‹ Histoire de la législation (volume 3)Chapitre 19 sur 62 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des primiirs temps connus de tÊtrurie. De sa Situariûn poRdque, et des premières Fermes de son Gûuyemement.

JLiE nom de Satumie fut long- temps donné à

Pandenne Italie. On supposoit qu'elle avoit été le ,':r«ri.:l^fr

séjour de Saturne » et on attribuoit à ce prince la tmHt.

fondation et les progrès de la civilisation (i).

Justin t pour le mieux célébrer, va même jusqu'à

dire (2) que, sous son règne, nul habitant n'eut

sur l'autre aucune sorte de prépondérance , qu'il

(t) Denys <l*Haliciniasse, i , SS 34 '^ sfto^* Macrobe» Satum, 1» c. VII et Vin. Varroa, Dt Ungui lai. iiv. iv» p. i) tt tuip, Virgile» Cwrgiq. 11, v. 173 hsuw.; £ttéidt,Vinf v. }i^ets$iw, Vûir Sen^his sur cet deux passages. Voir aussi ce que dh Virgile au commencemeni deiGéorgiques.

(1) Liv. XLIII, S t.

2f4 H1ST01A£ DE 1#A LÉGISLATION.

VLy eut point de possession privée pu personnelle, que les biens y furent communs et indivisibles comme s'ils n'eussent formé qu'un seid patrimoine pour tous. Les poètes ont le droit de créer de pareilles sociétés civiles ( 3 ) , mais on s'étonne qu'un historieif la présente comme un gouvernement donné , qu'il y ajoute encore d'autres institutions ou d*autres usages qui n'ont plus ce caractère.

Quelques écrivains placent Évandre en Italie , avant la guerre de Troie , y font aborder Énée après cette guerre , parlent de traités d'alliance et même de fédération entre les étrangers qui viennent y chercher un asile et le peuple qui le leur accorde (4)*

Les SicuIienSy nation barbare, avoient d'abord occupé, suivant Deny s d'Halicamasse (j), le pays que Rome devoit occuper un jour. Les Aborigènes (6 } les en chassèrent ; ils s'y établirent et

(1) Voir U huitième livrs de l'Enéide » ▼• 5 1 9 ^< «^f»* \ «t Tibulle, élégie lU, y. 3; it tuiv.

(4) Tite-Lfye, l , SS t et 2. Denys d'Haifcarn. i, $S 49 4t siiiv.

(5) Lhr. M9.

(é) NoRunéâ ftinil , dit-on , pour avoir hal>tté un pays , à prima mgiM0, Voir Périionius , sttr Élin , \x,c, XVI, Dcmpiter , De Etruriû tigâli,. c. vu et vni. Vâit aiwi Tiie-LIve » i , S S 1 et » ; lef fragmens dai Orfgniit Je Catm , dans Prtideii , et Ftitiu Ponipeïus, liv. i et xvi.

LiciSL. ojss imusQUES. ch. i/' 25s subfuguèrimt toute la fégion entra le Uns (7) et leTibra. liscontiiiuèremàlliabiteri mais leur nom fut ensuite changé (8). Celui sous lequel Us sont dTabord et long^temps connus est devenu Tob^et de beaucoup d'inteiprétations qui n'appartiennent pas à cet ouvrage (9)* Les Aborigènes, toujours suivant Denys d'Halicamasse (10), descendoient des <Enot riens ( 1 1 ), lesquels étoient sortis d'Aicadie ( I a.). On en est revenu ainsi k prétendre que les Romains étoient Grecs d'origine ( 1 )) ; opinion qui ne peut être appliquée de la sorte , même en re* connoissant Tinfluenoe des Pélasges ( 1 4 ) » leurs

(7) Aii|o«id*hiiileGir^lt]io.

(8) ^tfir U pag^ suivante.

(9) yotr Strabon, v, pag. tsç; Denys d*Halicarn. I» SS 9 et I o ; les SS ^ et 8 du trente-huhlème livre de Justin ; Solin , I et vni; Poscel, pag. 7^ et ntàf.t Htynt, smt VtmAM. vn, ei. 8 ; VUl , ex. 1 et 2.

(10) Liv. i,SS II» i2f 15,42/riMrK. VotrStrab. V, pag. 218 et 2 29 ; MacTobe , Satum, I , c, vu ; Heyne » 1. 111 des Mém, de VÀLudimie de Cotdnguê , pag. }$ a nr^.; Penzonhis» jvt //rm » IX , c. XVI , et les auteurs <|u*il che,

(11) kirrrianote AauxÉclaircisseroens.

