CHAPITRE XII. — TRIBUNAUX ET JURISPRUDENCE. 4ÔI
» eu ter les décrets de l'empereur qui les reconnaissait » comme tuteurs du duc leur neveu '. »
L'une des nobles qualités de l'ordre judiciaire en Piémont, c'était, avec le dévouement inaltérable pour le prince, l'amour de la patrie.
Lorsqu'en 4534, François 1^^, roi de France, envoya à Turin Guillaume Poyet, président du parlement de Paris, pour demander au duc Charles llï les provinces qu'il prétendait lui appartenir comme héritier de Louise de Savoie, sa mère , le duc reçut l'envoyé français au milieu de ses conseillers. Les demandes du roi de France étant discutées, Poyet, pour trancher la question , dit : // nen faut plus parler : le roi le veut ainsi ^ — ISous n'avons pas cette loi dans nos codes ^ répondit aussitôt Jean-François Porporato, président du Sénat de Piémont, à cette arrogante proposition; la réunion se sépara et Ton n'adhéra pas aux prétentions de la France.
Le sentiment du devoir chez ces magistrats allait de pair avec leur dévouement à la science. Il suffît de rappeler les noms d'Airaon Cravetta, de Nicolas Balbo, d'Antoine Sola. Parmi les compilateurs des décisions du Sénat piémontais , Octavien Chacherano d'Osasco , Antoine et Gaspard-Antoine Tesauro fournirent pendant de longues années des modèles de jugements dignes du respect des tribunaux piémontais ^ /
^ Décrets rendus par les princes qui se trouvaient alors appuyés par les armées espagnoles.
2 Guichenon, histoire généalogique de la maison de Savoie.
^ Un écrivain distingué par ses études en fait de jurisprudence en Piémont, Thomas-Maurice Richeri, publia, dans la seconde moitié du