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le firent à l'occasion même de ia guerre. Le don de la dfme du butin étoit ancien parmi eux ; ik le iâîsoient remonter aux siècles qui avoient précédé la fondation de Rome (p). Plutarque du moins ( i o) parie d'une dlme payée très-ancieiuie* ment par les Romains aux Étrusques : cette asser* tion aiiroit eu besoin de quelques développemens que l'auteur ne donne pas. En général^ c'était par des chants , des offrandes , une partie du budn , qu'ils remercioient les dieux d'une victoire obtenue. Si leurs armées n'eurent pas le caractère de permanence que les armées des peuples modernes ont toujours f on les voit sans cesse prêts à combattre. Dès que la délibération étoit prise , dès que le signal étoit donné , les citoyens répondoient unanimement à la voix de la patrie ; et la religion intervenoit encore pour offrir , par un serment pro* nonce f un gage de plus de dévouement et de fidélité (11). Quelques discussions ^ nées entre les difierens peuples dont se composoit l'Étrurie »
(9) Dmys d'Halte. 1 , S 40 ; IV,S 50.
( f o) Qtust. rom,, S 1 8, pag. 1^7. On peut y/oir Dempiter» Uv« il, cap. V, pag. 143 des Antiquité romaina, et les Mém. de l'AauL t. XVIII , pag. 1 04 de V Histoire. Sur le butlo en général , voir les SS 19 et suip, du V.< IWte dellle-Uve.
( M ) Voir Micali ,\\,c. xx v, pag. m 6 et $uiu. Sur leur diidpiinc guerrière , voir Denys d'Halîc. 11 , $$ t6et suiv.
des rivalités mutuelles, donnèrent quelquefois contre eux , k des ennemis , une force plus active et plus sûre : leur union les vengeoit bientôt en leur rendant la victoire. C*est aux armes qu'ils avoient dû l'agrandissement et la suprématie qu'ils obtinrent pendant plusieurs sièdes. Machiavel a remarqué (12) qu'ils leur durent la soumission de tout le pays depuis le Tibre jusqu'aux Alpes. Les Étrusques , disoit encore , dans le premier siècle de Rome, Mettius Suffetius, dictateur des AIbains, sont tout-puissans sur terre et plus encore sur mer (13).
Le roi d'Étrurie Cette dîme du butin , dont nous venons de iks Homaini qu'il parler y elle étoit pour te rot, maiscétoit a la re- .rnoitdecomb.t,re. jj^j^j^ surtout qu'il Tappliquoit, C'est à bâtir un
temple que I(^ second des Tarquins, vainqueur des Sabins, la consacra (i4)* Un sentiment bien différent l'avoit animé dans une autre guerre (15). Porsenna en combattant les Romains mérita au contraire d'obtenir la reconnoissance des vaincus :
(i a) Réflex, sur Tite-Livf, liv. Il , c. iv. Voir et qucTîtc-Live en avoit dit, 1 , S 2.
(13) Titc-Lîvc, liv. I, S 2J.
(14) Denys d'Halic. IV, S ;o.
(17) Contre les Fidénates. Les fers, des supplices ignominieux, la confiscation des biens, la mort même, les punirent de leur résistance. Denys d'Halle, lit, $ 38.
LiGISL. DES ÉTRUSQUES. CH. V. 3I3
son impartialité , sa justice , sa hyewr même envers
ceux qu'avoit abandonnés la victoire, furent telles
que le sénat lui envoya un trône d*ivoire , un
sceptre et une couronne d'or, avec une de ces robes
triomphales dont se servirent leurs rois (\6); ils
lui firent même ériger une statue (17),
Plusieurs combats, quelques alliances propo- ww«i«"i'» «utres
^ ^ ' trajiéi. Dîvertc» ai-
sées, acceptées et presque toujours violées , mar- uane«t.
quent le siècle qui suivit le traité aveà Porsennav LTtrurie , qui avoit exercé si long-temps sur les Romains une grande influence sous difFérens rapports et remporté sur eux plus d'une victoire, n'eut plus ensuite qu'à leur obéir. Avant qu'elle devînt sujette, des alliances s'étoient for* mées quelquefois entre les deux peuples contre des ennemis qu'ils avoient également le désir et l'intention de combattre (18).
Les historiens parlent aussi de traités faits
(16) Dcnys d*Halic. v, S 3;. ïi vcnoit de remarquer, S J4» qu'au lieu de brûler sa tente comme le faisoient ordinairement les Étrusques , Porscnna avoit donné k lu république tout ce qui y étoit.
(17) yoir\e S to de la VU de Puèlicoia par Plutarque.
(18) Dcnys d'Halicarn. vi , $ 95. Tite-Live, I, S 3». On peut voir sur diverses alliances et leurs conditions , Polybe . U, c. 111; Aristote, 111 » c. ix ; Strab. xiv» pag. 160; AUm. de VAindémie, t. XXV, paf(. 18; Micali, t. III , pag. 8; «r suiv.
