‹ Histoire de la laura gerardiaeChapitre 1 sur 25 · PAR · texte numérisé non relu

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H. pe LACAZE-DUTHIERS

Pendant les nombreuses excursions à la mer que j'avais eu l’occasion de faire pour l'étude de la reproduction du corail, J'avais rencontré un crustacé singulier dont l’histoire intéressante aurait dû être publiée il y a déjà longtemps.

La mission dont j'avais été chargé, en me plaçant dans des conditions particulièrement favorables, m'avait permis de recueillir des matériaux nombreux que les naturalistes ne sont pas ordinairement en mesure d’avoir facilement, n'étant pas dans ces bonnes conditions.

Pendant les années 1860, 1861 et 1862, j'avais cherché à réunir les documents propres à faire l'histoire de la faune des fonds coralligènes de la Méditerranée, particulièrement sur les côtes de Barbarie. Mais bien des circonstances se sont opposées depuis lors à ce que j'aie pu publier ces recherches en entier et en temps utile.

Parmi les richesses zoologiques rapportées par les engins des corailleurs et sur lesquelles j'avais des notes très étendues, bon nombre d'espèces méritaient d’être encore observées, parmi elles était la ZAURA GERARDIÆ, objet du présent travail. Dans une communication suceinete faite à l'Académie, je m'étais contenté, dès 1866, d'esquisser quelques-uns des traits importants de l'histoire de cet animal singulier.

En 1853, une occasion m'était offerte de retrouver et d'étudier de nouveau la Laura.

Mon confrère et ami l'amiral Mouchez, alors commandant du VNarval, était occupé à revoir les cartes hydrographiques de notre littoral algérien. Il m'offrit de me prendre à son bord, espérant trouver et me fournir les meilleures occasions pour les études de zoologie marine dans les parages qu'il allait sonder dans tous les sens. II devait en effet, du mois de mai au mois de septembre, sillonner la mer de Barbarie, de Gibraltar à Tunis, et stationner dans les points les plus utiles à connaître. La Calle devait être l’un de ces points.

Mes fonctions à la Sorbonne et l'installation toute nouvelle de la station maritime de Roscoff, qui officiellement datait à pee de 1872, ne me permirent pas d'accepter

pour toute la durée de la campagne une offre aussi gracieuse. Il ne me fut possible de m'embarquer qu'au mois d'août, et je ne pus assister qu'aux explorations de la partie est de nos côtes, partie que j'avais déjà bien souvent parcourue.

Pendant un mois et demi d'embarquement Je visitai de nouveau, avec le Narval, les pêcheries de corail de la Calle et je pus recueillir les éléments propres à terminer quelques travaux commencés déjà depuis longtemps.

A la Calle que j'avais habitée à deux reprises différentes, pendant dix mois, c'est-à-dire pendant toute la belle saison des années 1861 et 1862, mon premier soin fût, en arrivant, de rechercher quelques-uns des corailleurs qui m'avaient si bien secondé lors de mes premières études. J’engageai le patron Pascual di Dona et un matelot corailleur, j'achetai tout un matériel de pêche du corail, et le commandant Mouchez voulut bien mettre à ma disposition pendant une bonne partie de la journée sa chaloupe à vapeur. Dans ces conditions favorables, je me mis à la pèche des pierres des fonds coralligènes, sur lesquelles je devais espérer de recueillir quelques-uns des types déjà étudiés et dont je voulais compléter l'histoire.

Parmi ces types et en première ligne était la Laura Gerardiæ.

J'ai été assez heureux dans cette campagne pour retrouver les animaux que Je désirais avoir, aussi puis-je aujourd'hui en publier l'histoire à peu près complète.

Que l’Académie, qui a bien voulu me fournir les moyens de continuer mes études, que l'amiral Mouchez, qui m'a donné l'hospitalité la plus affectueuse à son bord et a favo-

risé mon travail, autant qu'il lui a été possible, reçoivent

l'expression de mes vifs remerciements.

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