F.ÂCISL. DES ÉTRUSQUES. CH. VIII
pour le prouver, que rÉtrurie avoh douae chés el la JudKe dbuze tribus (12). La preuve est feible« On en a donné une autre qui n*est pas {dus forte : c'est que, chez les deux peuples, les fonctions religieuses appartenoient à une seule caste (i 3) ; mais , en supposant qu*on pût tirer d'iule telle similitude une conséquence certaine, es(-3 bien vrai que la similitude ait existé comme on le dBt et avec le même caractère î Ne la retn>uve>t*-on pas chez beaucoup d'autres peuples , chez des peuples bien moins éloignés du pays que possécfoient les premiers Étrusques» D'autres»au reste, les font venir d'Egypte (i4) même* Les preuves qu'ils dierchent à en donner ne sont pas décisives; dies font coimoitre du moins entre les deux nations des ressemblances qu'on voudioit ne pas retrouver, à cause même de leurs effets, dans des peuples qui, Pun et Tautre, ont mérité par d'utiles travaux les éloges de la postérité. La <Gvination , par exemple , fes augures, les aiuspices, tout ce qui appartient à ce
(11) Focuell CBOore, pag. 144,
(15) Voir VHist. MM», wigi. t. XIV» pag. 140; et ct-<lettits^ chap. I f pag. 155 tt mm»
(14) BuoBirotti, pag. 105 et mw. Gort, t. Il , pag. a H mr. Il leur iah aussi adopter plusieurs arts des Égyptiens.
genre de croyance , se retrouvent en Egypte (15). '^ Les doctrines religieuses , les divinités adorées , les
objets et les formes du culte , étoient cependant bien peu semblables. La lecture de ce que j'ai écrit autrefois sur le gouvernement et les lois des Egyptiens ne permet guère , je crois ^ d'en douter. Leur religion même eut toujours un autre caractère ; {'influence qu'elle donna sur les peuples voisins fut le véritable moyen de conquérir. Les Romains eux-mêmes fléchirent sous les prestiges de la divination et la confiance qu'elle leur inspira ; c'est le cie{ qui parloit ; les Étrusques en étoient les principaux ministres; II y a, du reste , dans' la religion des différens peuples des ressemblances inévitables , et d'autres nations les offrirent pareillement {16).
Des intututioiu Une ancienne toi avoxt dit, N'arrosez pas de Lml^i^du^ta^ vin fe bûcher (17); elfe ne fut pas adoptée par Étnuquet. Numa 5 il en défendit au contraire l'exécutioa (18).
Pline rapporte à ce sujet, d'après Varron, qu'un
(15) F. ie t. II de cette Histoire , pag. 452^/ suit/,, et page J78,
(16) Voir VHist. univ. angl. t.* XIV, pag. 241, et ce quelle dit aussi, pag. 251 , de ce que les Grecs purent leur devoir. Voir aussi le t. II du Musée de Gori , les Orig, étrusq* de Maffei, et le t. II de Lanzi.
(17) Yino rogum ne asperguo,
(18) Plutarque, Vie de Numa, SS -24 ^/ suiv.
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de$ rois «fÊtrurie , Mézence » donna des secours aux RutiUes contre les Latins , à condition qu*ils lui abandonneroient la capture du vin qui se trou* veroit dans le canton de ces demfers ( 1 9)*
U est rare qu\uri peuple ait reçu d'un autre peuple autant de lumières et d'institutions que tes Romains en reçurent des Étrusques (ao)« L*argueil , At César, dans un des ouwages de Salluste (ai), nVmpécha jamais nos ancêtres <fi* miter les institutions étrangères quand ils les approuvoient, C*est surtout aux cérémonies et aux croyances religieuses que ces paroles doivent être af^diquées. Tout ce qui conceinoit les actions et les devoirs du sacerdoce, ses moyens, son influence, fut connu des Romains et adopté par eux (aa) : on se servoit même des mots S€i€f9cf éirms^ pour fexprimer (23), Tite-Uve, parlant d'une cérémonie expiatoire , dit qu'elle avoit été confiée par les tribuns à des aruspices toscans (a4)* Les Romains prirent même aux Étrusques quel-
(19) PUn«,xiv,s it.
(to) I Wr cl'de»u«, nos ch*phre$ Il cl IIK
(11) SâlIustc. CiuLSî ;i ti^u
(la) Dempsttr« m» v% vu IWr Aimi CIc^d, DhiâM. 1,
(a)) An ttnxC4» diu^^ii»* rmiM«t.
quesinsdiutions qui appartenoient à la guerre (25); ils las imitèrent pareiUement dans le genre ou la nature des récompenses données aux généraut victorieux (a^).
. Mais les bienfaits de la législation ne furent pas oubliés^ ainsi que les obligations qu'elle impose. Romulus dut à TÉtrurie la plupart des lois qu'il donna, et c'est par leur moyen que Numa fonda, pour ainsi dire > le culte qui fayorisa si puissionment la civilisation (27)» Le premier reçut même da ces lois tous le$ omemena et les attributs calérieurs de la royauté, les haches, les faisceaux, les licteurs (28) i comme il en reçut tout ce qui peut concourir à la fondation d'une ville 4 à sa constrtfctbn , à ses moyens de défense, à ses limites, et ï honorer le dieu Terme ^ dont les Romains n'abandoilnèrent jamais le culte et qui devint comme
(25) Voir ci-deisus, pag. 3 1 7 er suip,
(ié) En voir des exemples dans Athénée, Ut. V, S 8 ; tfv. VI , S ai ; Pline , xxxiii, S 1 ; THe-Live, m , S 1 ; Dempster,iu» c. LXIU i Gori . Mus. étru$q, t H , pag. 391 ; Ronsfn , p. 1039, et dans le trokième chapitre de Tertaiiien.
