‹ Histoire de la législation (volume 3)Chapitre 12 sur 62 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L^h H Instkutions relatives à t Agtiaiiture , au Commerce ^ à la Navigation^ «) ta Marine , aux Cohnies.

IN ous avons moins pour objet » dans ce chapitre, combitn r«|rtde rappeler les bienfaits de ia nature envers la ••**»»'• '^»^*'*'»^' Sicile, que de taire connottre les mesures de gou- ^^a »n MquiiMi vernement ou d'administration publique dont ses '^j^*** **"***• '^^ productions et ses relations avec les autres peuples étoient Tobjet, ainsi que les moyens qui furent mis en usage dans le dessein d'établir des communications û utiles pour le transport et l'échange des bienfaits mutuels de la nature et de l'industrie.

Ce fut une belle idée des Siciliens de suppo* ser que ia même déesse leur avoit donné l'agriculture et les lois ; ils appeloient Gérés Thesmophore ( \ K

Archias avoit demandé à la pythie de Delphes « quand il la consulta sur la fondation de Syracuse ,

I ) Dlodort » V» S ^* Nou» retrouverons une idée sennblable en pAflânt deji ^.tru5<|ue» , /</r//rm Ctrti'^

que cette ville eût des richesses (2). Elle les trouva dans la culture de ses champs , dans toutes les ressources que lui offrit aussitôt un commerce actif, dans ses relations journalières avec les autres habitans de la Sicile , avec une partie de Tltalie et de la Grèce.

On a vu (3) que Gélon, un des premiers rois connus de cette île , mettoit tant de prix à la culture des terres, que souvent il y conduisoit Iutmême les laboureurs. Ce n'étoit pas uniquement Tespérance d'une fertilité plus grande encore qui Tanimoit ; il craignoit que, satisfait^ de ce que produisoient leurs champs, ses sujets ne se laissassent amollir par une dangereuse oisiveté (4}«

Plus d*une fois aussi les productions dç la Sicile devinrent pour elle un moyen de se concilier Tamitié des autres peuples , de l'obtenir et de la conserver, en leur oflTrant des secours , soit pour une partie des approvisionnemens journaliers , soit bien plus encore pour les approvisionneipens extraordinaires qu'exigent des stérilités inattendues , des guerres

{%) Suidas au mot Archias , t. 1, pag. 341.

(3) Ci-dessus, c. i, pag. 15 et 16.

(4) Plut. Apophth. 1. 1 , pag. 175. Voir ci-dessus encore, pag. 1 1 tx 1 6. Uugricuiture fut cependant principalement confiée aux esclaves. Voir Diodore, Valesi, an ^18 de Rome; et ci-dessus 1 pag. 120, 129 etsuiv.

LI^GISU DFS SICILIENS. CH« X. t$J

qu\m ne prèToyoil pas , des entreprises plus ou moins nécessaires, plus ou moins lointaines (j)* Dès le troisième siècle de son existence , on voit Rome fimplorer dans un temps de disette , . et rimf^orer avec succès* Cèlon ètoit alors roi de Synciise (6 ), Ces terres qui , fécondées par des cultivateurs siciliens, alimentent le peuple romain , dboit encore Cicéron, plusieurs siècles après (7), Il avoit dte dans une autre de ses Vtnhes ce quV voit dh Caton du même pays , qu*U n*appeloit pas seulement le grenier actuel de Rome , mais Tancien et ridie trésor <fe nos aïeux (8) ; et il ajoute que, dans fa guerre des peuples d'Italie soulevés contre les Romains , la Sicile , sans qu'ils eussent à faire

(5) On peut rc\r sur la fertilité de U Sicile , Air «$ pfoduc« 4mb es les re«KHirre« qu'y trouTolent l<» autres peuples, ce ^*eii « iviTucilti Fatelltti, t. IV des «4ff/;f« dtSùjU^ IW. 1, c iv, et icj» rJuptvrcs <\>rrc:»(XM>dans de.^ crAÙê^ <ful suivent dans ce volume ou dans les toI urnes suivans. Pline y e^^t souvent cité et dcvûh réti« , ainsi ^e Di*>dore , xi v» SS 4» « '*«'. V^Af encore AcHéné<, 1,SS ai et 26 ; les/1/^, Je TA^^J. t« VI, pag, p) ; V X , pag, 5 » ; et Caruso, t, I , pag 4^ et 40-

i<<;^ I Wf Tlte-Live.n, $ ^; le* Hv, vil et VIH de Denys d^Halkamasie ; la Vit Jt Otlfin , par Plutarquc ; ce ^3kf\ en dit autd AptiphK pag. 1 7^ , et ce <f uVn dit CaruM> , pa^, 89*

(-} Cinfvime I VfnW. S 47; «t $ 44 , Il appelle les labourran de Sidie hâwetthsmi hfimmrs at fficnrMssmi\

[H) Airarifl wt^r^nm wftfv a( refenfi, Scnonde Verrine, $ »»

aucune dépense, avôit équipé, vêtu, muni leurs plus grandes armées (9).

Laevinus , vainqueur et maître d'Agrigente , ordonna k ses habitans de mettre bas ies armes et de ne plus s'occuper désormais que du labourage , pour offrir toujours k Rome et à l'Italie , dans des temps de disette , une ressource assurée (10). Lou et actes pu- Piuskurs lois avoieut été faites sur ies res^

grîcuiturc. sources et ies produits de l'agriculture, sur ies

contributions auxquelles on devoit ies soumettre. Une des pius véiiémentes accusations contre Verres porte sur ies malversations de ce magistrat « sur i'audace et le caractère de ses déprédations. L'orateur rappeiie ies ordonnances d'Hiéron , leur sagesse, le respect qu'on avoit toujours eu pour elles, et les violences du préteur journellement substituées k la modération du prince qui avoit exercé pendant si iong^temps un pouvoir sans contestation et sans limites (11),

Formiiiondcfco- L'agHcuIturc rfavaît pas seuie occupé fa Sicile

(9) A'Jaximos txtrcitus nostros, sim ulla sumptu nostro, vtuhfit, aluit , armaviu Seconde Verrine , S 2.

