‹ Histoire de la législation (volume 3)Chapitre 18 sur 62 · II. I · texte numérisé non relu

II. I

M fMlMrtiflt I U

tyrunnU,

Z26 HirroïKfi de la législation.

Hiénon Il« par exemple , qui régna plus d'un demi'fièck ( i f ) ; et « long^-temps avant lui , Gélon, qui ne régna que huit ans ( 1 6)« On pourroit citer Timoléon (i 7)9 qui eut Tautorité d'un roi sans en avoir le titre (i8). Étranger^ ii gouverna en ami du peuple ; les plus méchans des tyrans de Syn* cuse y étoient tous nés.

Émigrations pour L'histoife parle aussi plusieurs fois des tyrans que ne laissoient pas sans crainte les bornes et la foiblesse de l'état qu'ils gouvernoient , et qui pas*sèrent sous la domination d'un d'entre eux, soit que celui'^ci Ai devenu si fort qu'on auroit tenté VMnement de luj résister, soit qu'ils eussent besoin de trouver en lui défense et protection contre des cités voisines ou contre l'atuque des factions. D'autres fois on vit la cruauté du ma}tre menacer et frapper tellement sans pitié ses malheureiix Mjets f qu'ils allèrent comme chercher un soulagement chec des tyrans voisins dont ils espéroient du moins que la haine ne les atteindroit pas,

(f }) Voir d«<kistt>, pog. 8é et iuiv»

( I C) Voir notre chftp. il , pag* 1 4 tt tm.

(17) If étott ûé à Cortnthe , dont Syraense étoit i»e colonfe. Voir d-dcfftti, chap. I.^, pag« 1 1 , et c. vili, pi^ m»

(it) Voir d-ilc«iis, c. m, pag, 5^ a suiv* Ttmoléoti avoit tué Mm (rhrt , ^ vouloft être roi à Coiiathe. Vmr Diod. X vi » $ 65 \ Montafgire , t , c. xxxvii « m , c. 1; et Icf notai 58 et 59 de notre chapitre 111 , pag. 13.

tiClSL. OEB SlCItlCNS. CH. IlV. 2XJ

qtt'eUe ne oienaceroit pas leur vit (19). Des memi» oppreiiivei lotirnèrent quelqiiefeii contre lei tynm même»; nom en avons vti pltttieiiri mourir assaiiinéi par IVfTet <f une consptntîon de leurs victimes (20) ; cTautres succomber sous le mépris quHs inspiroient : le mépris est pi tu redoutable encore que la haine.

Quand la tyrannie ne régnoit plus, c^est b dé- i«*^'«^«»rMii magogie qui la remplaçoit « pour quelque temps tn ««.««^fw du mobis. Elle fut poussée en Sicfle fusqu^ demander le partage des terres (21) : il est difficile d'avoir une démocratie plus complète et plu« abuÀtÈê. La plupart des anciens tyrans sont venus des démagogues. Denys le devint en accusant de trahison Daphnée et d'autres citoyetu qui posfédoient aussi des richesses « artifice « dit Aristote (22) , que Von prenoit pour des élans de patriotisme» et qui donnoit un air de popularité* tjk liberté existoit-eile encore alors ! elle n*étoit plus qu'une odieuse licence. La licence <^ut aussi SCS orateurs ; elle se montra tout entière dans après la mort de Denys. Dion ne vouloit

(»y; En voir un exemple ci-demàà^ duip^ Wf ptg« 7*

(s«) ypér d'étmk* te» page* 6,'j,B, % 14, st» 15» fi, 64,

itt) FêÙil/. Ihr. V, c, V, pg. J7|.

et ne proposoît qu'une république tempérée. Le commencement de la liberté, c'est l'égalité , disoit Héraclide ; la pauvreté est le commencement de ia servitude : on s'étoit plaint souvent de lui; il fît cette proposition pour se réconcilier avec le peuple (23). Denys l'ancien avoit commencé par être lui-même un des orateurs de la démagogie. Démosthène remarque, dans sa harangue contre la loi de Leptine, que les Syracusains, si puissans alors , ne s'attendoient probablement pa& à être dominés par un homme qui , dans l'origine n'avoit été, disoit-on, qu'un greffier subalterne (24).

Neuveiiei tenu- çj^^jg lîLcrté même sî désirée , le vœu de tous ,

tivcf contre U II»

htrti i effbrtf en ■» on Sembla ne la reprendre quelquefois que pour la *^*"'' perdre plus vite encore. C'est qu'à peine l'avoit-on

reconquise , que des factions nouvelles se disputoient le pouvoir qu'elles avoient renversé en unissant leurs efforts. Les changemens dévoient y être grands et rapides. Quelle différence entre les gôuvernemens qui se succèdent et qui se succèdent souvent avec cette effrayante rapidité ! Timoléon détruit la tyrannie ; il semble que c'est pour tou-

(1 j) Plut. VU dt Dion, S |8. Kwr ci-dessus, chap. m, pag. 48.