(12) HéiwLl»S74« Strab.. V. pag. 128. Jusdn, xxn. S 1. Voir d-après la première note du chapitre ix.

(i}) {^M> Denys d*HaUc. 1 , SS 1 1 «t 89 ; Macrobe» JkMini. 1 . c. xu ; Strab. v, pag. a^o ; Ovide , Fm. l» v. 90 ; Bianchini , c. XXVI , pag. H W Varron , De Ung. Ut. v, pag. 51 et mw. , Dempster, i,c. V.

(14) Voir la note A aux Éclaire ilUineas.

colonies et leurs succès. Les Aborigènes conservèrent ce nom jusqu'après la guerre de Troie. On le remplaça par celui de Latins sous le prince qui régnoit alors sur eux ; il voulut que ^ réunis par les mêmes lois , les deux peuples le fussent encore par la même dénomination » et les* confondit Tun et l'autre sous le nom de Latins (15).

DeiÉtnuquM et La plupaTt des écrivains qui ont fait de l'Italie

fo?di^"al aie. ^'oï^J®^ ^^ *®^^ ^^^^ **®"^ ( 1 6 } que les Latins

et les Etrusques se la partageoient presque entière avant que ceux qui dévoient fonder Rome se fussent réunis , eussent conquis autour d'eux , et par ces conquêtes voisines se fussent multipliés et étendus tous les jours , dans l'espérance et le pouvoir d'obtenir un empire plus étendu encore (17). Mais quelle fut dans ce partage leur situation réciproque , quelle étoit , avant cette fondation , leur existence politique (i 8) ! Je me bor-

(1 j) KwrTite-LIve, 1, S a; Dcnys dUalic. 1 , SS SjetsutP.; Justin , XX , S I ; Strab. V, pag. 229, et ce que dit Huet, Hisi, du commerce et de la navigat, c. xvi» pag. 8d, de fancienDcté des Tyrrhéoiem en Italie. Le voir aussi au chapitre XLV du même ouvrage.

{\6) Voir\9L note A aux Éciaircissemens.

(17) L'établissement des Toscans en Italie devoit avoir été du dixième siècle, suivant Frérct, t. VIII dts Mém^ de VAcad, pag. 1 00 de l'Histoire.

( 1 8) Une page seulemeift compose le chapitre de Dempster»

LiGlSL* DES ÉTRUSQUES. CH. 1/' 257

Miai k ce qui peut obtenir une authentîcfté suffisanté poiv doimer à lliistoire la vérité dont elle a loufours besoin* Ce n'est d'ailleurs que sous des pointt de vue bien définis que f e dois la considérer.

P^nni les Latins étoient les Eques, lesVoIsques, les Sabins, les Albains, les Rutules, les Aruaaens^ les Henuques. Parmi les Étrusques, les Volsiniens ou Bolsena^ Vétulonium (19), Cortone , Perusia ou Pérouse, Arétium ou Arez2x>, Clusfum ou Chiusi, les Véieiu, les Falisques, les Cérites, Vobtene, Feside aufourdliui Fiesole, RnseUe, Popidonium; ces pei^>les alors se gouvemoient par eux-mêmes.

« Les répid>lfques , dit Machiavel dans ie% obsenraiions sur Tite-Live (20)» ont usé de trois moyens pour s'agrandir* Les imes, comme les an-

c XOi, D ic boroe kj dire ^a*oo doit rcgiiettcr de n'svofr pou fjkmi de Imnlem fur un peuple <{ai se difdogitft par la piété et f«0 camngc II nomme toote(ois , dam im Ati chapitre» suivans» le prince 4|o*ofi suppoie y «voir légué. Lh. il » c lU «r imt. Voir ««r«0ot le cfiapllfc LVU dn même livie;

(f<^) En Dommiat VetMhnium ou VetuLmia, ïi o'ett p» fno* tfle pem-étie de rappeler «p'oa eo a (ait Vualia,<fi\ condoit aiiéaieot k Italie. Ce leroft alon de cette vffle» dont l'hiitoire as iwiie a conservé peu de traces » que le pays entier auroit tiré «00 oomu ych le grand ounage du prince de Canloo, wr les vaieié«rvsi|iie»,pig. f|et 14.

