‹ Histoire de la législation (volume 3)Chapitre 13 sur 62 · II. Il · texte numérisé non relu

II. Il

loi HISTOIRE DE LA LEGISLATION.

tout trouver une faveur plus grande dans le général habile qui leur avoit dû son pouvoir et ses succès (21).

sucêéi du eom- Ajoutons oue si , dans le temps où régna la

mercc , et les cSku * ^ ^

•out lef rapports de tyrannie , lés négocians ne furent, comme tous les bu^'rè"** "***" **" autres Siciliens , que les sujets du maîtrg, plus exposés peut-être par leur fortune à ses agressions et à ses craintes , il n*en étoit pas de même quand une liberté plus ou moins étendue vint consoler la patrie de tant d'humiliations et d'outrages 1 quand la Sicile retrouva des citoyens. Les possessions acquises, les fruits du travail et de Tindustrie, leur assuroient -un concours plus grand encore et plus multiplié à l'exercice des diverses magistratures. Un cens et des suffrages étoient nécessaires; ils avoient le premier, ils pouvoient acquérir les seconds et les multiplier, et ces suf> frages mêmes les investissoientdes premières places de i'^^dministration publique (22 <. Nous en avons même vu, au milieu de ces fonctions populaires et par leur moyen , aspirer à conquérir pour euxmêmes, et pour eux seuls, une autorité qu'avoit

de piller les magasins des Carthaginois qui s*étoient établis chez eux et y possédoient de grandes richesses. Voir Huet , c. xx » pag. 115.

(21) Diod. XI v,SS 41 et 42.

(22) ^oir ci-dessus, pag. 97 et 98.

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vouhi détruire et empêcher de renaître la constt* tudoa de Tétat.

La situation dt la Sicile « la nature de ses pro* Dm«ëf«^M«iK ducdons, les goûts et les travaux de ses habitans « ^^ ^'JTLwttr. les avantages et les espérances que leur offlroit la ••«• «toiku^w» richesse» avoient dû concourir également aux succès du commerce (i))» La tyrannie même» en opprimant les négocians » se montra ordinairement lavorable à im mouvement qui n*étoit pas toujours ians profit et sans eiTet pour elle. Artstoie a re* tracé le désordre que les colonies éprouvèrent après Taholitton de la monarchie à Syracuse et à Agrigenie » qui toutes deux s'y virent détruites presque en même temps (14)»

La faveur dont le commerce avoit long^temps 0%

|oui cessa d*extster peiKlant la préture de Verres. J^îJ^]^ ^^"^ Je ne dirai pas qu'il Ht renaître le système de brigandage des nations barbares : c*est bien assex de répéter, avec Cicéroui que tous les vaisseaux arrivés de TAsie, de la Syrie, de Tyr, d*Alexandrie» ou de quelque autre lieu, étotent saisis sou« dain par les agens du préteur; on conduisoit tout fèquipageaux carrières « on transporioit les cargah sons dans le palais de Verres , qui fèignoit de ne

^^l) IWr C»ru$o, pAg. 46 et 49; et les .l/rM, Jt tAoâJ. u X » pag« }9, SyracuM «volt trois |M>rt$» Stnàk VI » pag. tjo. ;i4) PMif. V. r» XI » pag. )o9«

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voir dans les navigateurs abordés avec quelques richesses que des soldats de Sertorius ; ils présentoient, pour détruire cette imposture, de la pourpre, de TencenSy des parfums, des étoffes de tin, den perles , des pierres précieuses, &c., afin que, par la nature de leurs marchandises, on pût fuger de quels lieux ils arrivoient. Ils n'avoient pas prévu, ajoute Cicéron, que ce qu'ils croyoient être la preuve de leur innocence seroit la cause de leurs dangers : Verres disoit que toutes ces richesses étoient le fruit de leur association avec les pirates. Après les avoir fait conduire aux carrières , il veilloit h ce qu'on gardât avec soin les cargaisons et les vaisseaux (25).

u'ttfi m*AoH« Aristote raconte (16) un monopole exercé à , Syracuse et sur lequel prononça Denys lancien.

Un Sicilien avoit une somme d'argent en dépôt ; il t>cn ^ert pour accaparer tout le fer qui se trouvoit dans les forges. Des marchands étant venus de toutes parts pour en acheter , ils n'en trouvèrent que chez lui. Pouvant seul en vendre , il devenoi 1 maitre absolu du prix. Sans l'augmenter autant qu'il l'auroit pu, le Sicilien se contenta d'en demander le double de ce qu'il avoit donné en l'achetant

(ij) CMéron, clmjuièmê Vtrrine , S j6.

(s6) Polit. 1, c. Vil, pag. 309.

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lui-même ; ii avoit donné cinquante talens , ii en eut cent. Instruit de cette spéculation , Denys lui permit de garder l'argent ainsi acquis > mais ii lui ordonna de sortir à l'instant de Syracuse , comme ayant imaginé pour s'enrichir un moyen contraire aux intérêts de l'état.

Hiéron II eut Archimède pour contemporain , et profita , dans l'intérêt même de la marine et de la navigation, des lumières de ce grand homme (27).

Nous avons dit quels progrès les Siciliens firent faire k l'agriculture et au commerce , quefs bienfaits ils en recueillirent. On peut remarquer cependant, comme digne d'être recueilli dans une discussion politique, que la prospérité de l'agriculture devint toujours plus grande quand on passoit de la tyrannie à la république (28), et que l'influence du commerce , qui devoit naturellement diriger les esprits vers la république , les dirigea plus souvent vers la tyrannie ; elle ne s'y , opposa pas du moins (29), Du reste, plusieurs manufactures furent établies, encouragées, récompensées, et un grand nombre d'ouvriers de plus

(17) l^'oir Athénée, iiv. v, S 10. Le voir aussi iiv. v, S la • et Itv. VI t S 4 » sur des envols qu'il fît à Corinthe et en Egypte.

(18) Diod. XI, S 7a;xvi, S 83.

('.9) yoir ci-dessus, png. 158.

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d'un genre réunis sous Denys Tancien ()o). Plu-sieurs ateliers aussi furent ouverts à Syracuse , et beaucoup de travaux faits sous la préture de Verres ; mais ils avoient pour oi)f et principal de seconder ou de satisfaire Tavarice ou le faste de ce magistrat (31).

(30) ^ir ci-^e» 01 , ptg, 1 5 et i ^tf •

(31) Voir la quatrôme Verrine, et plus partfcuiièremeot les

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LiGlSLATION DES SICILIENS. 167

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