(24) S 140. Voirlct notes de Wolf sur ce passage » pag. 38^. Voir aussi Diodore de Sicile , fiv. XIII ,S^6,eth note de Wcssefing.

jours : elle alioit renaître (25). Dion ne Tempécha pas de reparoitre dans la personne même du prince qu*il avoît combattu, li s*étoit distingué cependant par les moyens de conciliation et de paix extérieure qu'il cherchoit à réunir pour rendre Tadmintsuration plus chère aux difFérens ordres de la so« ciété civile. Sans vouloir une démocratie, il proposoit un gouvernement dans lequel on n*excIuoit pas «les citoyens ordinaires; on y auroit pu cependant donner quelque autorité de plus , une autorité plus active à ceux qui, par leur position, auroient présenté dans leur fortune, dans leurs lumières, dans leur expérience , dans des services déjà rendus , une garantie plus certaine (26 ).

Les institutions établies ou transmises furent Mépiudcuiy

1 II * «1 rannic pour Icf lolt

peu nombreuses , et celles qu on avoit obtenues ^^^ niêwunu cc furent souvent oubliées ou comprimées par le ^"'•" »•** **• prince qui régnoit. Elles lui paroissoient être une obligation ou une surveillance qui suspendoit souvent une liberté long-temps respectée. La plupart de celles que les tyrans redoutoient auroient peut-être pu donner à leur autorité une durée plus longue; elles auroient pu promettre une durée plus sûre à un gouvernement fort

(ij) Kw> Piut. l'ie fie Timoi» SS »8 a suiv.» cl (l-flcî»sus, chap. m , pag. 5 ) r/ suiv,

(a6) ^Wr ci-dcs$us , rhap. lU , pag. 47 ttutii\

lois.

itiais tranquille : la tyrannie n'en fut que plus audacieuse y phxs facile même à conquérir. La légis-» htion n'étoit pas, comme à Sparte, Touvrage chin seul homme , comme elle le fut aussi dans quelques autres villes de la Grèce ; sa volonté , moins uniforme, plus dépendante des circonstances politiques auxquelles elle étoit appliquée , éprouva souvent des modifications, plus souvent encore des changemens ou des suspensions que forcèrent d'admettre tes différentes combinaisons du pouvoir dominateur, son caractère , son étendue. Les premières lois apportées en Sicile paroissent avoir été des lois doriennes et chalcidiennes (27). Dioclès en donna, dans la suite, aux habitans de ce pays (28). Son code embrassoit ia législation civile dans toute son étendue (29); plusieurs lois politiques en faisoient également partie , celles sur les élections , par exemple , et sur la plupart des fonctions publiques (30). Une ré-

{i'/) Voir Thucyd. vi , SS 3 ^i ^uiv. ; et ci-dctfus , pag. 4 et suhf. Mais voir aussi Pindare, Pythiq, \ ,y. iittt sufv., et 9it% commentateurs sur ce passage.

(a8) On croit (|ue ce ht vers l'an 4 1 1 avant l*cre chrétienne.

(29) Voir ci-dessus , ciiap. Ill , pag. 17. Voir aussi la page 7, cliap. 1.^, où difiërentes lois et coutumes sont rappelées. Pfusieun de celles de Tlmoléon le sont encore , pag. 55» |8, 87, 97.

(jo) Pag. 57 aussi . chap. lli.

vi$«oii ^ c«« lois liii oidoimiè« dms h suite (} i K Lu plupart des «uii^ dtés de Sicile «voieni «dopié celles que Diodes «voit écMtinées (u). Un mo* Awneat Aii élevé I ce Itigtslmeur pir b teiXMi* Qoissrace publique. Denys te lymn m pouvoit supporter un pareil hommage; il lii al^iure le «Mimnieni et Uiir une ioneresse sur la place oè onTavt^i ele\* {n).

Pwmi les institutions qu^eut Syracuse^ une des mmm«»mi^ ^ plus celi^bres est le |>étalisme , institu^on inùtée ^ <f Athène». ««Dans les d<Nnocnities,diiAristote ( ]4)« on aspire k r^|[alite tM)i>^r»elie ; un citoyen de* vieni^il trop pui>sant )>ar ses richesse*»» par le niHubre de ses amis, par tout autre geni^ de crédit politique, l\^st racisme fen punit, et pour un temps déterminé iHi le l>:^nnit de sa pairie ( ) s ) ^ *^ Le |M>^>eni fjii^oit aiuM cm)damner Tateniri et ri.^>uletKe eioit n^douiée ctMun^e le mérite et cvMnn^ la con^d^ratiim acqui.se )>ar la veriu«

