II
D('jà (lès 1521 , Oclavion Frôgoso , (\()^(\ do Gènos , homme aussi sa^o que dévoué à sa pairie, avait conçu le projet de mettre un terme à ces fluctuations des partis, à cette agilali(m continuelle entre l'oflense et la vengeance, qui #oublait depuis si longtemps la République.
Le doge proposait et la seigneurie acceptait qu'on révisât et qu'on corrigeât les anciennes lois, qu'en réformant l'Etat on lit disparaître les causes de discorde, dût-on pour cela amoindrir les prérogatives dont jouissait alors la première magistrature de la Républi(|ue.
Par là, Oclavien Frégose faisait preuve de cette droiture avec laquelle il avait gouverné son pays. Traduisant en italien quelques-unes des louanges dont l'impétueuse gratitude de Barthélémy Senarega lui payait le tribut, Frégose se tint loin de tout amour de parti ; il voulut qu'il fût fait raison à tous, et ne se montra soucieux de rien plus que du culte de la justice. Il la fit administrer par des étrangers auxquels il donnait le nom de vicaires. Il éloigna de lui les méchants et brisa les ligues dans lesquelles son prédécesseur mettait sa connance '.
La proposition de Frégose fut aussitôt accueillie avec enthousiasme; on nomma des correcteurs qui composaient ce qu'on appelait VOfficio délia Bailia; c'étaient douze citoyens des plus estimés , étrangers aux factions'". Il fut décidé qu'ils se réuniraient tous les jours
1 Spnarega, Derebus genuensibus, année l5li.
- En voici les noms : Jenii-Jacques Doria, Augustin Pallavicini, Baptiste Spinola, Anfranco Uso de Mare, Baptiste Lomellino, Pierre Grimaldi, Eliennc Giustiniani, Etienne de Franctii-Cocarello, Antoine Sauli, Augustin Deferrari, Thomas luvrea et Augustin Maggiolo.