(20) Ih. Il , c fv.

tl« 17

dens Étrusqueiy se sont formées de plusieurs repubKques unies entre elles sans aucune prééminence de pouvoir ou de dignité : fàisoient-eHes des con-^ quêtes, les yrlles conquises entroient dans la \ ligue et fouissoient des mêmes avantages que les

autres. Les Étrusques ont employé ce premier moyen, »

Premier gouvcr- Mais est-ce ainsi que leur réunion sociale

nemcnidcrÉtrurle. • , . ■• /y* ■

Elle pMM a. u ^voit commencé ! on peut 1 affirmer sous le raproxtut* à u lépu- p^j|.j jy nombre et de la division : le peut-on, dans

les premiers temps , pour l'exercice de 1 autorité ! L'Étrurie alors avoit-elle connu» ou pour le pays tout entier ou pour quelqu'un des peuples qui Thabitoienti l'autorité des rotst Plusieurs écrivains 9 Dempster par exemple ( 2 1 )) donnent la liste plus où moins vérrdique de tous tes princes (22K On nous a souvent parlé des rois d'AIbe , et les hfotoriens l'ont » fait comme les poètes (23); itiaf )$ l'époque qu'ils citent également est antérieure à ta fédération des habitans de TÉtrurie, à leur division en plusieurs états, à leur réunion sous

(si) Chap, in êi suiv. Voir auâii ^W/J^ univ, angi t. XIV, pag. 308, et t. Vtll, pag. 17.

(12) Voir la note B aux Êclairoissemetu.

(23) ^c/VTite-Live, l , S 31 et les notes sur ce paragraphe; les SS 4 et ; aussi. Denys d*Halicam. l » SS 58 r/ suiv.

LÉGISL. DES àTRUSQUEa. CH. l.**" I59

un $eul gouvernement. Suivant Strabon (a 4)» le peuple que les Romains appeloient étrusque et les Grecs tyrrhénien (25), dévoie sa principale origine à une colonie amenée par Tynhénus , fib d'Atys, Étant venu s'établir dans la contrée qui reçut de lui fon nom {z6)j Tyrrhénus fonda plusieurs villes auxquelles il donna Tarcon (27) pour surveillant supérieur. Après sa mort , le délégué qu'il avoit choisi devint roi lui-même de tout le pays (28), et établit sa résidence à Cortone (29). Eustathe lui attribue même les lois si sages dont les Romains vinrent dans la suite apprendre chez les Étrusques la théorie et la pratique (30).

(a4) Liv. v, pag. a 1 9. Denyf d*Halic» iv, S >7* FroQtin , Sirat, 11, c. IV.

(»|) Voir à ce fu)et, fur Ici Tyrrhénicnf en général, et sur leur origine en particulier, Strabon , /^/</. y Diod.v, S 40; VI, S I ; Denys d'Haiic, i , SS t6 o tuh. / Pline , m , S ) ; M/m. de l'Acad, d$ Cortone , t. I.<S pag* 1 tt suw, / Huet , Hkt. du comm, c. XVI, pag. 8^.

{26) Hérod. I , S 94*

(37) On doit voir, sur le nom de ce prince , les savantes oi>servatlons de M. Letronne, Journal des Savnns, mars 1832,

pag. i<$8.

(a8) Scrvius, sur VÈnéide, viu, v. jo6 et J07; x,v. 1^9, 189 tî suh» , et 738 , et Dempstcr , il , c. xxxii.

(19) Sliius Itaiicus, viti, v. 47a , 473 et 483. Enéide, Vlll, v. |8^, et les notes d'Heyne; Enéide, x, v. 1 J3, %()o, if)r), ovec les notes encore de Hcyne , t. VII , pag. 7a, 9 1 , 1 50, 1 8^, 1 88.

(30) SurDenjfs le Périégète , v. 347.

l6o HISTOIRE DE LA LÉGISLATION*

D« ton ofiinift- Quoi qu'iI 611 soit ^ l'EtHirie passa de la royauté ti«n poiuïqu» tous ^ jj république ; douze cités , liguées entre elles ,

le régime républi- ri' » & '

»in. gouvernèrent ensemble (31). Quelques écrivains

en indiquent un plus grand nombre; mais ii n'y en avoit que douze qui fissent partie de la confédération politique. Dempster joint à celles que nous avons nommées (32) Luna, Pise, Popu* lonium, d'après une autre opinion. Sa liste se compose ainsi de ces trois villes, et de Volaterre, Fesule ou Fiesole, Ruselie , Arétium , Ciusium 9 Pérouse , Agylla ( qui est la même que Gère ) , Tarquinie , Corythe ( } }) . Tite - Live n'en nomme que huit, en parlant des secours offerts au consul romain par les peuples d'Étrune, Gère, Tarquinie, Populonium, Volaterre, Pérouse, Arétium, Clusium, Ruselle (34) ; niais il avoit parlé de douze dans un autre livre de son ouvrage (35). Valère Maxime ( 3 6 ) en indique dix. On en trouve quinze dans une inscription conser-

(31) Virgile Jet appelle, à came de ce nombre même , /'»genus populos. Enéide, vill , v. 475, Voir, sur ces douze citéi , Lanzi, t II, pag. 53 «/ suiy,, et Sigonius, iiv. i, chap. ix.