Des haines ou des ciaintes semblables iiupir^

rismc |H%ur )M^r ^tU «rniinMiu t1n»|i)i^iti^t , et «x ^M

rent une semblable idée aux Syracusains ; le pétalistne fut établi (36). De grands maux naquirent parmi eux de cette institution même. Les hommes les plus dignes de concourir au gouvernement , à l'administration publique, s'en éloignèrent et abandonnèrent tous des fonctions qu'ils auroient si bien remplies. De cette prétendue égalité absolue on se trouva dans la démagogie. Je m afRige , je l'avoue 9 d'entendre Montesquieu dire (37) qu'un pareil usage , loin qu'il puisse flétrir le gouvernement populaire, est au contraire propre à en prouver la douceur : « Nous l'aurions sent^ ajoutet-il , si l'exil, parmi nous, étant toujours une peine, nous avions pu séparer cette idée d*avec celle de la punition; >> Un bannissement qui n'est pas une peine ! un bannissement prononcé par une assemblée nombreuse de citoyens, sans qu'aucune accusation l'ait précédée, sans qu'on ose même développer et discuter les motifs qui peuvent le produire ! Et Montesquieu remarquera bientôt luimême combien une pareille loi fît de maux à Syracuse (38) , le mal qui en résulta surtout par l'abandon que firent des affaires publiques tous

(36) On peut voir sur ces deux mots, sur leur origine et leur caractère pirticulfer , ies pages 2^ et 16 ci-dessus.

(37) Esprit des lois, ilv. xxvi , chap. XVii. ()8) LIv. XXIX, chap. vu.

LiCtSL. D£8 SIGILIBNS. CH. XIV. ^33

ceux qui avoient quelque mérite : Plutarque l'a nommée avec raiston U soulagement de renvle {]()). Les derniers des citoyens, tes plus téméraires, inspiroient au peuple de perpétuelles innovations d*où naissoient des troubles encore , des formations départi, des séditions des dénonciations continues, tes fiictions les plus honteuses; l'ignorance, la débauche, Taudace, furelit appelées ou t'appelèrent eties-mémes k la suprême autorité. Ce pouvoir de tous supposoit et accrçissoit la démagogie. Le désordre devint si grand enfin que reffros'fut universel, comme le repentir d'avoir ainsi dégradé et tourmenté la patrie. Le décret qui avoit établi le pétalisme fut révoqué (4o). ««Ce n'est pas l'utilité publique qui faisoit employer l'ostracisme, dit Aristote, dest l'esprit de faction (40' *' ^^ V^^ ^^ grand homme disoit d'Athènes n'avoit cessé d'être applicable au bannissement prononcé k Syracuse.

Nous apprenons encore d' Aristote (4a) que ce fut après la victoire célèbre obtenue contre les

(39) l'itiit Thémimk, $4).

(40) Dtod. XI , S ^7* Ceux qui nvoient été élulgiié» rcp«rurcnt , et ceux qui avulcnt ^té le» domlntitcui's devinrent le» fucticux.

(41) A>//V. Ilv. ni I vem ttt fin du rhAp. tx. (4a) LIv. V, rh»p. IV.

2,^4 HISTOIRE l>£ LA LÉGISLATION.

Athéniens (43)9 que ie }>euple de Syracuse s'em*

para du pouvoir. Une timocratie existoit , c^est-h-

dire une forme de gouvernement sous laquelle

un cens payé étoit nécessaire, pour être admis aux

magistratures. La victoire remportée en&nta luie

démocratie absolue , la souveraineté de ceux qui

Tavoient produite : les' Athéniens vaincus passé»

rent au contraire de la démocratie à raristocratie

des quatre cents (44)*

Dm petit nombre Ce mouvement perpétuel du gouvernement po-

litiqiiw. De l'im- Unique ne pouvoit donner à aucune des institutions

puiMtnce qii'ciicf g^tte fofce quc leur assurent le temps et I'habi<*

«Uvolent «voir.

tude de les respecter. On ne pouvoit même trop espérer qu'elles résistassent au désir si actif et si fréquent d'envahir la souveraineté. Les tyrans et ceux qui aspirent à le devenir aiment peu les institutions. Il en est cependant qui pourroient peut-être donner quelque durée à un gouvernement fort et tranquille. Ce ne sont pas des maîtres comme Oenys qui les eussent conservées , s'ils les avoient trouvées dans le pays qu'ils venoient de soumettre k leur domination ; ils les renversoient ou les laissoient dans un oubli absolu. Ces • soient-ils de régner , c'est h la démocratie encore

(4)) L*an 41 3 avant lerc chrétioniie.

(44) Thucydide , llv. viii, SS 6} et suiif.

