CHAPITRE VIIL
Ohservatbns ginirales sur la ligtslation des Étrusques, Ce que les Romains en reçurent sous le double rapport de la religion et des lois.
J 'a I essayé » dans le premier chapitre , de faire pramurc* lou connoître quel étoit en Italie, avant Texistence de ^^l^^^!^^^^^ Rome , Pétat de sa législation , autant qu*on peut «wM«iuict à^^^n <ic en recueillir et en rassembler les traces; quelles y Hcni. furent les institutions politiques, les lois morales et religieuses. Les lumières que j'ai pu retrouver sur une époque aussi ancienne sont si foibles et si peu nombreuses , que je me suis senti , plus d'une fois 9 découragé. Jamais je n'eus plus besoin de la bienveillance de mes lecteurs* * Aristote et Théophraste avoient recueilli et conservé les lois des Étrusques (i)« Leurs ouvrages
(i) Athén^, 1 1 S iÇf rappelle Touvrage d'Arbtote. Celui de Théophraste est rite par le schoUaste de Pindare, Pyihiques, ode 11 » pag, 78. On peut voir auui Cfcéron , DefinHut, v, S 4 » Aulu-Gelle, XVI , c. x » et le rhap. xxi de Mirai! » t. II , pag. %y
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sont perdus (2). Ce n'est pas le moindre regret que puissent éprouver les fidèles amis de la science de la législation et de l'histoire. Que de lumières ne nous auroit pas données , sur ce peuple en particulier, sur ses institutions et celles des nations qui ont eu avec lui des relations morales et politiques 9 les observations de ces deux philosophes y celles d' Àristote principalement ! La république de Platon n^est pas sans quelques relations assez fréquentes avec le gouvernement qu'eut TÉtrurie (3). I[ paroît même certain qu'on eut l'histoire écrite de ce peuple pour les huit premiers siècles de son existence. Varron le disoit, et Censorin le répète d'après lui (4)' Suétone 9 dans la vie de l'empereur Claude ( j^) , dit que ce prince composa en grec une histoire d'Étrurie en vingt livres, et qu'on la
(2} Ils faisoient partie d'un travail plus étendu. Aristote avoic rassemblé en un seul corps d'ouvrage les lois de cent cinquantehuit pays y les lois à.t& peuples étrangers que l'on appeioit alors Barbares. L'ouvrage lui survécut plusieurs siècles. Varron le cit«y De.linguS îatînâ, liv. VI, pag. 76. Aristote le rappeloit luimême, Nicomaq. x, c. x, et Diogène-Laërce , dans la vie de ce philosophe. Théophraste , son disciple , marcha sur les traces de ce grand maître. Voir aussi Diogène Laërce, liv. v, S% 8 tt suip,, et Clément d'Alexandrie , Stromat, liv. l f pag. 308.
(3) Casaubon le dit du moins, sur Athénée, t. il , pag. 23 t.
(4) Dt die Nataii, chif. V.
LiCISt. DES iTKUSQUC& CH. VIII* }i4%
diaque année» dam le musée qufû avoit fi»déà Alexandrie» et auquel on tiroh donné son
Le nom dTItalie n'^éum même pas encoie con-^ an (6). Les dîtfèienies régions donteUe se corn* posoii aToient des noms ^>éciaiut que llustoiie a conservés. Séparées quelqueitbb» efles lurent sourent unies» la plupart d'entre elles au moins. Émurie est le mot dont flustoife et la postérité ont &it le plus <f usage pour exprimer cette vaste contrée» célèbre à tant de titres» que ^tinguent également» dans des siècles oii Ton ne trouToit partout que ténèbres et barbarie» sa force» sa sagesse » son culte » ses institutions » une prééminence 5t juste et si absolue.
La Grèce» TAsie Mineure» dTautres contrées ^<^**w**» encore» ont été présentées par divers écrivains ,«v»M«r« ftniÉr-comme étant le pap dont les premiers Étrusques '^ '^**^'^ firent ime colonie. La plupart de ces écrivains les supposent venus de Lydie (7). Leur opinion
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^4fi HlSTOlftC DE LA LÉGISLATION.
même a été souvent reproduite ( S ). Fréret l'a combattue avec autant de force que de succès dans un de ses mémoires; aucune ressemblance d'ailleurs dans la langue des deux peuples, dans leurs lois, leurs moeurs, leur religion (9). £ïoi' gnés de lamer comme l'étoicnt les Lydiens , commeat aurorent-ils pu s'adonner au commerce :
éloignés da la mer comme ils Tétoient , n'ajwit par conséquent aucun port , auroient-ils pu s'adonner à la navigation ! Ils ne la cotmurait famais, lisoiu^nous-daiis un autre ouvrage principalement consacré au commerce, et au commerce maritime surtout (10).
D'autres écrivaiiu n'ont pas pensé qu'il suffît de leur donner les Lydiens pour ancêtres; ils leur ont donné les Hébreux (11). Je ne sais qui dit,
(8) Vûlr ce qu'ep diient Fréret , M/m. lU l'Aaui. t. XVIII , pag. 94<IerHlito{re;et encore Mtiki , fJhiaire rem. pag. 119; C^vitr, Hiit, lia prmien umpt JekCriet. t. Il, ftg. *i4 a lulv.i Heyne, lur l'ÉtWuU. viii, v. 479,» ïEk, m lar ce ih«.
(9) Mém. de VAcad. X. XVIII , pag. 97 de l'Hbtotre. Urcher a ciMjré de répondre à qudijuei-iuiei dei objecdou de Fréret, noiM tur Hérodote, 1. 1, pig, ]jo; mai* id m logique ordinaire CabandoDae, et ion ilyle actguiert une âpreté qu'on uvant auut difthigué que Fréret ne méritoit pai.
( I o) D'Arcq , ch^ilre fur Ici Lydleni , 1. 1 , pa^ an.
(t 1) pMld) ett dece nombre, £7^ £/rvr. orlg. p. i)4 tt tuùi.