3l4 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.
entre les cités d'Étnirie et les Carthaginois (19).
Quelques-uns de ses babitans, ceux d'AgylIa ou Gère (20) en particulier, reçurent des prérogatives qui n'avoient pas cependant le caractère qu'elles auroient dû avoir. Les Gaulois en ayant traversé le pays après avoir pris Rome , les Agylléens les combattirent, les vainquirent , leur enlevèrent la rançon qu ils avoient reçue. Strabon ■«joute que tous les Romains qui se réfugièrent chez ces Étruriens y trouvèrent un asile sûr; ils leur durent même d'avoir sauvé les vestales et le feu sacré (21).
Des traités plus anciens, plus ancien* de plusieurs siècles, se retrouvent dans l'histoire d'£r trurie : Denys d'Halicarnasse et Tite-Live nous les font connoître. Les contractans dont ils parlent sont Enée et le roi Latinus , Ascagne et Mézence. Enée arrivoit suivi des Troyens; Latinus marche pour les combattre ; des dieux apparus en songe
(19) ^oir Micali, t. III, pag. 30, 37, 1 18 ,et Niélmbr,t 1, pag. 183.
' ^^) Agy^l^ avoitété son premier nom. yoir ci-dessiu, p. i6o.
(2 1) Strab. V, pag, zao. Mais voir Tite-Uve ,yn,Sio', FI0nis , I , S 1 3 ; Val. Maxime , 1 • c. i , S 1 o ; les obiervatiom àe Fréret , Afém. Je l'Acad. t. XVIII , pag. 1 1 1 et 1 1 2 de Wh toire i Maffei » Ragionamenti degli Itali prhnitm, $ 4 , fin de son Mistoire diplomatique , pag. 1 24.
LÉGISL. DES ÉTRUSQUES. CH. V. JIJ
invitent Tun et l'autre à s'unir au contraire par une alliance; l'alliance est conclue. Les deux peuples se donnent réciproquement leurs enfans pour otages, et ils marchent ensemble contre un ennemi commun, les Rutules (22). Le principal article du traité fait entre Ascagne et Mézence fut que le Tibre servirait de frontière à l'Étrurie et au pays latin.
Plusieurs traités furent conclus entre l'Étrurie et Rome, quand cette ville eut des rois (2}).
Ce ne fut pas le moins solennel , ce fut plus o<vcr> iniiét«ii. quun traité, que {emprunt, niit par Komulus et ^^ers roi* de ro par son successeur, des institutions civiles et reli- ""• ^«*^'« ***
* , ptreiU acie« étol«nt
gieuses des Etrusques (24). Romulus n'avoit pas conMrvci:dctiré. encore nni de régner quand il fut menacé par les Véîens, protecteurs des Fidénates, dont ils ne purent empêcher la défaite, et les Véiens euxmêmes se virent obligés de baisser leurs armes de* vant un ennemi vainqueur. Les clauses principales furent la cession aux Romains d'une portion de territoire voisine du 7 ibre et connue sous le nom
(ai) Denys d*Halicarnassc , 1 , SS 27 tnuh,
(s)) THe-Live, llv. 1, s )•
(14) Maffei» Sao loco; Pline, xiv, $ la; xvill , S a9« ^^* Étrusques avoicntaidé le» Romains, comme troupes auxiliaires * dam une guerre de Romulu» contre les Sabtns. Denys d*Halic. Il > S 3"* Plut. Vit de R^mniki, $S 37 r/ suiv.
3l6 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.
des sept bourgs , la cession des salines qui étoient à l'embouchure du fleuve , et l'envoi de cinquante otages pris parmi leurs principaux citoyens. La trêve devoit durer cent années.
Les articles du traité furent gravés sur des colonnes , suivant Tusage admis dans ces temps reculés. Romulus ensuite relâcha sans rançon tous Ie.s prisonniers qui voulurent retourner chez eux, en accordant le droit de bourgeoisie à ceux qui voudroieni rester à Rome, en les incorporant dans les curies et leur donnant des terres à tirer au sort en deçà du Tibre (25).
La religion , si puissante en Etrurie , éloit invoquée pour rendre plus sacrée encore l'exécution des traités : on les scelloit par l'offrande d'une victime aux dieux; un porc étoit cette victime. On concevra aisément une telle préférence, en se rappelant ce que nous connoissons du culte de Cérès et des sacrifices qu'on lui offroit (26).
La trêve finissoit à peine qu'une nouvelle guerre éclata contre les mêmes habitans de l'Étrurie. Ils furent encore vaincus. Une trêve fut conclue et presque aussitôt violée par ceux qu'avoit partout abandonnés la victoire. Ils osèrent, après un siècle
(i|) Dcnys d*Haiic. il, S iJ.Piut. Vie de Romulus» SS ^yetiuiv, (1^)) f^<r'/> ci-dessus , pag. 272, et ci-aprcs, pag. 323.