LtClSL* DES SICILIENS. CH. XIV. X^f

<|ve seconfioîem ie plus ofdinairement les ambitions palouses de ratourner, et «rappliquer k eiles-mémes ce qu'elles venoient de détruire. C'est li qu'étoient surtout les rivalités, les espérances, les moyens <ragir atec quelque succès. Et , faut-il le dire , ces institutions, si elles eussent préexisté k la tyrannie, qu'auroient'eiles pu opposer à la volonté inexo* fable <f un maître qui vouloit surtout régner par h çjnin^ $ qu'envfaronnoient nécessairement des timipes nombreuses de soldats qu'il avoit créées pour le servir et le défendre, toujours prêtes à obéir, toujours satisfidtes du rang même ou les plaçoit une autorité qui les récompensoît avec tant de soin d'une fidélité qu'elle avoit besoin chaque jour de conserver et d'accroitre , et dans leur sein, beaucoup de mercenaires richement soudoyés, beaucoup d'étrangers formés déjà dans Tart de combattre l

Des institutions nécessairement oubliées ou ^•^^^ êcemdi* comprimées par lusurpateur du trône , des insti- n«r«cen«ir««. comtudons qu'il ne pouvoit pas ne pas redouter "^^ ^' *«•*** puisqu'il auroit fallu qu'il s'y soumit, et qu'elles resserroient , sous beaucoup de rapports , l'exercice d'une autorité qu'il vouloit rendre illimitée et ne dépendant jamais que de lui, ces institutions étoient , par cela même , souvent ailbiblies , sus* |)enducs , changées ; elles pouvoient renaître à la

chuté du tyran. Aristote et Diodore (45) en:

donnent la preuve pour Syracuse même. Les étrangers et les mercenaires y reçurent ie droit de cité y pour avoir concouru à détruire l'autorité d'un maître après l'avoir d'abord secondée et servie. Mais ces hommes ne tardèrent pas à se montrer indignes du droit qu'on venoit de leur accorder, li fallut leur résister , les combattre; une guerre civile éclata (4^)* Syracuse éprouva plus d'une fois ces dangers , ces malheurs, et Thucydide a raison de dire qu'elle eut moins de combats à soutenir contre les ennemis de l'État que contre elle-même (47 )• La victoire remportée sur les premiers promettoit du moins quelques avantagés temporaires et une paix de quelque durée; mais une sédition comprimée , une faction vaincue , ne les empêchoient pas de subsister encore en partie ou de renaître avec une grande rapidité. Quelquefois ce fut entre des étrangers . admis et des habitans originaires que la guerre éclata. Avant ie règne de Gélon, les grands propriétaires avoieni été chassés par ceux qui ne l'étoient pas et par les esclaves armés contre leurs maîtres; Géion

(45) Arist. Polit, v, c. III, pag. 389. Diod. xi, S 7)- (4^) Arist. ihùl, , et Diodore aussi, xi, S 72* (47) Thucyd, VI, S 38.

LiCISL. DES SICILIENS. CH. XIV. l^f

rendit aux premiers leurs biens et leur patrie (48). Nous avons donné plusieurs exemples assez semblabtes : le succès des Syracusains contre les Athéniens fut le plus mémorable de Thistoire de Sicile (49).

Les naturalisations d^étrangers sont fréquentes un» iî«i|MtNMt dans cette histoire ; c*est quelles dépendoient bien ^"^«^^^ « ^ moins d^un esprit de justice ou de Tintérét général ^'•»r*«> que de Pintérèt de celui dans les mains de qui étoit alors le suprême pouvoir (50). Il se donnoit par-hi des sujets reconnoissans ; entièrement dans sa dépendance » ils étoient admis , comme Tétoient les hommes nés dans le pays, aux fonctions publiques. Quelquefois, cependant, une révo* iution nouvelle les en excluoit , les excluoit même de la ville qu'ils habitoient ( ; 1 ). Les citoyens originaires reprenoient alors , dans toute son étendue , l'exercice des droits que les étrangers venoient de partager avec eux. Investis du droit de cité , ils con-

(4$) IWr notre chap. H» pag. 15. Agathocte, «u conmire» prit tes biens des riches pour le$ distribuer aux pauvres. I «wr la page 67.

(^9) V^ir ci-dessus, pag* i))-2)4. Voir aussi ce que dit OMnosthène oimirr /«t /«>< Ji Ltpdiit^ de cette victoire et de la puissance quVvoient alors tes Syracusains» S 140.

($0) I Wr ci^essus , chap» Il , pag. 1 ;, ti et 1 $.

(} 1) Pages I ;, ai et a| encore*

couroient aux élections et k l'administration, quand tous les citoyens étoient dans le cas d'y être admis. Le maître qui les avoit choisis en iàisoit ensuite , à son gré , de^/nagistrats , des chefs de différens corps de Tarmée (52). Ces révoludons fréquentes dans les pays soumis à des variadons de gouvernement, à ses différens caractères, raraenoient à ce qu'avoient ordonné celles qui les avoient précédées.

EAciavet. De leur Le droit de cité fut aussi accordé qudquefbis à

révolte. De leurs , , , • /y< i • • •! •

^m,^ des esclaves qu on avoit anranchis ; mais d arriva

également que réunis , et fortifiés ainsi par une associadon nombreuse, ils se soulevèrent, et durent k leurs armes d'efTrayans succès. Un d'eux , chef des autres, après avoir Ait périr Agatfao* de par le poison , ne craignit pas d'aspirer à hé* riter de son trône (53). La plus terrible révolte que Syracuse éprouva fut celle que raconte Dio* dore. De graves calamités pesèrent sur un grand nombre de personnes des deux sexes , sur des

(52) yoir plusieurs exemples de ces concessioiis du droit de dtéyCi-dessiu, pag. 5, 16, 17,24, 30, 39,8). yohêmà Diodore, XI» s 70; xxi, S 13.

