‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 216 sur 284 · CHAPITRE MIL — REFORMES LÉGISLATIVES · texte numérisé non relu

CHAPITRE MIL — REFORMES LÉGISLATIVES

Si après avoir cherché à réunir les lois éparses de l'Italie, pour en présenter au lecteur la pensée fondamentale, nous nous prenions à considérer l'esprit qui leur donna la vie et les tendances communes qu'elles avaient, nous pourrions en quelque sorte saisir l'ensemble du caractère de ce siècle.

Sans nous perdre maintenant dans des digressions inutiles , remarquons uniquement que les aspirations communes des peuples, fidèlement interprétées par des gouvernements sages et habiles, avaient un triple objet; on voulait arriver à une compilation claire et précise de lois générales ; à une large liberté civile , par laquelle chacun pût, sans immixtion des autorités diverses, exercer ses facultés et disposer de sa personne et de ses biens; à un système modéré d'égalité civile, afin de détruire peu à peu les privilèges accordés au petit nombre contre l'intérêt de tous. Tel fut, si nous ne nous trompons pas , l'ensemble des biens auxquels aspiraient les peuples de l'Italie au xviii^ siècle et dont chaque gouvernement se disposait, dans la mesure de ses moyens, à leur procurer la jouissance.

Le mouvement était lent; l'idée était persistante; lorsqu'éclata la révolution française de 1789, les esprits s'enflammèrent outre mesure : l'audace s'accrut d'un côté, de l'autre la peur. On a vu plus tard quelle fut la suite de ces tiraillements qui se changèrent bientôt en luttes, et produisirent enfin les bouleversements les plus funestes.

Page 1