(%j) Voir TItc-Live , i . SS 7 '' tuw, ; Vil , $ ) , et ci-dessus !c$ passages indftjués de Denys d'Halicarnasse, de Sailuste, de Florusi de TItc-Lfve.
(a8) Voir Strabon, V, pag. 219 et aaô; Tite^Lire, 1, S 8; Sllhis Italiens, viu, v. 483 «f ii/fV.; Diodore, V, c. XL, et ddesitts , chap. 1, p. 269 et sulv,, pour quelques autres imitations.
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une pftrtie de leurs lois (29). Les Étnisques dévoient laisser un espace vide autour des murailles quand ils bâtissoient une ville , et ils ne manquoient jamais de* consacrer par une inauguration solennelle une certaine étendue de terrain le iong de la muraille qu'ils se propoioient d'élever ()o)é Rome prit d'eu% encore cet usage et cette consécration. Notu ne pouvons , au teste r que nous en rapporter de nouveau àce qui a été dit sur les institutions religieuses ( 3 1 )• N'oublions cependant pas d'afouter ce que nous apprennent Cicéron et Festus ; c'est que les livres coilsacrés aux doctrines enseignées ou aux obligations établies par ces institutions étoient écrits en langue étruffjue (32).
Romuhu dut aussi à Pexemple que lui avoit donné l'Étrurie f la division du peuple dont il étoit le chef en tribus et en curies (33). La division en patriciens et en plébéiens s'y trouvoit plus an-
(19) FroDttn et Vsrron, ni agraria autorei et leget, pog. 1 17 et I jo. Voir auifi la première Verrine, S 4« ( jo) Pomaritm, Voir d-deisui , pag. %6^ et 170. () I ) Voir encore notre chap. ni , et Plutarque , Vie de Romu-
ius, S i^« (3aJ Ckéron , DiifinaL 1 1 S p* Feitui 1 au mot ritu^ieu ( ) }) Ttte-LWe , I , SS ' 3 et 4} . Denyï <i*Halfcamaife , il « S 7«
Dempitcr, H?. Vi» pag. 6}6 et euiv» Voir d-deflus, pag. t6y
et 164»
ciennement* Ce fîit des Étrusques encore que Rome reçut pour les premiers beaucoup de droits politiques dont les seconds ne dévoient pas jouir* Quand Romulus établit des tribus , il donna à Tune d'elles ie nom qui désignoit en Etrurie le premier magistrat dans la fèdération des douze cités (34)* Les livres rituels renfèrmoient ce qui concernoit les tribus, les curies, les centuries aussi; car c'est ainsi que les curies se divisoient à leur tour (35).
C'est aux Étrusques encore que les Romains durent les cérémonies du triomphe (36) ; c'est par eux que leur furent transmis la plupart des jeux» des spectacles, des fiâtes; les jeux publics surtout, queCicéron distingue par jeux du dtque (37) et par jeux de théitre (38). Les feux plus particu-
(34) Denys d*HaIictniaisc, ihtd. Tite-Lke, i» SS ^ ^ 13* dit luceres, ÎMCtres et lucumones, dh Festus, tertia pan ptigmli romani, sic appeUata à Lâicumûue TusamoH duce, qui atunUofuii Ramuio, aJpersus iemum hélium. Voir Strabon, V, p«g. 120.
(3 $) Feftiis, anx mots riiuala lihri. On peut voir Laozf « Saggiodi lingua etrusca e di aine anUche d'Italia, t. II, pag. 6% et sut»,
(3^ Strabon , V, pag. 110. Florus, l, S 6.
(37) Cpfporum certaiitmes, dit-H , )ïv. 11 des IJ>is, S 1 5» c^u et pugiladane, luaaiitmet curriculisque equorum usque ad cenam pîaoriam. Voir The-Live aussi, 1, $ 33, et Pline, xxxiv, S i8*
(38) Cauiu, uoce acfdibus etdhtu. Cicéron, ihid:ti\\ ajoute :
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lîèreinent connus sous le nom de sciniques pas«* sèrent aussi des Etrusques aux Romains (39). La I>este ravageoit Rome; vainement on multiplia les expiations religieuses ; Pon imagina enfin , pour apaiser la colère céleste , d'instituer ces jeux , invention bien nouvelle , dit avec raison Tite- Live (4o) , pour un peuple guerrier qui n'avoit connu jusqu'alors que les combats du cirque : c'étoient uniquement des bateleurs qu'on avoit fait Wenir d'Étrurie» et qui * dansoient au son d'une flûte » & la manière des Toscans (4i)* Une aussi singulière expiation ha parvint pas à Aire cesser les maut que les Romains èprouvoient. Dès les premiers siècles de leur existence » ils avoient dû aux Étrusques de plus grands bien&its ; des ou* vriers dans tous les genres , tous les moyens par conséquent de travail » d'industrie» de suffire &
ébtmmodo m modenua sint ut l^gt pmscrihituK Dempster, !!▼• V, pag, 75 tt suhf,
(}9) Voir Tite-Uve , vil, S a ; Rostn , Antif. rom. V» c. VI ; Gori , Afusée éttusquit t. II , pag. %y6 ; Dempster» liv. V, pag. jC tt subf*
(40) LW. VII y s 9« An )9 j de Rome. Voir sur ces }eux» GoH » Xs II , tabl 86 tt MiV. > et Roshi, v, c. VI.
(41) Tache, xiv, S 11 » dit que les Romains avoient aussi pris leurs histrions des Étriqués. Vùhr encore Val. Maxime, 11 , c. IV ; Horace , sat. a du liv!T, v. 80 tt i«/V., et liv. u des Épitres, «^p. I, V. iji a suh\