(53) ^^'^ cWessuj, chap. iv, pag. 70 et 71, et chtp. ix, pag. 1 29 <r i«/V. Voir aussi It page 1 5. sur la révolte des esclaves des Gamores , et tes M/m. di VAcad, t. XLVill, pag. 115.

liGlSL* OKS SICILIENS. GH. XIV. 239

fkinilles entières; peu s*en fidiut méine que toute riie ne tombât dans la puissance de ces hommes , dont le but était de faire subir h leurs maîtres d'effroyables cruautés (54)* Des milliers d'esclaves se trouvèrent en même temps réunis « tous se préparant k commettre les mêmes crimes.

D'autres motifs, d'autres haines, sans inspirer s^^uiom «««itétt de seinblables forfaits , excitèrent cependant plus ^:„1*11m: d'une fois des soulèvemens qui troublèrent fétat. •*")•«» **•» ^^ Ce qu'un tyran fiiisoit contre des hommes dont il redoutoit la sagesse , les lumières et le courage , une ombrageuse avidité l'inspira quelquefois, quoique à un degré moins criminel , contre des citoyens dont la propriété étoit tout le crime (5 j ). On confisquoit leurs biens par cela seul qu'ils étoient riches ( j 6 ) .

La différence des fortunes fut une des causes des séditions fréquentes, mais cette égalité, impos« sible à trouver, à reconnohre, comment pouvoit* an surtout la poursuivre et l'envahir dans un pays laborieux 1 agricole , oii le travail seul iiiisoit ac« quérir et conserver, où il ftlioit pouvoir balancer

(54) O-dessus encore, pag. 76 et 71.

(;5) Eximm ék Piodort, liv. xxxiv.

()6) £n voir un exemple , d*dessus , chap. MS pag. 15, Voir ftuisi le« pages )9i ;(i ^7« ^8» 78 , où ce sont des «boUtlons de dettes et des partages qu on prononce.

et rendre ce qu'on obtenoit des pays voisins ou des rivages plus ou moins éloignés l La victoire cependant avoit donné quelquefois aux Siciliens » sur les peuples qui les habitoient , le droit de lever des tributs annuels; les Carthaginois mêmes le subirent* Dm loif MUiivcf Avant la domination romaine , on retrouve en l'impdi. général dans l'administration financière des Sici-

liens le caractère qu'elle doit avoir* Les bases en sont assez semblables à celles des autres peuples. La quotité en changeoit quelquefois^ suivant la forme plus ou moins tranquille du gouvernement , suivant le caractère et le pouvoir de ceux qui commandoient. Denys l'ancien, par exemple» vit bien moins dans les impôts l'intérêt public et les besoins nationaux que le désir d'y trouver de nouveaux moyens d'en ôter, surtout à ceux qui subissoient sa tyrannie. Il est permis de remarquer qu'un des plus méchans rois de Sicile , Phalaris , avoit été fermier des impôts (57) ; il protégea du moins les deniers publics contre les déprédations des administrateurs ; il ne viola pas cette promesse d'alléger le poids des contributions que firent si souvent ceux qui aspiroient à l'autorité suprême

(s?) yoir^Ag, 116, chap. Vlll , ce que iîc Géion pour obtenir une contribution extraordinaire que les besoins de la guerre réciamoient.

LiGlSU bES SICILIENS. CH. XIV. 1^\

OU qui espéroiem h reconquérir (j8)« Avant la domination des Romains» Hîéronavoitdétennine, par une de ses lois , Tassiette des impôts t ta lot subsista^ dans toutes ses dispositions^ sous les nouveaux maîtres qu'eut la Sicile (59)* Si Texécution en devint quelquefois moins supportable pour les sujets > c'est à la dureté ou ii Tavidité des préteurs, de Verres en particulier, qu^on dut cette oppression nouvelle (60) •

Cicéron, dans la seconde action contre Ver- i>«Jiw«*tm. rès (6 1 )) fait mention d'une magistrature qui avoit ^^^^"^ pour objet principal les contributions envers fétat» et par conséquent la connoissance des fortunes tiKtividuelles » leur revenu annuel et Tassiette de Fimpôt ; elle donnoit tout pouvoir pour régler Testimation des biens de chacun et faire un état de ce qu'il devoit fournir. L'importance d'ime pareille fonction , son universalité à l'égard des citoyens, l'autorité qui y étoit attachée, la fàisoient briguer vivement par les Syracusains. Il y avoit un de ces magistrats pour chacune des villes siciliennes.

vjS^ En ^rolr des exemples »d*^«»us,pig. i8»44«4S» AA^H- \^*i) i Wr cMessiu » cha|K vi » et chap. Vlll » pag. ^^ et 1 16, limpôt payé par les Skillens aux Romains* 00) f W cMessuÂ^ pag. 1 1 8 et 119.

vm) s n» ^ '*'*' <l'd«»«*» c» VI et Vlll» pag. «r « loj, I I. 16

242 HISTOIRE P£ LA LÉGISXATION.

J'ai rappelé ailleurs les mesures prises pour Tadministradon des subsistances (62).

