressante de l'histoire de la Latinité de Constantinople, du xiv* siècle à la moitié du XIX'. En effet, les idiomes les plus hétérogènes, tels que l'albanais, l'allemand, l'anglais, l'arabe, l'arménien, le crbate» le français, lè grec, l'italien, le latin, le russe et le turc, sont représentéssnr ce vaste sarcophage; aussi bien que les professions
1 Voyez ci-dessiiB St'Fmntolt.
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les plus diverses : clergé, diplomatie, magistrature consulaire, sciences, commerce, etc. Nationalités et carrières se troavent ainsi confondues dans la terrible égalité de la mort, et réunies dans la douce unité de la foi ' !....
A. la partie supérieure de la face E du monument, et sous la corniche, on lit ce qui suit :
ANCIEN aUETIÈRE DES GRANDS-^^AMPS
AU BEÏ-OGHLOU (PÉRa).