( I o) Tite-Livc , xxvi , S 40. Voir, sur ia fertilité d*Agrigente , Strabon» VI , pag. %66 et 27a ; Macrobc, vi » pag* 313s Ciliés , .IV, pag. l;^

(11) Vçir surtout ia trohième Verrine, S% 7 et lo, Cicéron y parle aussi, S 54» de ia disette des cultivateurs, disette provenant des excès de Verres.

LiGISt. DES SICILIENS. CH. X. 1(9

dhm les siédes précédens. Si elle eût été soumise imom. N^iMMct tt alors à ce que Rome lui imposoit aujourcThui, die |^ n'iuiroit pas préparé les succès que cette ville obtint contre Carthage, et qui décidèrent une dos plus gnuides luttes d*ambition et de dominadon que rhistoire nous ait transmises*

Les peuples qui arrivoient en Sicile , venus par mer, dévoient s*établir sur les rivages ; ils dévoient par-Oi même renvoyer dans Tintérieur de* habilam qu'occupoient surtout alors et un champ k cultiver et ce brigandage au-dedans du pays , dont parient souvent les histoires des premières époques ocMfuiues de la Sicile et de la Grèce. Le parri vaincu au milieu des troubles dvils venoit cher* cher un asile dans une terre qui pouvoit te lui offrir encore*

Les colonies venues de Grèce étoient doriennes en grande |>artie , toutes celles, par exemple, sorties de Corinthe* Les Achéens en envoyèrent pareillement; celles d'Achaïe étoient éoliennes* Les Eubéens y en avotent envoyé vers le milieu du sepdème siècle avant Tère chrétiemie; Chalcis, leur ville capitale, donna son nom pour caractériser les colonies qui avoient cette origine* Cofintfae étoit la métropole de la cité qui devint capitale de la Sicile , Syracuse ( i a)* Elle lui fournit un

(il) I Aff l« premier livre de Dtny» d^Hâlit aroAMc ; le com

l6o HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

grand nombre de citoyens encore après les mal* heurs et les guerres qui l'avoient dépeuplée (i $)•

Plus anciennement , Syracuse avoit fondé plu-^ sieurs colonies qui ne furent pas toutes sans quelque renommée, Camarine, par exemple (i4)* Plusieurs villes aussi reçurent d'elle en différens temps des bannis en assez grand nombre pour se confondre avec les habitans plus anciens du pays qui leur accordoit un asile. Parmi les colonies qu'Hiéron établit à Naxos et à Caune » il y eut , sur dix mille personnes, cinq mille Syracusains (i $)• On peut dire qu'en général l'esprit de ces établissemens fut pour les colonies nouvelles de féconder et d'acquérir, de conserver et de fouir pour les colonies anciennes. L'union de celles-ci avec la métropole fiubsista presque toujours, trèslong-temps du moins ; mêmes famiUes , mêmes lois, mêmes intérêts (16).

La protection accordée par Gélon à l'agricui-

rocDcement du V.« livre de Thucydide, et les SS6 et suivans da V.* livre de Diodore. P'Wr aussi les Aî/m, de l'AauL v XLll , pig. 302.

(t )) G>méiius Népos, TimoL S ). On le reprit quelquefois à ceux à qui on Tavoit donné. On peut en voir un exemple , d-dessus, pag. 33.

(14) Thucyd. vi,S 5.

(1;) Diod. XI , S 49. Pufendorflr, VIII, c. XI, $ 6.

(i6) Voir les Mém.di l'Acad. t. XXVII, pag. lo.

LÉCiISL. mS SICII4HNS. CM, %. |6|

xurt ne Pavoit pns empêché de veiller h Porgniiisation de la marine^ il »on agrandissement ^ h ses succès : des ambassadeurs furent envoyés pour lui demander de s*unir avec les Grecs contre Xerxès ; deux cents trirèmes leur furent ofTertes qu'il se réserva seulement le droit de commander (i7).

Quatre cents vaisseaux de guerre sortirent du port de Syracuse sous le règne d^ Denys Tancien, Leur nombre s*étoit accru encore sous le règne de Denys le jeune , si nous en croyons /Jîen ( 1 8) ; il lui attribue la gloire d'avoir rendu plus sûre^ par de nouveaux établissemens qu'il forma, la na- ^^^^^^ ^^^^^^ ^ vigaiion de la mer ionienne (19). Son père» qui «MUMirMium. donna l'exemple de cette protection accordée h la navigation et h la marine, avoit eu pareillement la |>ensée, si digne d*un prince, de réunir un grand nombre d'ouvriers k Syracuse, d'y établir des manufactures, d'assurer des récompenses k tous ceux que distingueroient leur savoir et leur industrie (ao). La fabrication des armes devoit sur-

(17) H^nul, VII , S$ I jH H iif/V.

1%^) llv, VI, c. Ml. loir DM. \IV, $$ 8 it smi\ \x voit »at»l , II, S I, et WcAxcMng tur ce |MiiftAf(e et »ur les $S 4 1 et 47 «lu lUreXlV»

(19) r<>/f Faitellm»|>ag. ^4»'^' l>lf»d. XV, S i].

(&o) On lui A rep^trl)^ néanmoliit, non »nns (|uet(|ue fondemcni, <l*avolr nul au commerce, en |)ermctiAnt aux Slrillen«

Page 1