II n^ avoit pas de magistrats spéciaux pour les mœurs. La surveillance dont elles pouvoient avoir besoin étoit confiée au sénat. Le faste et la mollesse , conséquences trop nécessaires de l'opulence , sont des fautes légères auprès de ce qu'ont reproché à ce peuple des écrivains de la Grèce ou de Home (63).

TnywK utile». Nous avons parlé dans ies chapitres précé- IhZÔ^I^comn dens (64) de l'agriculmre et du commerce, des u tyrannie. pTogrès que les Siciliens leur firent faire, des bien-

fiiits qu'ils en recueillirent, des colonies qu'ils établirent quelquefois, et plus encore de celles dont ils tirèrent leur origine, qui peuplèrent et fécondèrent la Sicile dans les premiers siècles connus de son existence nationale (65), Nous avons dit également {66 ) que ces sages et utiles travaux ne les empêchèrent pas d'honorer les lettres, les arts, la philosophie, que ies tyrans

■ Il I — — ■■ I 11 ■ un w ^i I «^.«^i^ii— p^—^ Il i^Mi^-— ■ ». — —^—i»

(62) Ci-dessus, chap. vill, pag. 116.

(63) yoir notre chapitre xiii , pag. 196 asuh.

(64) Chapitre vi , pag. 89 ; chap. viii , pag. 11 9, et chap. x » pag. 1^2 et suw» On se souvient da ençouragemens et des exemples donnés par Géion , sur le labourage en particulier. Voir notre chap. Il , pag. r 5.

(65) ypir ci-dessus » chap, x, pag. j 52 a suh, (éé) Chap. XIII , pag. 204 ti suiv.

LÉGISL. DES SiClLlEMS. CH. XIV. 243

méraM ne cnignimit pis de laisser armer |usqiil eux quoiqu'ils raient biem6t repoussée (67). Platon n'aroit pas été cf abord sans quelque succès anprès de Dniys Tancien ; il n'obtint plus tard que sa haine et ses persécutions : b lutte ne pouroit slibstfter long*iemps entre b raison et le^uroîr, k pooroir d'mi maître absolu et peu porté à cesser janaîs de Tétre^ à modérer même un despotisme H ombngem (68) • Dion ne fut pas |Jus heureux pendant que Denys le îeime régnoit; mais , Etigué de {Inutilité de ses leçons qu'on lui demandoit et qu'on méprisoit, il sollicita f appui des âmes. La rictoire le seconda ; quelques |ours lui suffirent pour Tobtcnir (69). La Uberté fut procbmée; mais il b prodamoît à peine que d'autres excxtotcnt contre lui le peuple qu'A Yenoît de déli- TTer, sous le prétexte qu'il n'avoît combattu un tfran que pour le derenir.

Des craintes semblables se renoureloient ainsi : KH^oors 3s les inspiroient » ceux mêmes qui tie s'étoient armés que pour comb^tre en âveur de

(6B) fhid, pog. 47, et dûipw Xlll , pg. 205. Voir Diod. XVI. 5 r f ; PWc. Vk dâ FHm , $$ ^6 et sdhr.; le Vâ^age dTAnackénis, t lU , r. xxxm ,if9%.zf7 *f fuiif. , et ic»Èpkref de Batoo. U

«cpacmc surtout.

la liberté et qui avoient donné constamment, en présence des tyrans même , de nombreux témoignages du culte qu'ils lui avoient voué ; mais les événemens trompoient si souvent les espérances ! Reconquises, les institutions se trouvoient sdlimises encore à toutes les variadons que dévoient prescrire le caractère de la victoire et les moyens dont se seroi t servi le vainqueur. Sous im prince sage et modéré, elles auroient pu promettre une durée plus sûre à un gouvernement fort , mais dément et tranquille ; la tyrannie en fut plus audacieuse ^ plus facile peut-être à conserver quand on étoit parvenu à la conquérir ; elle ne respecta même pas toujours les lois civiles et criminelles , ni cette administration de la justice, besoin impérieux des peuples et un des premiers devoirs de ceux qui les gouvernent.

Des Miiait étt- jjgj sénats avoient été établis dans la plupart des villes. villes, à Gela, par exemîple, oit ce corps eut

long* temps tme grande autorité (70). Agrigente en eut un pareillement , et il subsistoit sous ia domination romaine (71). Celui d'Hiéron, à Syracuse ,

(70) Voir d-dessus, chap. I."' pag. 8 et 1 1 ; à Thermes êjos», ihid. pag. 1 1 ; à Gela, Mém, dt VAcad, u XLVIIIy pag 135» aux notes.