(31) Liv. IV, c. vin, Ii y a dans son ouvrage un chapitre sur chacune des villes qu'il cite.

(33) Cétoh le nom du fondateur de Cortone*

(34) Liv. xxviii , S 4|.

{3j) Liv. IV, S a3' (3^ Liv. i,c. i,$ I.

LÉGISL. DES ÉTRUSQUES. CH. I/' z6t

\ée par Gruter (37). Le nombre de douze est le plus certiîn : Luna , par exemple , Fesule , Vêtulonhun, tout importantes qu'elles étoîent, n'avoient pas ce caractère de suprématie ou de capitale dans les états dont elles fàisoient partie (38).

CTest dans le lieu appelé Fanum Voltumnx ( 3 9) iwi>«i«i «t 4««. que les douze cités se réunissoient pour délibérer coaMna. *^^ sur les intérêts communs ; les licteurs de chacune d'elles envifonnoient celui qui présidoit y comme 3s mardioiem tous, en cas de guerre, autour de celui qu'elles avoi^it choisi pour comman*der Parmée (4o). La demande de deux de ces ▼ifles suffisoit pour les convoquer toutes (4i)- Aucune ne pouvoit faire la guerre ou b paissons le consentement des onase autres. Les assemblées qui se fbrmoient pour une délibération commune , quand de grands intérêts Texigeoient , se compo-

(p) Etrttria ^Mimdedm ffopuîL Pag. 38^, note 1.

(3 S) Vcir, sur ces ttcis nilcs, Scrtb. v, pig. 22s ettmh,; Pliiic» xxxvi , SS 7 <t &; Ciu%Kr, Ansiq. Iludu, t. U, c 1 et 11 ; Gori , ub. XVI , pag. 1 ^ ^ '''^- ^^*' *^^ l'ite-Lirc, iv, $ 2 ; ; V. S ■ > ; ^ Denys «THalicaniasse , vi, S 7^ «' ix » S 18. Il ne reste plus que <les ruines de Ccre ou i^iU, <k 1 anjuinie et dcVâes.

{ ; 9) Où 1*00 croit être aujourd'hui V herbe.

(4©j lltc Live, IV. S 2). Denys dlialicam. II, S ^i- Fcsius

{41) 1 hc-Li%e, ihU,^ et liv. v, S « t.

soient princrpalement des habitans du premier ordre , des premiers citoyens de {'état (4.2)» et non pas seulement des premiers magistrats , des Lucumons f comme Sainte* Croix l'a pensé (43) : le caractère de l'institution et tous les faits connus détruisent son assertion. Les principaux citoyens étoiént même les seuls qui les formassent, dans l'opinion de Niébuhr (44 ) » opposée à celle de MuIIer, qui les caractérise assemblées nationales. On trouve quelquefois chez les auteurs latins, et dans les premiers siècles de Kome , des réunions plus ou moins générales, mais la religion en est l'objet; c'est dans le temple d'une divinité , chère aux Étrusques et universellement honorée par eux qu'ils se réunissoient (45)* Toujours, chez ce peuple, un lien religieux vint resserrer le lien politique (46 )•

Une réunion générale a voit lieu , au printemps de chaque année. L'élection des premiers magistrats , les déclarations de guerre ou l'adoption de la paix et sa confirmation, tous les autres grands

(4x) Principum consilia, dît Tite-Live, x, S i6.

(43) Gouvememens fédératifs, c. viii, pag. %^j.

(44) Hist, romaine, 1. 1.*', pag. 173 de la traductiotu

(40 TIte-Livc, iv, S$ 13 et a;. Voir aussi le S 61, et ie S f du livre vi.

(46) Voir ci-après encore , chap. m , pog. 179 itiuiv.

iméfléis naiioluux éloieDi le» objets les plus ord hijifc» ec les plus importayns de ces féunioos ^47; ; b fbfce de dbacua derenoit la force de tous.

CTéiott b anssi qu'on nonuuoit le pooiife suprâoie de la cociledéfatîoa (4S). Le litie de Lacumoo est celui que les premiers magistrats rcçureut cl conaerwfent. Deux ordres dedioyeus lôrmoient b société dvile CMPcfinaire, des patridens et des pléiicicns» institution qui iiu adoptée par un peuple à jamais célèbre*

Un assez grand nombre de villes Ibrmoient retendue ou farrondissement des douze grandes cités iéç'* L^ habitans en étoient divisés en trifat»; €impe tribu avoit qutre curies i%o}. Cette divisioii en tribus et en curies se retrouve encore diezles Romains.

