‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 2 sur 284 · CHAPITRE I. — CONSIDÉRATIONS SUR LETAT DE L'ITALTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — CONSIDÉRATIONS SUR LETAT DE L'ITALTE

(le droit, des plus belles pi'ovinces de la Lombardie.

Moins cruelles, mais plus désastreuses pour la liberté, furent assurément ces familles qui s'élevèrent à l'aide de la faveur populaire et s'attribuèrent une autorité héréditaire au sein des communes libres. Ainsi commença la domination des Torriani à Milan. A Pagano délia Torre, élu protecteur de la cité, succéda son fils Martin que le peuple nomma chef du conseil secret *, c'est-à-dire une espèce de tribun chargé de défendre les droits du peuple contre les nobles, et de surveiller l'administration des deniers publics. Martin gouverna l'Etat en magistrat sage et prudent, et obtint de grandes sympathies pour avoir vaincu Eccelin et délivré de sa monstrueuse tyrannie toute cette contrée qui, de Padoue et de Trente, s'étend jusqu'à Brescia. Avant de mourir, Martin obtint du peuple que l'autorité dont il était investi lui-même , fut conservée à son frère Philippe avec le titre de podestat. Après Philippe, cette même autorité fut conférée à Napo délia Torre, fils de Pagano.

Napo était bien digne de succéder à Martin, et il se vit entouré d'une telle confiance qu'il devint l'arbitre de toute la Lombardie. Cette confiance se manifesta surtout lorsque, le 4 mai 1267, les marquis de Montferrat et d'Esté, Pelavicino et les communes de Verceil, de Novare, de Côme, de Bergame, de Lodi, de Brescia, de Mantoue, de Vicence, de Padoue, de Parme et de Ferrare, avec leurs adhérents et amis, conférèrent à Napo, gouverneur du peuple de Milan, et à François,

^ Anziano, délia credcnza.

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îuitro mciiiliin (le la fariiilU; (U's Torriani, appela lo prince Jn pfiiplo, pleins pouvoirs (h; réformer ce (pie Fdfi a[)pelail la sainle lif^iie lombarde. Mais ce fut là le dernier éclal jeté par la puissance des Torriani. Ils accoutumèrent le peuple à concentrer entre les mains d'un seul toute l'autorité du {[gouvernement, et ils donnèrent accès à la longue domination des Visconti : la tour de Baradello, sur les bords du lac de Côme, rappelle encore aujourd'hui, comment dans ces temps corrompus par les discordes municipales, on récompensait les travaux d'un grand citoyen. Ce fut dans cette tour, enfermé dans une cage de fer, qu'expira Napo délia Torre. En attendant, s'élevait la maison des Visconti sur laquelle s'implantait celle des Sforce, et Milan avec ses nombreuses provinces tomba sous la domination d'un prince.

Par les artifices de ces familles puissantes et les menaces des chefs de bandes armées, plusieurs cités italiennes qui s'étaient constituées en gouvernement populaire, passèrent sous la domination d'un seul, et celui-ci le plus souvent rendait l'autorité héréditaire dans sa famille. Ainsi, au commencement du xiv^ siècle, outre Milan, on vit en Lombardie Verceil et Novare tomber sous la domination de Simon de Colobiano, de la maison des Avogadri. Plaisance était gouvernée par Albert Scotto, Pavie par Phelippon de Langosco , Côme par Marlin Lavetaro , Parme par Guibert de Gorreggio, Mantoue par Raymond Passarino, Vérone par Alboine Cane, Vicence et Trévise par Richard de Camino. A Brescia commandait Ma'iïeo des Mazii ; Crémone obéissait à un gouvernement aristocratique, dans lequel

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