(7 1 ) Voir ci-dessus , chap. v, pag. 8 1 *

LiClSL.'DES SICILIENS. CH. XIV. 1^$

mérite d'être cité (7a). II y exista dans le temps que Timoléon exerçoit sur elie une sage et noble influence ; peut-être aurait-il trouvé dans ce grand citoyen une direction et un appui qui en eussent rendu les bienfaits plus étendus et plus sûrs. Un des obstacles qu'il rencontra naquit sans doute de ce que Dion avoit voulu y placer un grand nombre de Grecs ; les Syracusains s'en indignèrent ; des conspirations se formèrent , et Dion succomba sous l'une d'elles (73).

Je viens de nommer le sénat de Syracuse. Je suis ^"*^^ <<• ^^»' f orcé de m arrêter ici sur une opinion de Mon- ,»| 4, syrMun. tesquieu , qu'il est impossible d'adopter telle qu'il la présente (74)* L'histoire, selon lui, ne fait presque jamais mention de ce sénat, ce Toujours dans la licence , a)oute-t-il , on l'aperçoit également travaillée par sa liberté et par sa servitude; recevant toujours l'une et l'autre comme une tempête, et, malgré sa puissance au dehors, toujours déterminée à une révolurion par la plus petite force étrangère, Syracuse avoit dans son sein un peuple immense, qui n'eut jamais que cette cruelle alternative de se donner un tyran

(72) yolr le chap. y, pag. 95 «urtout.

(7)) Plut. K/f fit Dion, SS 66 h suhf.

(74) l'jprit dis lois, Hv. VIII , chap. II.

a46 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

OU de i'ètre lui-même. » Ce tableau n'est pas sait» quelque vérité , mais il ne détruit pas ce qu'ont dit plusieurs historiens de divers sénats en Sicile , et plus particulièrement dans une capitale qui eut , pendant plusieurs siècles, quelque régime qu'on eût adopté ou souffert, une si grande influence politique; ils perdirent tous /sans doute, de leur autorité, de son exercice du moins, sous b préture de Verres, mais on sait ce que de v i n r ent sous un tel homme toutes les institutions, tous les pouvoirs , tous les droits ( 7 ) )• Aitnbution «les £| quant au sénat de Syracuse en particulier,

»cn4tt. De leoff - •- • £C VI' ^ -1

chefs. De u durée dout montesqjuieu ainnne que rtustove ne pane de leur, fonction., py^^qi,^ jattiais, Thistoire en parle souvent au con-

traire ; elle en parie toutes les fbb qu'elle rappcUe la Sicile, sous le rapport de ses iob polidques. Je ne vois pas que la tyrannie même fart détruit quoique eUe lui ait asstirément laisaé wa]aan une foible autorité. Les sénats âisoient part» dn gouvernement adopié oa introduit. Ib svoisnt or- <finairement pour objet de veflier à Fordie public, \ l'union <fes dtoyeos. On les voit prononcer sur des discussions dviits » sur des questioas qui ap> partiennent à la législation criminelle, sur Ducétius quand il vient se réfugier au pied des

bi ) ^ ^^^ ci-dcttus , dup. VI » p^ ^ es 98.

LÉGISL. DBS SICILIENS. CH. XIV. ^^^

autels (76). Leur pouvoir sans douté ne fiit pai toujours le même ; lei exigences de la démocratie et les volontés arbitraires des tyrans ne le permettoient guère. Cicéron parle plu» d'une foii de Texistence de ces corps ( ^^j) ainsi que de leurs travaux» etTite»Live aussi (78). Justin (79) parle d'un massacre ordonné par Agatliocle» massacre du sénat entier ; la haine et la crainte se réunirent pour inspirer ce crime.

Le sénat eut long- temps des ciiefs annuels (80)9 c'esf le sort qui les ciioisissoit alors ; ils n'étoient qu'au nombre de deux 9 comme le furent les consuls à Rome» et on les désignoit par la qualification de stratèges , et aussi par celle de préteurs » car ils étoient en même temps les chefs de Tadministration et de Tarmée. Rien ne pouvoit faciliter davantage Tusurpation du pouvoir suprême ; jamais une combinaison politique ne favorisa mieux le désir et la possibilité de la tyrannie. Les asseml/lées

(76) ^i7i> ci-dciittti pag. )0y6ji la;, \%'jtttut»*

(77) Ditii. plttficuri dei Vinmi, Voir ci-cUiiu», pig. 97» 1 09 tt iulu,, et Icf notcf '^ 3 et ) 5 de cette ptige.

(78) y0ir0 entre autref Jeliv. xxiv, SS ^4 et «|> }*> 34 éttuip, yoir auisi notre chap. Vlll , pag. 1 1 1 et 1 1 s.

(79) Jvutin, xxu, S 1. ypir DM. xxix, J 5 j Ubbo Emm. t. II , pag. 2 ) 1 1 et Plut. Àdminlst. de la réputlique^ t. Il » pag. 8»5.

(80) Sur la nomination dcf lénateurf eusmimei » voir cideiiuft, c. VI, pag. 9;.