On répanissoit même ainsi les étraiificfs qui venoietii se fixer en Eirurie duis Tespérance é'y «« wnpn» ^u trouver des avantages naturels et des moyens de uavaB que ne leur oftoit pas leur patrie. Je m^unîs à Topinion de Niébuhr $ 1 1 ^ qui pense

^1^;' Appelées f|3iic4i|oc:fo« ïvuzwnooa ^ à canue ém tme nBenr mr Brmr ciWf profintèL.

'\^ »l Hat- nrrmaim, p«|| 2^7 eu t. L<^ ^ b in(èa.^.fiifi>in.

a64 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

qu'après. les familles aristocratiques, seules éligibles à toutes les magistratures , il y avoit une seconde classé da citoyens , répartis dans d'autres tribus, élisant avec les anciennes y mais n'étant point susceptibles d^éligibilité ; dans la ville, ajoute-t-il, beaucoup d'isotéles et d'isopojites, enfin à la cam* pagne des serfs; les isotéles, c'est-à-dire ceuxqur ne payoient que les mêmes impôts , les isopolite» ceux à qui on laissoit l'exercice des mêmes droits civils.

TentKivefdedo. Au miIieu de cette égalité de pouvoir, d'in- TT.l'r^t fluence, de concours égal à tous les intérêts de citoyen iur il pro- l'état , on voit pourtant queiques ambitieux se

soulever contre une influence si nécessaire et si juste, contre cette dépendance partielle de chacune des douze cités pour mieux assurer l'indépendance et le pouvoir de la fédération. Ainsi l'histoire nous montre une de celles qui en fiiisoîent partie, Tarquinie, vouloir les dominer toutes : les Voisiniens et les habitans de Clusium , s'étant unis contre elle, détruisirent bientôt sa suprématie (52).

Une autre des douze cités , Véies , voulut renoncer à la république, et se donner un roi; mais à l'instant les onze autres déclarèrent

(y 1) yoir le I V« livre de Dempster, au chapitre sur Tarquinie.

LÉGISL. DES ÉTRUSQUES. CH. 1.*' z6j

qu'elles n*auroient aucune communication avec les Véiens, qu'elles ne leur accorderoient aucun secours jusqu'à ce qu'ils eussent abandonné la royauté. Elles crurent indigne d'une nation libre , dit Machiavel ($3)9 de défendre les foyers (fun peuple qui venoit de les livrer à un maître. L'esprit de la monarchie , dit avec raison Montesquieu (54)» ne peut subsister que d'une manière forcée dans une république fédérative ; il donne pour exemple ces Véiens mêmes que les cités d'Étrurie abandonnèrent quand ils eurent un roi. Suivant Tite-Iive pourtant c'étoit moins encore la royauté qui avoit inspiré aux autres Étrusques cette indignation que le choix du prince , que la haine générale pour l'homme à qui on avoit délégué une si haute puissance (55). Il venoit de dire aussi que les Véiens avoient eu surtout pour motif d'éviter les intrigues et les discussions perpétuelles que chaque année amenoit par les luttes des ambitions et les discordes excitées. Du reste, des fédérations semblables existoient alors entre des états voisins dont les uns vivoient en république et dont les autres avoient des rois , les Sabins par exemple.

(^3) RéfexioHt sur Tite-Lhe . Il , c. il. L« voir aussi , chap. !V du même livre.

(54) Esprit des lois, \\ , r. II.

(55) Titc-Livc, V, S I.

266 HISTOIRE Dt. LA LEGISLATION.

Sainte-Croix, dan» son ouvrage sur les gouveniemens fédératifs ( ;6), rappelant ce trait de l'histoire des Étrusques, fait conjecturer à Montesquieu (57), de cet événement même , la décadence ou la chute de la ligue qui les unissoit. II ne me semble pas que les paroles de Fauteur de TEsprit des lois puissent justifier cette opinion; il est même assez remarquable que tous les droits de fédération furent conservés aux Étrusques par Tarquin » qui venoit de les vaincre et de les soumettre; Tarquin les leur conserva sans mettre de garnison dans aucune de leurs villes , et sans leur Êiire payer aucun tribut (58).

La royauté finit cependant par repairaître en Etrurre; on ia retrouve dans les pactes et les guerres avec les Romains, des premiers siècles.

■^•^•••^^^^F^ii»^

(56) Chap. viiJ , pag. 2;4.

(J7) Esprit des lois, IX , c. II.

(;8) Denys cI*Halicarn. lu, S ^o.

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