Histoire de la législation italienne
Si l'on considère la situation dans laquelle se trouvaient la plupart des Italiens au commencement du xiii^ siècle, il semblera qu'ils ne devaient manquer ni de prospérité ni de puissance. Cependant cela n'était qu'apparence , et la gloire acquise dans les longues guerres contre Frédéric I^', et l'indépendance qui s'en était suivie, devaient se perdre dans une suite interminable de discordes civiles. Les Italiens ne surent pas asseoir une forme stable de gouvernement et ce fut leur malheur,
L'énergie républicaine avait fait des prodiges; ces villes fortifiées, consacrées par des flots de sang répandu
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pour l(!iir (N'îlcnsc , vi'nUtvnvd'u'Ad tous les clcmonls (les v(;rtus civiles ot j;iieriièrcs. Un pontife aux sontiiiKMils nobles et à l'esprit él<;vé, Innocent III, était assis sur le sié}^e de saint Pierre. Un roi liahile, liardi et très-lettré pour son époque, Fiédéric 11, gouvernait les Deux-Siciles, et joignait à celle couronne le diadème impérial. Tous ces éléments de force auraient [)U ou s'entendre sagement et former trois puissances alliées, formidables; ou bien profitant des circonstances favorables, l'une d'elles aurait pu se mettre à la tète des autres. Cependant rien de cela n'eut lieu, et tout avenir de gloire pour l'Italie s'engloutit dans les vicissitudes d'une fortune inconstante.
Il s'était à peine écoulé un demi-siècle depuis la paix de Constance, et déjà au sein des républiques italiennes la liberté était en péril. Et le danger venait de la part des citoyens eux-mêmes qui, loin de penser à raffermir les institutions intérieures, à créer des relations amicales avec les autres cités, et former ainsi une puissante confédération, capable de tenir tête aux ennemis du dehors, ne cherchaient qu'à attaquer leurs voisins et à se déchirer le sein dans des dissensions intestines. Les farouches seigneurs des châteaux parvinrent à se mettre à la tête des peuples qui, tout en conservant une apparence de liberté, se laissèrent asservir. L'audace était récompensée, et tout prolétaire qui se mettait à la tête d'un parti, était sûr de trouver des adhérents et un ample bulin. Ainsi se forma le terrible triumvirat de tyrannie d'Eccelin I^f", seigneur de Romano, de Buoso de Doara et d'Hubert Pelavicino, lesquels ne tardèrent pas à devenir maîtres de fait, sinon