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l62 HISTOIRE DE LA LEGISLATION.
tout trouver une faveur plus grande dans le général habile qui leur avoit dû son ]x>uvoir et ses succès (21).
soecè* du corn- Ajoutons Que si , dans le temps où réenz la
mercc , et «es cffM ^ r
soutiMnppomdc tyrannie , les n^ocians ne furent, comme tous les wî^<r*"*^**"^ autres SiciKens, que les sujets du maîtrg , plus exposés peut-être par leur fortune à ses agressions et à ses craintes , il n'en étoit pas de même quand une liberté plus ou moins étendue vint consoler la patrie de tant d'humiliations et d'outrages, quand la Sicile retrouva des citoyens. Les possessions acquises, les fruits du travail et de l'industrie, leur assuroient -un concours plus grand encore et plus multiplié à l'exercice des diverses magistratures. Un cens et des suffrages étoient nécessaires; ils avoient le premier, ils pouvoient acquérir les seconds et les multiplier , et ces suffrages mêmes les invesdssoientdes premières places de l'administration publique (22 . Nous en avons même vu, au milieu de ces fonctions populaires et par leiir moyen , aspirer à conquérir pour euxmêmes, et pour eux seuls, une autorité qu'avoit
de piller les magasins des Carthaginois qui s'étoknt établis chcx eux et y possédoient de grandes richesses. Voir Huet , c. XX , pag. 1 1 j.
(21) Diod. XIV, $S4i et 41.
(12) Voir ci-dessus, pag. 97 et 98.
voulu détruire et empêcher de renaître la constitution de l'état.
L<a situation de la Scile, la nature de ses pro- oésoniredcsco. ducdons, les goûts et les travaux de ses habitans , ^^'H^n!^' les avantages et les espérances que leur offîroit la richesse, avoient dû concourir également aux succès du commerce (23). La tyrannie même, en exprimant les hégocians , se montra ordinsurement fiivc^ble à un mouvement qui fi'étoit pas toujours «ans profit et sans efïèt pour elle. Aristote a re* tracé le désordre que les colonies éprouvèrent après Tabolition de la monarchie à Syracim et à Agrigente, qui toutes deux s'y virent détruites presque en même temps (24), ^
La faveur dont le commerce avoit long^temps du oNMnerce joui cessa d'exister pendant fat préttu-e de Verrès. JT^^* '*^"7 Je ne dirai pas qu'il fit renaître le systèmV de bri^ndage des nations barbares : c'est bien assez lie répéter, avec Cicéron, que tous les vaisseaux arrivés de l'Asie, de la Syrie, de Tyr, d'Alexandrie, ou de quelque autre lieu, étofent saisis soudain par les agens du préteur; on conduisoit tout f équipage aux carrières, on transporioit les cargaisons dans le palais de Verrès, qui iè^noit de ne
(23) Voir Caruso, pag. 46 «49; et les Mem. dt l'Acad, t. X, pag. 59. Syracuse avoit Qx^s ports. Strab. vi , pag. «70.
(24) Politiq. V, c. XI , pag. 309.
l64 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.
voir dans les navigateurs abordés avec quelques richesses que des soldats de Sertorius ; ils présentoient , pour détruire cette imposture , de la pourpre, de l'encens, des parfums, des étoffes de lin, des perles , des pierres précieuses, &c., afin que, par la nature de leurs marchandises , on pût juger de quels lieux ils arrivoient. Ils n'avoient pas prévu, ajoute Cicéron, que ce qu'ils croyoient être la preuve de leur innocence seroit la cause de leurs dangers : Verrès disoit que toutes ces richesses étoient le truit de leur association avec les pirates. Après les avoir fiiit conduire aux carrières , il veilloit à ce qu'on gardât avec soin les cargaisons et les vaisseaux (25).
D'un iiMiiepoie Aristote Hiconte (16) un monopole exercé à mxsSyraaue. gy^^^p^ç g^j. Jeqijel prononça Denys l'ancien.
Un Sicilien avoit une somme d'argent en dépôt ; il s'en sert potir accaparer tout le fer qui se trouvott dans les forges. Des marchands étant venus de toutes parts pour en acheter , ils n'en trouvèrent que chez lui. Pouvant seul en vendre , il devenoit maître absolu du prix. Sans {augmenter autant qu'il l'auroit pu , le Sicilien se contenta d'en demander le double de ce qu'il avoit donné en Pachetant
(25) Cicéron , cinquième Verrine , S y6.
(26) Polit. I, c VII, pag. 309.
lui-même ; il avoit donné cinquante talens , il en eut cent. Instruit de cette spéculation , Denys lui permit de garder l'argent ainsi acquis , mais il lui ordonna de sortir à l'instant de Syracuse , comme ayant imaginé pour s'enrichir un fiioyen contraire aux intérêts de I*état.
Hiéron II eut Archimède pour contemporain , et profita , dans l'intérêt même de la marine et de la navigation , des lumières de ce grand homme (27).
Nous avons dit quels progrès les Siciliens firent faire à l'agriculture et au commerce , quefs bien- 6its ils en recueilh'rent. On peut remarquer cependant, comme digne d'être recueilli dans une discussion politique, que la prospérité de l'agriculture devint toujours plus grande quand on passoit de la tyrannie à la république (28), et que l'înfïuence du commerce , qui devoit naturellement diriger les esprits vers la république , les dirigea plus souvent vers la tyrannie ; elle ne s'y ^ opposa pas du moins (29). Uu reste, plusieurs manufactures furent établies, encouragées, récompensées, et un grand nombre d'ouvriers de plus
(27) yptr Athénée, liv. V, S 10. Le voir aussi liv. V, S t et liv. VI , S 4 > envok qu'il fi^ à Corinthe et en Égypte.
(28) Diod. XI , S 7* ; xvi, S 83.
(29) Voir ci-dessus, pag. 158.
l66 HISTOIRE 0£ LA LiOISLATlON.
cTim genre réunis sous Denys Pancien (jo). Plu-sieurs ateliers aussi furent ouverts à Syracuse, et beaucoup de travaux faits sous ia préture de Verrès; mais ils avoient pour objet principal de seconder ou de satisfaire l'avarice ou le faste de ce magistrat () i).
(30) loir ci-dessul , pag. 1 5 et 1 5^.
(31) Voir la ^uamimc Vtfrùu, et plus pardculièremeot les
SS 24 et sutv.