1/fi HISTOIRE D£ LA tiClSLATlON.

du peuple étoient convoquée» et présidées f»ar eux (81). C'est un d'eux qui, excité par la multitude réunie autour du sénat , prononça le décret condamnant à mort toute la famille dTHiéronyme qui venoit lui-même de la recevoir {%i).

Je ne pense pas qu'il ait jamais été un corps judiciaire , ni même qu'on portât ordinairement à sa décision des affaires personndies. Quelques )ugemens politiques ont pu seuls en être exceptés; et encore, c'est bien plus à ia haute administration de l'étatque leur délibération appartenoitaIors(8 3). Et combien encore ne change pas de caractère fa législation pénale d'un peuple , quand des haines ou des craintes ont une institution pour les iâvoriser ou les servir, comme Tavoit été le pétaiisme, ou quand il existoit des carrières auxquelles un tyran pouvoit condamner et condamner seul , sans l'intervention des tribunaux , satu une autre volonté que la sienne !

Tout annonce que les sénateurs Pétoient à perpétuité. Je ne trouve pas d'exemples de destitution« Agrigente les vit périr tous à fa fois, mais

(81) Titc-Liife,xiv, $$ 24 et tutp.

(82) Tite-Liire, dicuf loco. Voir les pig. 94 et t)S àt notre cinquième chtpltre.

(8^) Le ^iÀt, pig, 170, reUthement aux chefs de IVmée.

ce Alt par TefTet d'un crime (84)* Nous avons quelque peine à croire au motif qu'en donne Pla-* ton (85)9 que Ton vouloit être plus Fibre dans toutes les actions qu'inipiroit la dissolution des mœurs. On peut du moins en conclure que cette noble inspection appartenoit au sénat, et cela même nous fait connoitre quelle étoit à cet égard son autorité morale p indépendamment de sei autres fonctions publiques.

II seroit difficile d'affirmer que les autres ma- ^""^ **•• •"«'*• gistratures avoient la même durée. Leur durée et rftmphip«ii«mptr. leur nombre nous sont mal connus. La plus im* ^"^^^ portante de toutes , la première par le rang et sa pieuse destination (96) ^ ne duroit qu'une année. C'est au solstice d'été qu'en commençoit l'exercice ; ce fut à cette époque aussi qu'on fixa le commencement de l'année civile. Il n'en étoit plus ainsi sous le gouvernement romain. Le magistrat principal qu'on y envoyoit portoit le nom de préteur, et sa magistrature devoit durer trois, années.

(84) y^ir cl-deutti U page 247 et la note 79.

(8|) Épîtvni,pag. 354et J5|.

(8^ L*amphlpole étoit en même tempi pontife de Jupiter. ycir Diod. XVI » S 70 et la note de Wesiellng, et CIcéron , teicnJi Verriue « S ) 1 . Voir auifi notre chap. 111 1 pag« |8, et le chap. Vlllfpag. m.

%$0 HISTOIRE DE LA LtCISLATlON.

De l'éketion aux Une affirmation absolue ne pourroi t pas plus Jl^'^/oTr".* ^^^ prononcée sui» ce qui concemoit les élections Hgfbiiité. à ces magistratures 9 h toutes les fonctions pu-

bliques* Quelle force n^a pas ce droit <f élire sur la constitution du pays! c'est la changer que de changer fe caractère et de cette élection et de {'éligibilité! l^s lois que Timcrféon avoit domiées ne nous laisseroient aucun doute, si elles avoient subsisté dans toute l'étendue qu'elles avoient reçue de lui (87), mais elles subirent nécessairement des modifications plus ou moins importantes par TefTet des variations politiques. Il afoity par exemple, accordé un égal suffrage à tous les citoyens ; et plus tard ce n'étoit pas toujours par des suffrages seuls que se fiiisoient les diferses élections (88) ; ceux-d étoient domiés sooirem dana un nombre prescrit et le iort venoit quelquefois s'y associer; il venoit choisir parmi les citoyens qn'avoit désignés la maf orité des voix. Pour FamphipoKe, par exemple^ le sort ptonon* çoit entre les trois Syracusains qui avoient obtenu fe plus de voix poiu* être élevés à cette imporunte magistrature (89).

^Ê^Êm

(87) ^^cMeinuiclMp* lll«pag«|7.

(88) Snr les éàecûom et le droit de Mffi«ge» fvir cMetiM,

(89) CicéroD , uconit Verritu ,$51.

LÉGISL. DES SICILIENS. CH. ICIV. IJI

Plutarque dit (90) qu'on droit au sort le rang des orateurs pour parier devant le peuple.

Devenue province romaine , la Sicile conserva Ks anciennes coutumes et la plupart de ses lois. Ce qu'elle eut à subir vint bien moins du peuple vainqueur que des magistrats qui lui furent envoyés.

(90) ÀpofkA. t« Ui pag. 175. Voir d-destus, chap. vi , p. 1 1 1 .

HISTOIRE OE LA LiClSLATION. 253

Page 1